Algérie : Objectif Tourisme

14.01.11

L'Algérie prévoit de mettre le tourisme au premier plan dans une volonté de diversification de l'économie, d’attrait d’investissements directs étrangers et de création d’emplois. Alors que le pays fait face à une rude concurrence de ses voisins -le Maroc et la Tunisie, deux destinations touristiques bien établies- pour attirer plus de visiteurs et les revenus qui y sont liés, d'importantes initiatives ont été lancées dans le but d'améliorer sa position.

Selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), l'Algérie est la quatrième destination la plus populaire en Afrique après le Maroc, la Tunisie et l'Afrique du Sud. Toutefois, ces dernières années le pays du Maghreb a eu du mal à attirer de nouveaux segments touristiques.

Alors qu’il y a eu près de 1,9 million de touristes en 2009, soit une augmentation de près de 8% d'une année sur l’autre, la vaste majorité d’entre eux - environ trois quarts - étaient des algériens expatriés de retour au pays. Cette année, les recettes générées par le tourisme en Algérie ont été estimée à 330 millions de dollars, contre 3,4 milliards de dollars en Tunisie.

Le plan de développement national du tourisme nommé Schéma Directeur d'Aménagement Touristique (SDAT) lancé en 2008 vise à accroître le nombre de touristes pour atteindre 2,5 millions en 2015 et 20 millions en 2025. Le plan comporte cinq piliers majeurs: promouvoir l'Algérie comme destination touristique de premier choix, développer des pôles touristiques d’excellence, introduire des contrôles de qualité, encourager les partenariats public-privé et attirer des investissements.

Le gouvernement a récemment pris des mesures pour exploiter le potentiel de l'Algérie comme destination balnéaire et d'éco-tourisme. Le 9 Décembre, le ministère du tourisme a déclaré que 48 milliards de dinars algériens (624 millions de dollars) seront mobilisés pour rénover et moderniser 47 hôtels et stations thermales construits dans les années 1970 à travers le pays. Bien que le dossier soit toujours en attente d'approbation par le Conseil des participations de l'Etat (CPE), 2 milliards de dinars algériens (26,9 millions de dollars) seront immédiatement affectés à la rénovation de neuf hôtels du sud du pays.

De même, 49 accords concernant des projets touristiques ont été signés avec des investisseurs algériens en marge du 11ème Salon international du tourisme et des voyages (SITEV 2010), qui s’est tenu début Décembre à Alger. La réalisation de ces projets hôteliers devrait créer 7767 emplois et accroître la capacité d’accueil de 5200 lits. Cela s’ajoute aux 474 projets - représentant une capacité totale de 45.000 lits et générant 68.000 emplois - lancés par le SDAT en 2008 sur la base d'un partenariat public-privé. Les nouveaux projets porteront la capacité à 50.000 lits (avec le gouvernement visant 70.000 lits à l’horizon 2015). Début Décembre, M. Mimoun a également annoncé la construction de 20 villages de vacances de type bungalow, dont six dans le Sahara et quatorze dans les régions du nord du pays.

La rénovation et la modernisation de l'hôtel cinq étoiles El Aurassi, un des plus grands bâtiments d’Alger, estimées à 75,6 millions de dollars, et lancées dans le cadre du plan SDAT à la fin Octobre 2009, seront achevées en Juillet 2011. La construction de 24 hôtels par le groupe Mehri - en partenariat avec la chaîne hôtelière française Accor - est également en bonne voie. Fin Janvier 2009, le premier hôtel a ouvert ses portes près de l'aéroport Houari Boumediene et quatre autres sont en construction à Constantine, Oran et Tlemcen.

Pour s'assurer que les structures touristiques répondent aux standards internationaux, le gouvernement a adopté le Plan Qualité Tourisme Algérie (PQTA). Selon ce plan, les établissements touristiques collaboreront avec des bureaux d’étude pour identifier leur faiblesse et leur axe d’amélioration. Des bureaux d’étude relevant du ministère du tourisme procèderont alors à des inspections anonymes afin de déterminer si les établissements atteignent les standards requis. A la fin de l’année 2010, seulement 10% des structures touristiques en Algérie ont adhéré à ce programme.

Le gouvernement a également souligné l'importance de la formation dans le secteur du tourisme. Il existe encore peu d'écoles hôtelières algériennes qui offrent une formation spécialisée, cependant, de nouveaux programmes de formation ont été lancés. Par exemple, l’Entreprise de Gestion Touristique (EGT) d’Annaba et l’institut de formation du tourisme de Tizi Ouzou spécialisé dans les domaines de l’hôtellerie et du tourisme, ont signé un accord de partenariat pour former le personnel de l'EGT.

