Chambre de Commerce
et d'Industrie Suisse-Algérie

L'écotourisme: un moteur de croissance et un acte citoyen


S'il est vrai que le développement d'une industrie touristique revêt, aujourd'hui, un caractère éminemment stratégique et tout particulièrement dans la préparation de l'ère de l'après-pétrole, il n'en demeure pas moins, qu'il faille inscrire cette nouvelle dynamique dans une vision de développement durable, préservateur du milieu et des intérêts des générations futures.
Cela veut dire que nous devons donner la primauté à la démarche de l'écotourisme. En effet, parler aujourd'hui d'écotourisme, équivaut à rechercher de nouvelles alternatives au conflit souvent enregistré entre l'exploitation abusive des écosystèmes fragiles dans une logique de subsistance des populations locales et la nécessité de leur préservation dans l'intérêt des générations futures. Il s'agit donc de revisiter l'ensemble des pratiques qui se rattachent à l'exploitation des ressources naturelles, aux activités économiques, au patrimoine, aux us et coutumes, au mode d'habitat, autrement dit, à tous les éléments qui participent à la formulation d'un produit touristique fortement prisé, dès lors qu'on assiste, aujourd'hui, à une prise de conscience à l'échelle internationale par rapport à la question du développement durable. A noter aussi, que la question d'écotourisme en Algérie devrait touver la plénitude de son expression au niveau des régions du Sud, qui disposent d'atouts majeurs leur permettant d'offrir à la clientèle nationale et étrangère des destinations de choix, comme semble le confirmer l'engouement pour les régions du Hoggar - Tasili, du Touat Gourara, de la Saoura et du M'Zab. Au titre de ma contribution à l'émergence d'un pôle d'excellence d'écotourisme à l'échelle de l'espace du Touat-Gourara, les investigations entreprises, au titre de travaux préliminaires de recherche, m'ont amené à considérer cette question au sein de nouveaux rapports qui concilient tout à la fois, les intérêts de la population ksourienne et la préservation du milieu. Cela nous a amenés à nous interroger sur les aspects d'implication de la population locale dans ce projet majeur, porteur d'espoir pour une jeunesse de plus en plus ouverte sur le savoir et les technologies, et dont l'avenir reste intimement lié à la faisabilité d'un tel projet qui requiert cependant :

1. Une adhésion citoyenne correctement encadrée dans les principes de l'esprit communautaire et de la caution morale des zaouias qui régulent habituellement la vie économique, sociale et culturelle à l'intérieur des ksours. Il s'agit en fait, de considérer la population ksourienne à travers les éléments qui souhaitent s'y investir, comme des acteurs d'une entreprise d'écotourisme réussie. Cela veut dire qu'il faille inscrire cette dynamique dans une compétence partagée, où chacun des partenaires trouve à y gagner (population, collectivités, Etat, promoteurs, associations, clientèle...).

2. Une formation appropriée des futurs acteurs et promoteurs de cette nouvelle dynamique touristique, à savoir les jeunes, à travers l'ouverture de nouvelles filières de l'enseignement professionnel et universitaire, et de la formation continue, dans les arts et métiers, l'hotellerie et la restauration, les langues, la maîtrise des cultures du terroir, l'architecture ksourienne, l'irrigation traditionnelle, la gestion des manuscrits, et tout autre élément apprécié d'une clientèle de touristes, avide de curiosités et portée sur l'initiation aux savoir-faire locaux.

3. Une formation spécifique destinée en tout premier lieu aux gestionnaires et personnels des collectivités locales, ayant trait aux écosystèmes oasiens, à la nécessité de leur préservation et à toute la problématique du développement durable. Cette démarche pourrait contribuer à l'orientation des investissements et dans le choix des programmes et des actions qui puissent avoir un impact direct sur la cohésion sociale, la restauration des équilibres écologiques et sur l'effet de croissance déjà amorcé.

4. Une nouvelle approche économique articulée sur la recherche d'une agriculture intelligente qui intègre tout à la fois, le souci de sécurité alimentaire des populations locales et la préservation des ressources. Cela veut dire, qu'il faille concevoir une agriculture du juste milieu par opposition à l'agriculture de subsistance, peu rémunératrice de l'effort, et de l'agriculture intensive fortement prédatrice de ressources rares et porteuses de risques sur le système d'irrigation traditionnelle des foggaras dont elle perturbe le fonctionnement.

