Chambre de Commerce
et d'Industrie Suisse-Algérie

[CCISA] Loi de finances complémentaires 2009 (KMPG Algérie)

Allocution de S.E.M. Missoum Sbih Ambassadeur d'Algérie en France

3eme édition Forum REAGE - samedi 7 novembre 2009

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Economie algérienne : l'annonce d'un changement

Pour rééquilibrer la balance commerciale, M. Ouyahia remet de l’ordre dans l’économie.
Parviendra-t-il à maintenir le cap, entre résistances internes et pressions internationales ?

Par Mourad Saouli

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L’économie suisse, médaille d’argent de la compétitivité


La Suisse se classe au deuxième rang, derrière les Etats-Unis et devant le Danemark, en matière de compétitivité économique. Tel est le classement établi par le rapport 2008/2009 du Forum économique mondial (WEF), publié hier, qui recueille l’opi­nion de 12 000 chefs d’entrepri­ses dans 134 pays étudiés.

«L’économie suisse montre sa capacité à gérer la crois­sance », explique Thierry Geiger, économiste du WEF. Des louan­ges lui sont attribuées pour les dépenses élevées en matière de recherche et développement: ses instituts de recherche scien­tifique figurent parmi les meilleurs au monde et la colla­boration étroite avec l’industrie favorise la commercialisation des produits et des procédés issus de la recherche fonda­mentale.

Le cadre institutionnel, ca­ractérisé par le respect de l’ Etat de droit, est également l’un des atouts majeurs du pays. Le haut niveau d’éducation est large­ment reconnu de même que la qualité des écoles de manage­ment et de l’enseignement dans les écoles d’ingénieurs.


Les Etats-Unis résilients

A l’inverse, si le savoir-faire suisse en matière financière est reconnu, la qualité du système bancaire est mise à mal. L’étude, qui a été réalisée avant la crise des banques de Wall Street et l’adoption du plan de sauvetage américain doté de 700 milliards de dollars, dé­grade de la 1re à la 16e place en un an seulement, sur fond de crise pour UBS. «On peut s’attendre à une chute plus brutale l’année prochaine», a commenté Thierry Geiger.

«L’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, l’importance de la crise financière mondiale et le fléchis­sement qui en résulte pour les grandes économies obligent les décideurs politiques à relever de nouveaux défis en termes de politique économique», soulève aussi Xavier Salai-i-Martin, pro­fesseur d’économie à l’ Université de Columbia et coauteur du rapport. Malgré cela, le classement conserve toute sa valeur car il évalue la capacité d’une écono­mie à absorber les chocs et à se rétablir rapidement, estime Margareta Drzeniek Hanouz, également auteur du rapport. Il faudra attendre l’édition 2009/2010 pour mesurer les ef­fets du marasme financier sur l’économie mondiale. Tous les scénarios peuvent encore, d’ici là, s’enchaîner.
«Bien que la crise financière affecte déjà l’économie réelle, il n’est pas sûr que certains fac­teurs cruciaux de la compétiti­vité tels que l’éducation, la qua­lité des infrastructures et la capacité à innover seront tou­chés par le ralentissement, ajoute Thierry Geiger. Au con­traire, nous pensons qu’ils pourraient favoriser la rési­lience des pays face à la crise.» Pour les économistes du WEF, la crise financière aux Etats-Unis n’enlève en effet rien aux facteurs qui sous-tendent la compétitivité de l’économie américaine et à sa forte capa­cité à surmonter les chocs éco­nomiques. Ils se disent toutefois soucieux des déséquilibres macroéconomiques, des déficits répétés et d’un endettement pu­blic croissant qui vont limiter leur marge de manoeuvre à l’avenir.

Tribune de Genève 9.10.2008

Numéro spécial de la Revue de la CCI/SA - Editorial


Vers une phase d’essor de nos relations économiques


La Suisse bénéficie en Algérie d’un évident et historique capital de sympathie. On n’y oublie pas son rôle politique joué sur le chemin de l’indépendance. L’image helvétique est bonne, ses bases institutionnelles et son organisation économique suscitent la confiance.

Aujourd’hui, les Algériens connaissent mieux la Suisse que les Suisses l’Algérie. A la décharge de ces derniers, relevons que les changements en Algérie sont plus profonds et complexes que ceux enregistrés dans la relativement paisible Confédération. Les Suisses voient essentiellement dans l’Algérie ses ressources d’hydrocarbures et les effets économiques de celles-ci qui en font une puissance. Ils ont été touchés par les drames si douloureux qu’elle a vécus et l’insécurité qu’ils ont générée. La méconnaissance, les doutes, voire des craintes compromettent souvent des échanges et des partenariats utiles répondant à des intérêts partagés. L’Algérie détient un exceptionnel potentiel de développement touchant de nombreux secteurs et ses structures économiques se transforment. Ceci étant, elle a su préserver ses entreprises nationales phares et éviter leur démantèlement ou les bradages constatés dans certains pays. La très forte concentration au sein d’entreprises publiques réunies dans de grands holdings, qui caractérisait l’organisation économique du pays, laisse place à un redéploiement et à une redistribution des rôles. Les PME arrivent en force, elles représentent un atout exceptionnel pour l’avenir du pays. L’économie suisse n’est-elle pas formée pour l’essentiel de PME ? Si les grandes entreprises privées ou publiques ont des activités internationales soutenues, de nombreuses PME, animées par des entrepreneurs disposant de formations et de connaissances adaptées aux exigences nouvelles des marchés, s’ouvrent vers l’extérieur et s’intéressent à des partenariats et échanges commerciaux ou techniques.