Le représentant du secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), Frédéric Perret, a déclaré lors de la conférence de SITEV 2010, que le secteur du tourisme algérien a un potentiel important grâce à « ses plages méditerranéennes, son fascinant [parc national de] Djurdjura, ses trésors humains, culturels et historiques. »

D’importants obstacles à la croissance de l’industrie du tourisme persistent comme le manque d'infrastructures de qualité et, point crucial pour les touristes, la sécurité. Selon une enquête publiée en Octobre dernier par le groupe de sondage Gallup, seulement 39% des Algériens se sentent en sécurité lorsqu'ils marchent seuls la nuit dans la ville où ils résident.

Message de Claude Haegi à l'occasion du Centre commercial de Bab Ezzouar

19.10.10

MESSAGE DE CLAUDE HAEGI, PRESIDENT SORTANT DE LA CCISA, ANCIEN PRESIDENT DU GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE ET CANTON DE GENEVE A L'OCCASION DU CENTRE COMMERCIAL DE BAB EZZOUAR

L'inauguration de cet exceptionnel Centre Commercial est certes porteur de valeurs économiques, sociales et aussi culturelles, mais à cela s'ajoute une valeur de symbole qui me touche particulièrement après de nombreuses années de présidence de la Chambre de Commerce et d'Industrie Suisse-Algérie.

En effet durant ces 10 ans, j'ai suivi les diverses étapes de la construction d'une nouvelle Algérie, confrontée à de difficiles et sérieux problèmes rarement bien évalués à l'extérieur tout en détenant un fantastique potentiel de développement et en mettant en place d'impressionnantes infrastructures. Simultanément la mondialisation qui devrait conduire à un meilleur équilibre planétaire produisait ses premiers effets dont un certain nombre de difficultés imposant diverses mesures de précaution.

Dans ce contexte les meilleures conditions n'étaient pas toujours réunies pour favoriser les échanges que nous souhaitions et surtout les investissements qui étaient attendus. Pourtant tout est à faire et des partenariats peuvent être très favorables aux entreprises algériennes et suisses. Certaines sont là depuis longtemps pourvues d'une confiance inconditionnelle. Elles n'ont pas à le regretter. D'autres, notamment dans l'industrie des transports, fournissent depuis quelques années de très importants équipements.

Mais il fallait un signe élargissant les secteurs de collaboration et montrant que de vrais et nouveaux entrepreneurs investisseurs avaient leur place ici. Conduit par le groupe suisse Valartis sous la houlette d'Alain Rolland un premier centre commercial du meilleur niveau international voit le jour à Alger. Cette initiative n'était pas sans risque mais la détermination des investisseurs et la volonté des Autorités d'en permettre la réalisation ont eu raison de toutes les adversités inhérentes à un tel projet.

Ce centre a donc une valeur d'un symbole qui prend une dimension particulière, dès lors qu'aujourd'hui M. Alain Rolland a été élu président de la Chambre de Commerce et d'industrie Suisse-Algérie.

C'est un privilège et rassurant de passer le flambeau à un président qui est actif en Algérie, lui est attaché et qui compte avec son groupe y poursuivre des activités et de nouveaux projets.

J'aurais évidemment tellement souhaité participer à cette manifestation, mais des obligations familiales m'ont empêché de partager ce plaisir avec l'ensemble des participants. J'y viendrai bientôt.

Que ce lieu d'exception remporte les succès que nous espérons pour le bonheur et la prospérité de tous ceux qui en deviennent quotidiennement les acteurs.

Claude Haegi

La Suisse pays le plus compétitif au monde

14.09.10

La Suisse consolide son statut de pays le plus compétitif du monde – décroché en 2009 - dans le classement annuel du World Economic Forum (WEF). Délogés l’an dernier du premier rang qu’ils occupaient sans interruption depuis 2004, les Etats-Unis chutent encore de deux positions, régressant à la quatrième place, a indiqué l’organisation genevoise dans son «Global Competitiveness Report 2010-11» publié ce jeudi. La Suède se hisse au deuxième rang (+2) devant Singapour (inchangé). Puis l’Allemagne pointe cinquième, devant le Japon, sixième (+2), et la Finlande, septième (-1).

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Economie algérienne : l'annonce d'un changement

29.10.09

Pour rééquilibrer la balance commerciale, M. Ouyahia remet de l’ordre dans l’économie.
Parviendra-t-il à maintenir le cap, entre résistances internes et pressions internationales ?