5. La prise en charge du phénomène d'ensablement des établissements humains et des infrastructures, à partir de la densification de la composante paysagère, génératrice d'une dynamique de grands travaux forestiers et d'emplois de proximité, dans la perspective d'une amélioration du revenu des ménages.

6. L'observation continue des ressources en eau et en sol, dans le cas d'une prévention du risque de rupture des équilibres, à l'amélioration de la fertilité des sols, au traitement et à la réutilisation des eaux usées qui ne sauraient être indéfiniment rejetées dans des cuvettes fermées sans exutoire.

7. La gestion d'un environnement totalement inscrit dans une dynamique d'écotourisme, qui fait non seulement appel à la gestion des déchets solides, au lagunage, aux espaces verts, à la substitution du plastique, à la constitution de réserves naturelles, à la reconversion des palmeraies bayoudées et non productives en jardins botaniques, en gîtes touristiques, mais aussi, aux actions de salubrité publique qui donnent l'image d'un pays totalement acquis aux principes de l'éco-développement.

8. La préservation de l'habitat et de la vie ksourienne en tant qu'éléments fondateurs d'un produit touristique qui ne saurait s'accommoder des aspects anarchiques d'introduction du parpaing, de la conception habituelle du réseau d'éclairage public, de l'absence de sanitaire, de bornes fontaines, de cybercafés et de bien d'autres commodités de vie.

9. L'élaboration d'une offre de services de qualité à des prix avantageux est un autre moyen pour faire fonctionner le tourisme, comme moteur de croissance et de lutte contre la pauvreté, tout en anticipant les effets négatifs induits par les flux de touristes, aux plans socioculturels et environnementaux qui portent atteinte au maintien des diversités naturelles et culturelles.

10. L'émergence des villes d'Adrar et de Timimoun en tant que pôles régulateurs d'une activité de soutien à la dynamique touristique et de centres de rayonnement à l'échelle de la région sub-sahélienne, ce qui sous-tend bien évidemment, la définition des équipements structurants manquants, de mise à niveau, à hauteur des autres villes similaires du Maghreb de renommée internationale.

11. L'aménagement et la promotion de zones d'expansion touristiques qui font appel au savoir-faire et au professionalisme dans la gestion du management touristique, dans l'architecture ksourienne, dans la maîtrise des langues étrangères et de la culture des terroirs, dans l'offre de services et de l'encadrement des touristes.

12. La mise en place d'un environnement propice au développement d'initiatives privées et communautaires à travers la création de micro-entreprises dans les domaines de l'agriculture biologique, de l'artisanat, de la culture, de l'environnement, des énergies renouvelables, et du tourisme.

Cette approche multidimensionnelle de l'écotourisme, qui ne saurait s'inscrire durablement que dans la promotion des savoir-faire locaux et le professionnalisme, revêt du point de vue de l'aménagement du territoire, le caractère de grands travaux générateurs d'emplois de proximité et de prospérité au bénéfice des populations ksouriennes. Comme doit être recherchée, une adaptation des aides et soutiens de l'Etat dans le cadre de la préservation, de la restauration et de la mise en valeur du patrimoine au titre de la permanence de la mémoire collective, élément déterminant d'une entreprise d'écotourisme durable. Tels sont les axes directeurs d'une dynamique d'écotourisme totalement orientée sur la citoyenneté et l'adhésion des populations locales à un projet porteur d'espoir pour les générations futures, et d'une meilleure distribution des richesses et une prospérité partagée en tant qu'élément fondateur du principe d'égalité des chances, en tout lieu du territoire.