Avant même que l’expression «Développement durable» ne soit retenue, la Suisse a toujours marqué son attachement à son patrimoine naturel, notamment alpin, et sa volonté de le préserver grâce à un développement qualitatif. Dans ce contexte des échanges de savoir-faire touchant notamment l’énergie (60% d’hydroélectricité), les transports, la gestion de l’eau et des déchets, l’ingénierie et le tourisme ou l’industrie des machines, la chimie, la pharmacie et l’agroalimentaire doivent être activés. A cela s’ajoutent naturellement aussi les services dans les domaines financiers, bancaires, de l’assurance, de la santé, de la distribution et, bien entendu, de la formation.

Les textes légaux donnent des assurances aux investisseurs et entrepreneurs étrangers. L’importance des réformes mises en place demande aussi des changements de mentalité à tous les niveaux qui répondent aux décisions du législateur. Il faut accepter que cela prenne parfois un peu de temps. Le nouveau développement et la réussite des échanges que nous souhaitons dynamiser entre nos deux pays dépendent de la qualité des dialogues engagés, de la clarté des objectifs fixés et du strict respect des règles de fonctionnement et des engagement pris par chacun des partenaires.

En se présentant au Comptoir Suisse de Lausanne avec une forte délégation et en y étant accueillie comme hôte d’honneur, l’Algérie apporte une contribution déterminante pour entrer dans la phase d’essor que nous souhaitons. Aux acteurs économiques suisses de saisir cette opportunité.

Claude Haegi, Président de la Chambre de Commerce et
d'Industrie Suisse Algérie (CCISA)

Interview de M. Lachemi Djaâboub, ministre algérien du Commerce


Suisse/Algérie La Revue : Le commerce extérieur algérien est en croissance rapide au cours de ces dernières années. Quelles sont les données dans ce domaine pour l’année 2007 et la tendance pour le court terme ?

M. Lachemi Djaâboub : Les taux de croissance enregistrés ces dernières années prouvent que l’économie algérienne se caractérise par un fort potentiel de développement boosté notamment par la bonne conjoncture pétrolière et surtout le lancement du programme présidentiel de relance économique avec son corollaire en termes des grands chantiers tels que le projet d’un million de logements, l’autoroute Est-Ouest, etc. qui a imprimé une dynamique sans précédent à la demande domestique et à nos échanges commerciaux.
Le montant des importations pour 2007 a atteint plus de 27 milliards de dollars, soit une augmentation de 28% par rapport à l’année 2006.
Il est à souligner que les deux tiers de nos importations sont constitués de biens d’équipements et de produits destinés à la relance de la croissance économique, soit un montant de 18 milliards de dollars. Le reste des importations couvre les produits alimentaires pour une valeur de 5,2 milliards de dollars et les biens de consommation finale pour 4 milliards de dollars.
Par ailleurs, les exportations des hydrocarbures ont continué à représenter l’essentiel des ventes de l’Algérie à l’étranger avec un montant de 58,2 milliards de dollars US, soit 97,80% du volume global des exportations durant l’année 2007.
Par contre, les exportations hors hydrocarbures demeurent marginales avec seulement 2,2% du volume global des exportations, soit une valeur de 1,3 milliard de dollars US et ont enregistré une augmentation de près de 11% par rapport à l’année 2006.
Pour le court terme, la tendance de nos échanges commerciaux sera à la hausse. La dynamique est déjà affichée pour 2008, puisque le montant de nos importations est passé de 13 milliards dollars US au premier semestre 2007 à 17,91 milliards américains dollars au premier semestre 2008, soit une augmentation de 38%.
Cette tendance est imprimée par deux paramètres, d’une part, les besoins de plus en plus importants de l’appareil de production en inputs et biens d’équipements et, d’autre part, l’impact suscité sur la demande nationale par la réalisation des différents chantiers initiés dans le cadre du Programme de consolidation de la croissance économique.

En valeur absolue, pour tenir compte de la dépréciation du dollar, peut-on parler d’un rythme de croissance élevé des importations algériennes durant ces dernières années ? Si oui, comment expliquez-vous cette tendance ?
Il y a effectivement un rythme de croissance des importations, dû, comme précisé précédemment, à l’augmentation de la demande domestique.
L’évolution de la parité euro-dollar se situe en moyenne entre 10 et 15% par an au cours des trois dernières années. Cependant, l’impact de la dépréciation du dollar par rapport à l’euro, somme toute réelle, demeure relatif compte tenu de l’évolution continue de nos importations en volume.