Le Quotidien d'Oran, Halem Massica - 13 février 2008

L’importance de définir le produit touristique


Des participants ont souligné l’importance de définir le produit touristique algérien aux investisseurs et opérateurs étrangers. Approché par l’APS, M. Mourad Mheni, directeur général du groupe tunisien hôtels Carthage Thalasso, a indiqué qu’il attend de ces assises "plus de précisions" sur le foncier sur le plan législatif, de la disponibilité, du mode de financement, ainsi que sur les données géographique et technique des zones d’expansion touristique en Algérie. Par ailleurs, il a estimé que l’hôtellerie n’est pas le tourisme. "On a tendance à confondre entre les deux", a-t-il dit, expliquant que l’hôtellerie "c’est uniquement l’hébergement, alors que le tourisme est un ensemble harmonieux destiné à offrir au touriste, qu’il soit étranger ou local, toutes les commodités".
L'hôtellerie touristique est l’infrastructure "idéale" pour la promotion du secteur, a-t-il estimé, puisqu’il offre divers services tels que la restauration, les loisirs et différentes activités culturelles notamment nocturnes. Il a plaidé également en faveur de l’intégration de la thalassothérapie et de la balnéothérapie dans les projets de réalisation de complexes touristiques en Algérie.
M. Mheni, investisseur en Algérie dans le secteur du tourisme depuis 1982, a mis l’accent également sur l’importance d’encourager le tourisme local, estimant que 30 % de la rentabilité d’un hôtel, actuellement, restent dans la consommation locale.
A cette occasion, M. Mheni a qualifié d’"encourageant" le discours du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, lu à l’ouverture des assises, qui a tenu compte, a-t-il dit, des attentes et préoccupations réelles des promoteurs et investisseurs. De son côté, Mme Simona Morandi, représentante des investisseurs et promoteurs italiens dans le domaine de l’environnement et du tourisme, a indiqué que sa participation à ces assises a pour objectif l’étude du schéma directeur algérien du tourisme qui reflète, selon elle, un "grand effort" des institutions algériennes pour le développement du secteur.
Elle a affirmé que les investisseurs italiens sont intéressés par le marché algérien qui possède des potentialités naturelles et humaines "très importantes", appelant, par ailleurs, à promouvoir notamment la communication dans le secteur pour l’intérêt des investisseurs et des touristes.

El Moudjahid, 11 février 2008

Le Président Bouteflika : «Le développement du tourisme, une priorité nationale»


Une méga-exposition regroupant de nombreux investisseurs et promoteurs touristiques inaugurée, hier, par le chef du gouvernement.

Le conseiller à la Présidence de la République, M. Habba El-Okbi, a lu hier à Alger, à l’ouverture des Assises nationales et internationales du tourisme, un discours du Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Voici le texte intégral du discours :

«Mesdames et Messieurs,

Je veux, tout d’abord, vous souhaiter la bienvenue en Algérie où j’espère que votre séjour sera à la fois utile et agréable.
L’Algérie a élaboré un schéma directeur d’aménagement touristique dont la mise en œuvre a déjà commencé, et dont l’horizon est fixé pour 2025.
Il faut reconnaître que le tourisme est devenu le meilleur moyen pour chaque être humain de connaître et de reconnaître les autres et, par cela, il représente désormais l’un des plus puissants leviers de la transformation sociale et de la croissance économique.
L’Algérie a l’ambition d’accueillir toujours davantage de touristes. A l’instar de certaines villes sur le pourtour de la Méditerranée, Alger était réputée pour la douceur de ses hivers, au témoignage même de hautes personnalités telles que Marx, Gide, Delacroix... En plus de ses gisements de pétrole et de gaz, l’Algérie dispose d’atouts incomparables fournis par sa nature, son climat, sa géographie et les vestiges de sa longue et tumultueuse histoire.
Une situation géographique exceptionnelle, une grande diversité de ses terroirs, un patrimoine culturel et naturel de notoriété mondiale, un réseau de transports en cours d’édification conforme aux standards internationaux offrant toute les connexions — autoroutes, ports, aéroports, TIC... — qui permettent en quelques heures seulement de joindre les destinations mondiales les plus éloignées.
Le Schéma directeur d’aménagement touristique est plus qu’un cadre référentiel dans lequel se développera l’action publique et privée jusqu’à l’horizon 2025, il dresse le programme de développement et de promotion du tourisme national en vue de l’inscrire progressivement dans les réseaux internationaux en confortant la destination Algérie et en consolidant, par l’investissement et la qualité de l’offre, nos atouts naturels et culturels.
Il définit un projet touristique global associant le maximum d’acteurs et plus particulièrement la population locale.
Le développement du tourisme en Algérie est ainsi devenu une priorité nationale et une option fondamentale qui est appelée à occuper la première des places en tant que vecteur de croissance.
Le Schéma directeur d’aménagement touristique repose sur un audit mené patiemment avec tous les acteurs du tourisme algérien afin de permettre d’aller vers cette excellence que nous revendiquons pour le futur. Les atouts ont été recensés, soupesés, évalués comme potentialités interactives et les insuffisances qui ont été relevées nous ont conduits à mettre au point les mesures de nature à y remédier.
C’est un véritable diagnostic de l’état de l’activité touristique.
La démarche adoptée repose sur une triple dimension : prospective, programmatique et démonstrative. De nombreux programmes sont déjà en voie d’exécution comme l’illustre l’exposition que j’ai eu le plaisir de découvrir il y a un moment.
L’Algérie "exporte" aujourd’hui, si je puis dire, plus de touristes qu’elle n’en reçoit. Les objectifs assignés à l’action touristique sont donc de parvenir à un meilleur équilibre.
La demande interne est forte et en pleine expansion. Elle demande à être satisfaite. Onze millions d’Algériens devraient s’adonner au tourisme en 2025 du fait de l’augmentation attendue de leur PNB/per capita. La demande internationale a besoin, pour être satisfaite, d’infrastructures adéquates, d’une meilleure qualité de service et d’un accueil attractif.
Le Schéma directeur d’aménagement touristique, en tant qu’engagement politique à l’horizon 2025, expose et explicite la vision et les choix de l’Etat à court terme (2009), à moyen terme (2015) et à long terme (2025). Il est l’aboutissement des Assises régionales tenues à Oran, Annaba, Biskra et Tipasa, qui ont vu la participation des acteurs, tant publics que privés et permis de faciliter la réappropriation du SDAT par tous les opérateurs locaux du tourisme.
Le nouveau concept du tourisme algérien est né de ce long ressourcement. Il identifie le tourisme balnéaire et le tourisme saharien en tant qu’amorces premières du développement du tourisme en Algérie et produit ainsi un effet d’entraînement salutaire sur les autres filières.

Ce nouveau concept s’appuie sur cinq dynamiques qui tendent de manière simultanée :

1- à la valorisation de la destination et de la "marque Algérie" afin d’accroître son attractivité et sa compétitivité et d’améliorer son positionnement ;
2- au développement de pôles de tourisme d’excellence organisés autour de villages touristiques privilégiant l’authenticité de nos oasis et la beauté de nos sites méditerranéens ;
3- au déploiement d’un Plan Qualité Tourisme (PQT) afin d’aller vers l’excellence de l’offre touristique nationale, depuis la délivrance du visa à l’un de nos consulats jusqu’au nom de l’hôtel retenu, en passant par l’accueil dans les plates-formes d’entrées internationales comme les ports et les aéroports.
C’est sur cette conception partagée par les professionnels, que nous avons fondé les trois axes de notre politique de qualité. Ce plan intègre une formation professionnelle de qualité, une ouverture aux technologies de l’information et de la communication ainsi que le positionnement sur de nouvelles niches touristiques conformes aux nouvelles tendances mondiales émergentes ;
4- à la promotion du partenariat public/privé par l’articulation de la chaîne touristique pour privilégier l’efficacité par des démarches de tous les acteurs au service d’un même credo : satisfaire le client ;
5- à la mise en œuvre, enfin, d’un plan de financement simple et clair pour soutenir, accompagner, encadrer les investisseurs et construire avec eux des relations de confiance : il ne saurait, en effet, y avoir de relance de la croissance sans une confiance mutuelle retrouvée.

Ainsi est-il essentiel que l’investisseur national, tout comme l’investisseur international, prenne pleinement connaissance de l’intérêt que l’Etat apporte à sa sécurité et à celle de ses biens.
Sur ce plan, notre législation prévoit des mesures particulièrement incitatives pour tout investisseur : aucune distinction n’est faite entre le capital national et le capital international. Le code des investissements a mis en avant une série d’avantages exceptionnels accordés à l’investisseur.
De réelles garanties sont par ailleurs accordées aux investisseurs, comme par exemple, celle relative au foncier, celle relative au transfert du capital investi et des revenus en découlant, ainsi que celle relative à l’intangibilité de la loi et au recours à l’arbitrage international.
L’investisseur a le choix entre plusieurs modalités qui lui sont offertes qu’il soit personne physique ou morale, qu’il soit Algérien ou étranger.
Pour le tourisme interne, pour le tourisme international, comme pour le tourisme interarabe émergent, un plan de relance de la destination Algérie sera mis en œuvre incessamment.
Face aux crises récurrentes, sécuritaires, financières, écologiques, vous les professionnels du tourisme, vous avez toujours su apporter des solutions pour rassurer le client et pérenniser cette activité économique, la plus internationale et la plus humaniste de toutes.
Pour cela, je voudrais, vous rendre un hommage appuyé, tout comme j’aimerais que l’esprit de ces Assises perdure et se prolonge par des actions tout au long des années à venir afin que les attentes des uns puissent êtres portées ou relayées par tous les autres.
Je tiens, une fois encore, à vous remercier pour avoir accordé la caution de votre présence à ces Assises et de nous avoir, ainsi, offert la possibilité de mieux vous faire partager, en vous la faisant davantage connaître, notre ambition de placer notre pays dans la perspective des grandes tendances du tourisme mondial et de le faire bénéficier de la dynamique planétaire.»