Quelle analyse faites-vous du renchérissement des cours mondiaux de certains produits stratégiques importés (lait, huiles, céréales, etc.), leur impact sur les ménages et les mesures prises pour freiner l’érosion du pouvoir d’achat des populations aux faibles revenus ?
Eu égard à la dépendance de notre marché, les poussées ayant affecté les prix à consommateurs des produits alimentaires depuis la fin du premier semestre 2005 résul-tent de la conjugaison de plusieurs facteurs, notamment, les achats spéculatifs, la forte demande au plan mondial, la faiblesse des stocks, les conditions climatiques défavorables dans les principales zones productrices, l’utilisation des céréales pour la fabrication des biocarburants et enfin les niveaux record de la baisse du dollar américain par rapport à l’euro.
Outre les hausses des cours sur les marchés extérieurs, le coût du frêt maritime a évolué de manière sensible dans la mesure où il oscille entre 110 et 120 $/tonne, selon les zones de provenance, contre 60 à 70 $/tonne auparavant, soit une augmentation de 63%.
Compte tenu de la dépendance de notre marché vis-à-vis de l’extérieur et des hausses des cours mondiaux, les pouvoirs publics ont mis en oeuvre plusieurs mesures à l’effet de préserver le pouvoir d’achat des ménages, sans pour autant obérer la gestion financière des opérateurs économiques concernés.
S’agissant de la couverture des besoins des ménages pour les produits de large consommation, et à l’exception des fruits et légumes frais ainsi que des viandes blanches, les besoins du marché intérieur sont couverts en grande partie, notamment pour certains produits, par les importations de matières premières destinées à la transformation et/ou de produits alimentaires orientés vers la consommation finale et toute perturbation des cours sur les marchés extérieurs se répercute sur les prix internes.
C’est ainsi que l’impact induit par le renchérissement des denrées de base a été jugulé par les dispositions prises par le gouvernement au titre de la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs qui ont touché les produits de large consommation tels que la farine de panification qui, depuis 2004 et à la suite de la flambée des prix du blé tendre destiné à la transformation, il a été décidé de compenser en amont le prix de la farine de panification (2000 DA/QI).
Dans le même ordre d’idée et à la suite de la flambée des prix sur le marché mondial des poudres de lait dont le prix est passé de 2 050 $/tonne en 2005 à plus de 6 000 $/tonne, à la fin de l’année 2006, le gouvernement a décidé de compenser en aval le prix du lait conditionné en sachets. Ce mécanisme a nécessité une enveloppe financière de 19 milliards de dinars pour une production de 1 283 000 000 de litres.
A la suite de l’intervention de l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL), ce dispositif a pris fin depuis le 1er janvier 2008 pour lui substituer la compensation en amont.
Nous considérons que la mise en oeuvre de ces différents dispositifs ne sort pas de l’orthodoxie dès lors que beaucoup de pays y ont recours (suppression de la TVA sur le fuel pour les pêcheurs en France, suppression des droits de douanes applicables aux céréales au niveau de l’Union européenne, subvention des prix en Tunisie, au Maroc, en Egypte…).

Le concept de la sécurité alimentaire est revenu au devant de la scène et semble constituer une source de préoccupation légitime. Quel commentaire vous inspire cette situation ?
La démarche adoptée par l’Algérie en matière de sécurité alimentaire porte sur la définition d’une politique nationale de stockage de sécurité pour les produits de consommation jugés comme stratégiques dans l’approvisionnement de la population.
Les expériences internationales montrent que le stockage stratégique est la préoccupation des gouvernements (cas de l’Union européenne pour le stockage stratégique des produits pétroliers) et il est régi par des lois et des réglementations définissant le système de stockage ainsi que les mécanismes de suivi et de contrôle.
Le diagnostic effectué dans ce cadre a mis en évidence l’importance du stockage stratégique dans une économie de marché et la constante de la préoccupation des pouvoirs publics de la problématique de l’approvisionnement de la population.
L’Algérie pourrait être considérée comme un pays qui place la sécurité de l’approvisionnement de la population au coeur de sa politique, le pays ayant développé des mécanismes adéquats en la matière notamment à travers la création d’organes chargés de l’approvisionnement et du stockage (OAIC pour les céréales, ONIL pour les laits, NAFTAL pour les carburants, PCH pour les produits pharmaceutiques, etc.) ainsi que des mécanismes de financement (système parafiscal, subventions publiques, facilité de crédit, etc.).
Il est clair que les mécanismes existants doivent s’adapter aux nouvelles donnes impliquées par l’ouverture de notre économie et, par conséquent, tout en continuant à être un impératif stratégique, la prise en charge du stockage de sécurité nécessite une évolution et une mise à niveau.
Nonobstant le volume de nos importations en produits alimentaires, les différents plans de développement initiés dans le domaine de l’agriculture ont contribué à la satisfaction des besoins de ménage en produits agricoles frais, en viandes (rouges et blanches) et aux poissons.
C’est ainsi que la production nationale de fruits et légumes frais se situe à hauteur de 8 500 000 tonnes par an dont près de 2 000 000 millions de tonnes de pomme de terre. En la matière, les importations ne dépassent pas 300 000 tonnes/an de pommes, poires et bananes essentiellement.
S’agissant de la viande rouge, l’offre nationale est de l’ordre de 300 000 tonnes auxquelles s’ajoute une importation d’appoint de l’ordre de 30 000 tonnes de viandes bovines congelées.
Il est de même pour la viande blanche (poulet et dinde) dont la production est de 250 000 tonnes environ et qui n’enregistre pas d’importation.
Quant aux poissons frais, l’offre est faible (150 000 tonnes) malgré les richesses de la mer méditerranée.