El Moudjahid, 11 février 2008

Plusieurs projets prioritaires prévus sur la période 2008-2015


Plusieurs projets prioritaires d’investissements touristiques sur la période 2008-2015 s'inscrivant dans le cadre du Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT 2025) sont "déjà lancés ou en cours de lancement" à travers le pays, indique le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du tourisme.
Une capacité de près de 75.000 lits d’excellence devra être réalisée pour répondre à la demande de la clientèle nationale et internationale exigeant des produits haut de gamme et, satisfaire les 2,5 millions de touristes attendus à l’horizon 2015, précise un document du ministère. Un total de 220 hôtels, dont 11 hôtels de chaîne, 5 de haut standing et 204 standards, d’une capacité de 25.406 lits, sont lancés ou en cours de lancement, ajoute-t-on.
Quelque 80 projets touristiques dans 6 pôles touristiques d’excellence dotés de plus de 5990 lits et générant 8.000 emplois figurent également parmi les réalisations prioritaires sur la période allant jusqu’en 2015. En outre, 23 pôles d’excellence seront implantés dans le Nord-Est du pays, 32 dans le Nord-Centre et 18 dans le Nord-Ouest, alors que dans le Sud-Est seulement 4 pôles touristiques seront réalisés. Par ailleurs, des villages touristiques d’excellence figurent parmi les projets prioritaires, notamment celui prévu à El Tarf, d’une capacité de 2.440lits, qui doit être réalisé par un investisseur émirati et un autre par investisseur saoudien, et qui sera implanté à Sidi Salem (Annaba) d'une capacité de 4938 lits. Trois parcs écologiques touristiques seront également réalisés durant cette période à savoir, le Parc Dounya Alger, dont les travaux ont déjà été lancés, le Parc Dounya Oran et le Parc Dounya Annaba.
Les projets touristiques prioritaires amorcent dès, cette année, le développement du tourisme de l’Algérie dans un cadre de partenariats de développement, associant l’Etat, les collectivités locales, les professionnels des secteur public et privé, sans compter l'investissement étrangers directs (IDE).