Les performances de l’Algérie en matière d’exportation hors hydrocarbures restent modestes (1,4 milliard US dollars en 2007). Quels sont les principaux postes à l’export, quelle stratégie et quelles mesures concrètes pour booster ces exportations dans le moyen et long terme ?
Il est vrai que nos exportations hors hydrocarbures demeurent caractérisées par leur faible niveau, bien qu’en évolution ces dernières années et ce, malgré les potentialités existantes. Cette situation constitue une véritable préoccupation pour les pouvoirs publics, d’autant que les premiers postes à l’exportation portent essentiellement sur des produits bruts ou des demi-produits.
L’idée qui corrobore l’importance du potentiel national à l’exportation demeure, à notre avis, les parts du marché algérien, toujours détenues par les entreprises nationales et ce dans le contexte actuel qui caractérise le marché national (abaissement des droits de douanes et levée des autres obstacles, entrée en vigueur de la zone de libre-échange avec l’UE, concurrence accentuée des fournisseurs étrangers).
Cette présence de l’entreprise algérienne sur son marché domestique est diversifiée et touche quelquefois des produits à haute valeur ajoutée (électroménager, appareillages électriques et électroniques, certains produits de l’industrie mécanique, produits pharmaceutiques, etc.).
Aussi, il s’agit d’amener ces points positifs, mais introvertis, à être les moteurs d’une insertion marquée dans l’échange mondial.
Aujourd’hui, la relance des exportations de produits hors hydrocarbures est au centre des débats, et le contexte actuel qui entoure la réflexion est marqué par les changements structurels de l’économie nationale tant au niveau de son fonctionnement que de son insertion à l’économie mondiale.
Conscients de cette nouvelle donne, les pouvoirs publics ont élaboré une stratégie nationale de promotion des exportations qui tient compte de ce nouveau contexte et qui vise surtout à améliorer l’environnement général de l’entreprise. Les points essentiels de cette politique sont les suivants :
- l’amélioration de l’environnement des affaires notamment par la simplification des formalités de création d’entreprises ;
- la mise en oeuvre de la stratégie nationale de relance industrielle qui vise à créer des effets d’entraînement, de structuration et d’exportation, en procédant à l’identification des branches les plus performantes et à leur regroupement en clusters ou «grappes industrielles» ;
- la facilitation des exportations notamment par la mise en place d’un circuit vert en douane au profit des exportateurs ;
- la promotion du produit algérien sur les marchés extérieurs à travers l’appui apporté par le Fonds spécial de promotion des exportations aux entreprises dans leurs participations aux foires et manifestations économiques à l’étranger ;
- le développement d’une «culture » exportation par la sensibilisation et la formation sur les métiers et techniques de l’exportation.
Il s’agit d’une politique qui devra être accompagnée par d’autres mesures, notamment en matière de renforcement des espaces intermédiaires tels que l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur et les Chambres de commerce et d’industrie.

Quel est l’état d’avancement de l’application de l’accord d’association avec l’Union européenne ? Quelle appréciation portez-vous sur son impact sur l’économie algérienne ?
Après trois années de mise en oeuvre de l’accord d’association, le premier bilan reste mitigé, même si nous estimons qu’il est prématuré de mesurer l’impact réel sur l’économie nationale.
A ce titre, nos constatons, d’une part, que l’Union européenne consolide sa part de marché à hauteur de 52% de nos importations.
En effet, le montant est passé de 11,7 milliards de dollars américains en 2006 à 14,2 milliards de dollars US en 2007 et, d’autre part, nos exportations hors hydrocarbures restent faibles vu les difficultés et les exigences du marché européen. Le montant des exportations hors hydrocarbures vers l’Union européenne est passé de 745 millions de dollars américains, en 2006, à 892 millions de dollars américains, en 2007.
Ces exportations sont dominées essentiellement par les dérivés des hydrocarbures (ammoniac, méthanol, polymères et solvants). Par contre, les produits agricoles, agroalimentaires et de la pêche ne dépassent pas les 70 millions de dollars américains.
Un autre indicateur important,est constitué par les données relatives aux investissements directs étrangers qui montrent que les investissements européens ne se manifestent pas encore de façon significative.
Dans une logique de partenariat, cette tendance devra être rééquilibrée à moyen terme.

A quel stade se trouve actuellement les négociations engagées pour l’adhésion de l’Algérie à l’OMC ? En relation avec ce dossier, les milieux économiques proches des associations patronales semblent soucieuses de l’impact d’une libéralisation commerciale «débridée» à laquelle elles ne seraient pas préparées même si un planning de libéralisation graduelle est prévu dans les futurs accords. Quelle est votre appréciation sur ce chapitre sensible pour le devenir des PME/PMI algériennes notamment ?
Pour ce qui est des négociations bilatérales sur l’accès aux marchés des marchandises et des services, l’Algérie a achevé ses négociations avec le Brésil, Cuba, l’Uruguay, le Venezuela, l’Argentine et la Suisse. Elle doit faire de même avec les communautés européennes, les USA, le Canada, la Malaisie, la Turquie, la République de Corée, l’Equateur, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon.
En outre, s’agissant du volet multilatéral, et lors de sa dernière réunion, le groupe de travail de l’OMC chargé de l’accession de l’Algérie a examiné le projet de rapport révisé élaboré par le Secrétariat de l’OMC ainsi que le programme des transformations législatives et réglementaires entreprises par l’Algérie ces dernières années pour rendre son cadre juridique et institutionnel conforme aux accords de l’OMC.
En relation avec ce dossier, je comprends parfaitement le souci des opérateurs économiques nationaux. Ils sont légitimes. Je dirai à ce titre que notre attention a toujours été celle d’assurer un niveau raisonnable de protection de l’économie nationale et en même temps lui permettre de tirer profit des opportunités qu’offre le système du commerce international.
Cette protection sera assurée à travers le tarif douanier : les négociations ne portent pas sur un démantèlement tarifaire. Il s’agit de consolider les droits de douane à un niveau au-delà duquel nous ne pourrons plus remonter.
En outre, des mesures correctives sont permises par l’OMC, et en cas de nécessité nous pourrons mettre en oeuvre des mesures de sauvegarde.

Les milieux économiques suisses souhaitent l’aboutissement rapide des négociations d’accession de l’Algérie à l’AELE. A quel stade se trouvent actuellement les négociations et à quelle période peut intervenir la signature de cet accord ?
L’Algérie et l’AELE ont signé une déclaration politique le 12 décembre 2002 qui prévoyait la mise en place à terme d’une zone de libre-échange et l’installation d’un comité conjoint chargé d’évaluer la coopération entre les deux parties.
En application des dispositions de cette déclaration, le comité conjoint a commencé ses travaux en 2003. Il a tenu quatre sessions de discussions exploratoires sur des thèmes arrêtés d’un commun accord avant que les deux parties n’en conviennent du lancement du processus de négociations en vue de la conclusion d’un accord de libre-échange.
Jusqu’à ce jour, trois rounds de négociations se sont tenus, le premier à Alger en novembre 2007, le deuxième en février 2008 à Genève et le troisième a eu lieu en mai 2008 à Alger.
Les étapes franchies à ce jour ont permis de faire progresser les négociations qui sont, d’ailleurs, en bonne voie et l’accord de libreéchange en discussion entre l’Algérie et l’AELE pourrait probablement être conclu rapidement.
L’Algérie considère l’accord en négociation avec l’AELE comme un instrument de promotion du partenariat d’investissement. Notre pays attend également de cet accord l’instauration d’une coopération économique dense et d’une assistance technique fructueuse, notamment dans les domaines où la Suisse et les autres pays de l’AELE disposent d’expériences et de compétences avérées.
Il s’agit notamment des secteurs de l’énergie hydroélectrique, des machines, des équipements électriques et électroniques, de la chimie, de la pétrochimie, des industries de précision (optique, etc.), du matériel scientifique, des produits pharmaceutiques et, dans les domaines de l’agriculture, de la pêche et des ressources halieutiques.

Quel message souhaitez-vous lancer aux hommes d’affaires suisses pour qu’ils s’impliquent davantage dans le développement des échanges entre l’Algérie et la Suisse ?
J’invite les hommes d’affaires suisses à saisir toutes les occasions pour intensifier les contacts avec leurs homologues algériens en vue d’établir les bases d’un partenariat durable et mutuellement bénéfique et à s’investir davantage dans le marché algérien compte tenu des nouvelles opportunités offertes par l’Algérie dans le cadre de la promotion des investissements en particulier celles relatives à l’ouverture du secteur public industriel à la privatisation.
En outre, les grands projets lancés par le gouvernement algérien ne devraient pas laisser indifférents les opérateurs économiques suisses à s’engager avec plus d’audace, d’ambition, d’innovation et une meilleure compréhension du marché algérien.

Interview de Jean-Claude Richard, ambassadeur de Suisse en Algérie


Suisse/Algérie La Revue : Quelles appréciations faites-vous aujourd’hui des relations entre la Suisse et l’Algérie ? Quels sont les événements marquants de cette coopération durant ces dernières années ?