El Moudjahid, 12 février 2008

Tourisme : A l’heure des grands défis


C’est en présence du chef du gouvernement, M. Abdelaziz Belkhadem, que les travaux des Assises nationales et internationales du tourisme ont débuté, hier, au Palais des nations, en présence de quelque 1.200 participants, représentant les voyagistes, les investisseurs, les organisations et institutions concernées par le tourisme.
Cette rencontre, organisée sous le haut patronage du Président de la République, sous le thème “Refondation et défis du tourisme” qui intervient après les assises régionales, regroupant les régions nord-est, nord-ouest, le centre, le sud et les hauts plateaux, ne font que consolider la stratégie de développement du secteur, à l’horizon 2025, dans un cadre consensuel et participatif, tiennent à préciser les organisateurs.
Dans un message adressé par le Chef de l’Etat, lu par M. Okbi Habba, conseiller à la Présidence, le Premier magistrat du pays a tenu à souligner l’importance de ce secteur, considéré comme première industrie mondiale, à l’horizon 2025, d’autant plus que l’Algérie, à l’instar des autres pays du bassin méditerranéen, en sus de sa situation géographique stratégique, recèle une diversité à la fois naturelle et culturelle et un patrimoine incontestable, d’où l’intérêt de tirer profit de ce nouveau contexte. Il estimera, en fait, que la nouvelle stratégie du secteur a permis de relever mais aussi de remédier aux insuffisances afin d’aboutir à un équilibre entre le tourisme émetteur et le tourisme récepteur, sachant que le nombre de touristes nationaux attendus à l’horizon 2025 atteindrait, selon les prévisions, 11 millions d’arrivées de touristes. M. Okbi dira, enfin, que c’est autour de ces objectifs que s’articule le schéma directeur d’aménagement touristique mis en œuvre pour la valorisation et la promotion de la destination Algérie. Cette nouvelle vision, en effet, à travers un développement à moyen et long terme, traduit la volonté et l’engagement des pouvoirs publics à soutenir la relance des activités touristiques, à travers la mise en valeur des territoires et leurs spécificités. Cette dynamique — mise en branle, fondée sur cinq axes, à savoir la structuration de la destination Algérie, labellisée, d’excellence et compétitive, à l’échelle nationale, la création de pôles et de villages d’excellence touristiques, l’instauration d’un plan de qualité, d’un plan de partenariat entre les secteurs public et privé et enfin la mise en œuvre d’une véritable stratégie de financement opérationnel — répond, à vrai dire, au souci des pouvoirs publics d’offrir à l’Algérie toutes ses chances d’augmenter ses parts du marché international du tourisme. Intervenant dans ce sens, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme, M. Cherif Rahmani, ne manquera pas de rappeler que le tourisme n’est plus un choix, mais une priorité, avant de poursuivre que l’Algérie, qui prépare son adhésion à l’OMC et qui subit l’impact des changements climatiques et enfin concernée par l’arrivée de générations nouvelles aux besoins spécifiques, se doit de tenir compte des grandes orientations dans le monde, en matière de tourisme.
M. Rahmani affirmera que les recettes du secteur dans le monde avoisine les 800 milliards de dollars, alors que le nombre d’emplois créés a atteint les 230 millions de postes. Le ministre, qui dira que l’Algérie reste un pays émetteur de tourisme par excellence, avec près de 1% de fréquentation au niveau du bassin méditerranéen, a lancé une étude qui a fait ressortir que 326.000 des personnes questionnées optent pour le tourisme de loisirs et de détente, puis viennent les autres segments. Les statistiques du ministère relèvent également 1.500.000 touristes algériens, en 2007, soit une progression de 11% par rapport à 2006. M. Rahmani fera remarquer par ailleurs que les recettes du tourisme émetteur atteignent les 380 millions de dollars, contre 215,3 millions de dollars en 2005, pour le tourisme récepteur. Et d’ajouter que la nouvelle stratégie du secteur a permis d’augmenter la capacité des infrastructures : 1.064 hôtels, contre 1.993 hôtels en 1993, dont 10% au niveau d’excellence. L’étude lancée par le même département fera ressortir aussi que 90% des touristes préfèrent la côte et 40% choisissent le privé, ce qui revient à dire qu’il existe un déficit au plan infrastructurel et des prestations. Le ministre, qui affirme que l’Algérie offre une bonne alternative par rapport à certains marchés, insistera sur la nécessité de se positionner sur de nouveaux produits phares, tels que le tourisme de ville, le tourisme d’affaire, culturel, cultuel, etc. Pour le premier responsable du secteur, notre pays qui table, en 2015, sur 2,5 millions de touristes, inscrit, conformément au SDAT, la formation de plus de 90.000 personnes du secteur et la création de 400.000 emplois directs et prévoit l’investissement de près de 350 millions de dollars par an et ce, sur sept ans.
Le ministre évoquera, dans son intervention, dans le cadre de la stratégie de son département, la création de sept pôles d’excellence et près de 220 hôtels sur le territoire, à l’horizon 2025, appelant les investisseurs nationaux et étrangers à saisir l’opportunité offerte par le code d’investissement pour lancer des projets touristiques.
Lui succédant à la tribune, le vice-ministre de l’Environnement et du Tourisme de l’Afrique du Sud, Mme Rejoice Thizwilondi Mabudafhasi, de la République d’Afrique du Sud, mettra en exergue, pour sa part, les actions engagées par son pays pour la promotion du tourisme local, axées essentiellement sur des campagnes de sensibilisation lancées depuis 2004, d’autant que ce secteur contribue à la croissance économique à hauteur de 6%. L’intervenante précisera que des campagnes sont lancées dans chaque province, développant ainsi les politiques de marketing, d’autant que des études réalisées ont démontré que 1/3 de la population est attiré par le tourisme émetteur.
La vice-ministre du Tourisme d’Afrique du Sud, qui ne manquera pas au passage de souligner que le tourisme représente 8,3% du PIB de son pays, invite les pays à remédier au problème de transport qui constitue un handicap de taille et qui freine le développement du secteur.
Les travaux de ces Assises, faut-il le rappeler, se sont poursuivis en ateliers. Pour ce faire, six ateliers ont été constitués. Le premier concerne le schéma directeur d’aménagement touristique 2025, le deuxième le plan destination Algérie, le troisième les pôles d’excellence. Quant au quatrième, cinquième et dernier ateliers porteront sur les plans qualité, partenariat et bourse des investissements.
En marge des Assises, une mégaexposition sur le tourisme a été tenue. A cette dernière, prennent part les différents intervenants.

El Moudjahid, 11 février 2008

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