Jean-Claude Richard : Je crois qu’il n’est pas exagéré de dire que les relations entre nos deux pays sont excellentes. La Suisse bénéficie d’un préjugé favorable dans l’esprit des Algériens en général et des autorités politiques en particulier, et ce jusqu’au plus haut niveau. La contribution de la Suisse aux moments décisifs des négociations sur l’indépendance de l’Algérie suscite encore un sentiment de respect et de reconnaissance.
C’est donc dans ce contexte favorable que les contacts bilatéraux, tant politiques qu’économiques, ont pu se dérouler. Sans être exhaustif, je voudrais mentionner d’abord la visite officielle que le Président Bouteflika a faite en Suisse, en novembre 2004. Depuis lors, plusieurs Secrétaires d’Etat et conseillers fédéraux ont eu l’opportunité de rendre visite à leurs homologues algériens. De ces contacts ont résulté la signature d’un accord sur la protection des investissements, d’un accord d’entraide judiciaire en matière pénale, d’un accord sur la double imposition (qui n’est toutefois pas encore en vigueur), d’un accord sur la circulation des personnes et enfin d’un mémorandum de coopération culturelle.
Dans le domaine politique, un dialogue est institutionnalisé sur une base annuelle. Pour le futur immédiat, le président du Conseil national suisse, André Bugnon, répondra à l’invitation du président du Parlement algérien, Abdelaziz Ziari, en novembre. Puis, au début décembre, la conseillère fédérale, Mme Leuthard, viendra à Alger, à la tête d’une délégation économique.

A quel stade d’avancement se situent les négociations relatives à un accord de libre-échange entre l’Algérie et l’AELE ? Quels sont les bénéfices attendus de ce projet d’accord ?
D’abord, je voudrais rappeler que cet accord, en cours de négociations, ne concerne pas que mon pays, mais aussi les autres membres de l’AELE, soit la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Nous connaissons tous les effets bénéfiques de l’abaissement des droits de douane pour les échanges commerciaux en général. Mais cet accord est censé améliorer aussi les conditionscadre pour les investissements, les transferts, les règlements des différends ou encore la protection de la propriété intellectuelle. Les produits industriels, mais aussi l’agriculture et la pêche sont concernés. Il s’agit donc d’un accord ambitieux qui, si tout se poursuit comme prévu, pourra être achevé d’ici à la fin de l’année.
La conclusion de cet accord éliminerait la discrimination des exportateurs algériens vis-à-vis des partenaires de libre-échange de l’AELE comme le Maroc ou la Tunisie. De l’autre côté, les exportateurs des pays de l’AELE profiteraient d’une élimination de discrimination sur le marché algérien vis-à-vis de leurs concurrents de l’UE. En éliminant les droits de douane sur les produits industriels et sur une partie des produits agricoles dans le commerce entre l’Algérie et la Suisse, l’accord déploiera des effets positifs pour les entreprises et consommateurs suisses et algériens. De part et d’autre, les débouchés de l’industrie et de l’agriculture s’en trouveront améliorés.

Quelles appréciations portez-vous sur le climat des affaires en Algérie et à quel niveau se situent actuellement les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Suisse ?
Si j’en juge au nombre d’hommes d’affaires suisses que je reçois à l’ambassade et aux contacts que j’ai avec eux dans d’autres lieux, je peux dire que l’intérêt pour le marché algérien est très soutenu et promet de s’ac-croître encore. Dans cette appréciation, il faut toutefois tenir compte de la structure économique suisse faite d’un grand nombre de PME très spécialisées dont les prix, en conséquence, sont parfois encore un peu élevés pour le marché algérien. Mais je suis optimiste, car le cadre légal et institutionnel est maintenant en place, comme je l’ai mentionné cidessus. Cela devrait contribuer à rassurer les entreprises suisses. Celles-ci sont seules compétentes pour la conquête des marchés, mais la sécurité juridique préside dans une grande mesure à leurs décisions.
Le volume des échanges commerciaux bilatéraux sont de l’ordre de 400 millions de francs suisses. Les exportations suisses ont enregistré un taux de croissance de près de 60% entre 2006 et 2007. Les importations en provenance d’Algérie (hors hydrocarbures) sont pour le moment très faibles. La connaissance des potentialités algériennes sur le marché suisse doit donc être améliorée. C’est pourquoi je suis particulièrement heureux que l’Algérie puisse profiter de se faire connaître à Lausanne, au Comptoir suisse, où elle est invitée d’honneur.

Au regard du programme d’investissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars américains attendus pour les cinq prochaines années par l’Algérie, quels sont, Monsieur l’Ambassadeur, les créneaux et secteurs auxquels pourraient prendre part les sociétés suisses ?
Il n’est, certes, pas facile de répondre à cette question. Mais les entreprises suisses sont déjà partie prenante du programme d’investissement que vous mentionnez. Dans le domaine des transports, par exemple, des entreprises suisses spécialisées dans le matériel ferroviaire, les funiculaires, etc. sont déjà présentes en Algérie. Mais je dois reconnaître que le plus souvent ce sont des consultants, experts de tel ou tel domaine, qui obtiennent la confiance de leurs partenaires algériens pour leur compétence technique, d’ingénierie, notamment.

L’Algérie mène depuis quelques années une politique déterminée de promotion des investissements directs étrangers avec des résultats qui poussent à l’optimisme. Quels sont les principaux investissements directs réalisés par les sociétés suisses et quelles seraient les perspectives dans ce domaine ?
MSC (Mediterranean Shipping Company) dans le transport maritime, Nestlé, dans la production d’eau et Jelmoli, pour un grand centre commercial et de loisirs sont les plus gros investissements suisses en Algérie. Les conditions me semblent progressivement réalisées pour qu’une augmentation des investissements suisses puisse être enregistrée. L’image de l’Algérie à l’extérieur s’améliore régulièrement, le cadre institutionnel et légal sera presque complet quand entrera en vigueur l’accord bilatéral visant à éviter la double imposition. Je pense donc que l’avenir est prometteur, mais bien sûr les efforts de part et d’autre ne doivent jamais se ralentir.

Quels conseils donneriez-vous aux sociétés suisses pour les encourager à être plus présentes sur le marché algérien ?
Je ne suis pas sûr que les entreprises suisses aient tellement besoin de conseils. Elles sont en effet habituées à se battre sur les marchés extérieurs, et ce depuis de très nombreuses années. Elles ont par contre besoin d’informations pour se faire une idée plus précise du pays dans lequel elles voudraient entrer. Ce que je tente de faire, c’est de donner des renseignements sur la situation politique, économique, sociale, sécuritaire en général. Sur le climat des affaires, la rapidité des paiements, les difficultés, voire les lenteurs bureaucratiques. J’essaie donc, en quelque sorte, de rendre l’image de l’Algérie, que peuvent avoir les entreprises suisses, la plus réaliste possible. Il faut éviter les images d’Epinal ou les a priori, mais aussi les illusions. Je suis convaincu que c’est de cette façon que se nouent les relations solides et durables.

Interview de S.E. El Haouès Riache, ambassadeur d’Algérie à Berne


El Haouès Riache est le nouvel ambassadeur d’Algérie à Berne.
Rencontre avec son excellence dans le cadre du Comptoir Suisse.

Comment peut-on qualifier les relations entre nos deux pays?
Les relations entre l’Algérie et la Suisse peuvent être qualifiées d’excellentes. Nos deux pays entretiennent depuis quatre ans des consultations politiques régulières. La densification des visites officielles à haut niveau dans les deux sens, dont celle du Président Bouteflika en 2004, en est une autre illustration. Ces relations remontent à la période de la lutte d’indépendance et au rôle positif joué par la Suisse dans les négociations menées à Evian entre le gouvernement provisoire de la république algérienne et les autorités de la France coloniale. Les Accords d’Evian sont un capital et un acquis historique qui rapprochent en permanence nos deux pays. Aujourd’hui, l’Algérie est animée d’une ferme volonté d’approfondir et de consolider ces relations.

L’Algérie va bénéficier de plus grandes ressources financières ces prochaines années. Où se situent les principaux axes de développement pour le pays?
L’Algérie bénéficie depuis quelques années d’une conjoncture particulièrement favorable. Au plan politique, le pays jouit de la stabilité institutionnelle et sociale. La consolidation de la réconciliation nationale et de ses importants acquis en termes de stabilité et de sécurité, l’affirmation de sa jeune démocratie et l’ancrage des fondements de l’Etat de Droit constituent aujourd’hui les principaux chantiers politiques du pays. Au niveau économique, les efforts déployés durant la dernière décennie se sont traduits par la mise en œuvre de profondes réformes économiques et institutionnelles, réformes mues par une claire volonté de moderniser les différents instruments de gestion, de régulation et de promotion de l’économie et son intégration progressive à l’économie mondiale. Ces réformes ont permis, entre autres résultats déjà enregistrés, le rétablissement des équilibres macroéconomiques, l’assainissement et la libéralisation de l’économie nationale, la stabilisation du taux d’inflation à une moyenne de 3%, d’abaisser le taux du chômage de 29% en 1999 à moins de 11,8% au début de cette année, de réaliser un taux de croissance moyen de 5% sur les six dernières années et de réduire, y compris par le recours au paiement anticipé, le fardeau de la dette extérieure de 33 milliards en 1999 à moins de 5 milliards actuellement.
Sur le plan financier, les importantes ressources drainées par le dernier renchérissement du prix du pétrole ont permis de lancer d’importants projets de développement dans tous les secteurs. Ces projets sont portés par différents plans de relance. Dans ces plans, la priorité est accordée au développement des infrastructures, à l’amélioration des conditions de vie de la population, au développement de l’agriculture et du monde rural, à la relance de l’industrie et du tourisme ainsi qu’à la généralisation des technologies de l’information et de la communication et à la modernisation de l’administration dans tous ses démembrements. Pour la réalisation de ces différents programmes, l’Etat algérien a dégagé une enveloppe budgétaire de 200 milliards de dollars.

Qu’attend l’Algérie de sa présence à Lausanne au Comptoir Suisse?
Cette édition du Comptoir Suisse constitue une heureuse opportunité de présenter aux entreprises suisses les efforts consentis pour le développement et la modernisation, d’abord du secteur du transport – routier, maritime, ferroviaire et aérien – et naturellement celui du tourisme. Nombreuses sont les entreprises suisses qui disposent d’un savoir-faire, ou produisent des équipements, dont certains des projets retenus dans les programmes de développement ont grandement besoin. L’économie algérienne est une économie ouverte qui repose sur une législation des plus libérales et des plus transparentes. La journée économique algérienne qui aura lieu le 24 septembre et qui sera présidée par El-Hachemi Djaaboub, Ministre du commerce, offrira aux entreprises suisses l’opportunité de mieux se familiariser avec cette législation et avec les différents programmes de développement en cours de réalisation ou en projet. Je tiens à relever le rôle important et méritoire que joue la Chambre de commerce et d’industrie Suisse-Algérie dans la création de synergies nouvelles entre opérateurs économiques algériens et suisses.

L’Algérie possède de très grosses réserves de gaz naturel dont les prix ne cessent d’augmenter. La Suisse pourrait-elle être un consommateur de plus en plus important?
L’Algérie dispose d’importantes réserves de gaz naturel, mais aussi d’un riche potentiel minier. Pour ce qui est du gaz, c’est une ressource stratégique que l’Etat s’emploie à valoriser à long terme. Dans les cinq ans à venir, le pays investira, via le groupe Sonatrach, 45 milliards de dollars pour le développement du secteur des hydrocarbures. L’objectif est de généraliser l’utilisation de cette ressource au niveau interne et de porter les exportations à 85 milliards de m3 à l’horizon 2011. Selon le PDG de Sonatrach, le gaz naturel, aussi bien liquéfié que par gazoduc, couvre déjà le quart des besoins en énergie du monde et sa croissance dans le futur placera ce secteur dans un «carrefour» entre la régionalisation et la globalisation. Le patrimoine minier fait lui aussi l’objet d’une politique de valorisation dans le cadre d’une loi adoptée en 2001. Grâce à cette loi, qui comporte de nombreuses exonérations fiscales et autres mesures incitatives, ce secteur connaît un renouveau spectaculaire, avec une moyenne de 102 titres miniers accordés annuellement et près de 4 milliards de dinars versés au Trésor public en 2007. C’est ainsi qu’il a été enregistré le lancement de 31 opérations de partenariat avec des entreprises de diverses nationalités, dont l’Australie, le Canada, la Chine, l’Inde et l’Egypte, opérations portant sur des gisements de fer, zinc, plomb, cuivre, bentonite, manganèse, kaolin, sables siliceux, phosphates…etc. C’est là aussi un espace auquel les entreprises suisses pourraient s’intéresser.

L’Algérie recèle aussi de grosses richesses touristiques, est-ce que le pays va s’ouvrir davantage au tourisme? Y a-t-il encore un problème de sécurité?
Le développement du tourisme est une priorité gouvernementale. En février dernier, nous avons tenus les premières assises internationales sur le tourisme avec l’adoption d’un schéma directeur d’Aménagement Touristique, dont la particularité est d’intégrer harmonieusement le développement de ce secteur dans le cadre plus global de l’aménagement du territoire. L’ambition est d’insérer le développement du tourisme dans une logique de promotion de développement durable et d’en faire une source d’emplois et de revenus valorisant l’environnement économique, humain et écologique. Dans ce domaine, il est certain que le savoir faire et l’ingénierie accumulés par les entreprises suisses véhiculent un fort potentiel de coopération et de partenariat entre nos deux pays.
S’agissant de la sécurité, il est notoire qu’après avoir traversé, durant les années 90, une période difficile marquée par l’agression terroriste, l’Algérie a renoué durablement avec la stabilité et la sécurité, et ce grâce à la politique de réconciliation nationale prônée par le Président Bouteflika, et plébiscitée par référendum par le peuple algérien. La persistance d’actions terroristes menées dans certaines parties du territoire ne représente, en aucune manière, une menace pour le bon fonctionnement des institutions et de l’économie nationale. L’Etat, le peuple et la classe politique dans son ensemble sont mobilisés dans la lutte menée contre les commanditaires de cette violence qui continue, malheureusement, a emporté des vies humaines et à ternir l’image du pays.

Quelles sont les principales exportations suisses en Algérie? Pourrait-on faire encore mieux?
Les échanges commerciaux entre les deux sont en augmentation, se situant autour de 260 millions de francs pour le premier semestre de cette année, contre 405 millions pour 2007, avec une balance commerciale actuellement favorable à la Suisse, mais ils restent nettement modestes par rapport aux potentialités des deux économies. Les exportations algériennes? Elles sont constituées essentiellement de lubrifiants et de métaux, alors que du côté suisse elles englobent les services et les biens d’équipements industriels ainsi que les produits pharmaceutiques. L’Algérie, qui a déjà signé un accord d’association avec l’Union Européenne et prépare son adhésion à l’OMC, négocie activement un accord de libre échange avec l’AELE.

N’y a-t-il pas des problèmes de paiement à résoudre avec un contrôle des changes très restrictif?
Le contrôle des changes est plutôt souple et son évolution a pleinement accompagné les efforts consentis en matière de libéralisation de l’économie nationale. S’agissant des retards enregistrés parfois dans le paiement de certains services fournis par des entreprises publiques et privées dans le cadre de contrats publics, le gouvernement procède actuellement à la réorganisation de la commission nationale des marchés avec l’objectif de répondre à cette préoccupation.


89ème édition du Comptoir Suisse - Lausanne - du 19 au 28 septembre 2008 - Forum économique le 24 septembre avec la participation de la CCI/SA



L'Extension / septembre 2008 / Olivier Grivat

El Watan - Supplément Economie - du 23 au 29 juin 2008


El Watan - Supplément Economie - du 9 au 15 juin 2008


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