Par Mourad Saouli

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Numéro spécial de la Revue de la CCI/SA - Editorial

22.09.08


Vers une phase d’essor de nos relations économiques


La Suisse bénéficie en Algérie d’un évident et historique capital de sympathie. On n’y oublie pas son rôle politique joué sur le chemin de l’indépendance. L’image helvétique est bonne, ses bases institutionnelles et son organisation économique suscitent la confiance.

Aujourd’hui, les Algériens connaissent mieux la Suisse que les Suisses l’Algérie. A la décharge de ces derniers, relevons que les changements en Algérie sont plus profonds et complexes que ceux enregistrés dans la relativement paisible Confédération. Les Suisses voient essentiellement dans l’Algérie ses ressources d’hydrocarbures et les effets économiques de celles-ci qui en font une puissance. Ils ont été touchés par les drames si douloureux qu’elle a vécus et l’insécurité qu’ils ont générée. La méconnaissance, les doutes, voire des craintes compromettent souvent des échanges et des partenariats utiles répondant à des intérêts partagés. L’Algérie détient un exceptionnel potentiel de développement touchant de nombreux secteurs et ses structures économiques se transforment. Ceci étant, elle a su préserver ses entreprises nationales phares et éviter leur démantèlement ou les bradages constatés dans certains pays. La très forte concentration au sein d’entreprises publiques réunies dans de grands holdings, qui caractérisait l’organisation économique du pays, laisse place à un redéploiement et à une redistribution des rôles. Les PME arrivent en force, elles représentent un atout exceptionnel pour l’avenir du pays. L’économie suisse n’est-elle pas formée pour l’essentiel de PME ? Si les grandes entreprises privées ou publiques ont des activités internationales soutenues, de nombreuses PME, animées par des entrepreneurs disposant de formations et de connaissances adaptées aux exigences nouvelles des marchés, s’ouvrent vers l’extérieur et s’intéressent à des partenariats et échanges commerciaux ou techniques.

Avant même que l’expression «Développement durable» ne soit retenue, la Suisse a toujours marqué son attachement à son patrimoine naturel, notamment alpin, et sa volonté de le préserver grâce à un développement qualitatif. Dans ce contexte des échanges de savoir-faire touchant notamment l’énergie (60% d’hydroélectricité), les transports, la gestion de l’eau et des déchets, l’ingénierie et le tourisme ou l’industrie des machines, la chimie, la pharmacie et l’agroalimentaire doivent être activés. A cela s’ajoutent naturellement aussi les services dans les domaines financiers, bancaires, de l’assurance, de la santé, de la distribution et, bien entendu, de la formation.

Les textes légaux donnent des assurances aux investisseurs et entrepreneurs étrangers. L’importance des réformes mises en place demande aussi des changements de mentalité à tous les niveaux qui répondent aux décisions du législateur. Il faut accepter que cela prenne parfois un peu de temps. Le nouveau développement et la réussite des échanges que nous souhaitons dynamiser entre nos deux pays dépendent de la qualité des dialogues engagés, de la clarté des objectifs fixés et du strict respect des règles de fonctionnement et des engagement pris par chacun des partenaires.

En se présentant au Comptoir Suisse de Lausanne avec une forte délégation et en y étant accueillie comme hôte d’honneur, l’Algérie apporte une contribution déterminante pour entrer dans la phase d’essor que nous souhaitons. Aux acteurs économiques suisses de saisir cette opportunité.

Claude Haegi, Président de la Chambre de Commerce et
d'Industrie Suisse Algérie (CCISA)

Interview de Jean-Claude Richard, ambassadeur de Suisse en Algérie

22.09.08


Suisse/Algérie La Revue : Quelles appréciations faites-vous aujourd’hui des relations entre la Suisse et l’Algérie ? Quels sont les événements marquants de cette coopération durant ces dernières années ?

Jean-Claude Richard : Je crois qu’il n’est pas exagéré de dire que les relations entre nos deux pays sont excellentes. La Suisse bénéficie d’un préjugé favorable dans l’esprit des Algériens en général et des autorités politiques en particulier, et ce jusqu’au plus haut niveau. La contribution de la Suisse aux moments décisifs des négociations sur l’indépendance de l’Algérie suscite encore un sentiment de respect et de reconnaissance.
C’est donc dans ce contexte favorable que les contacts bilatéraux, tant politiques qu’économiques, ont pu se dérouler. Sans être exhaustif, je voudrais mentionner d’abord la visite officielle que le Président Bouteflika a faite en Suisse, en novembre 2004. Depuis lors, plusieurs Secrétaires d’Etat et conseillers fédéraux ont eu l’opportunité de rendre visite à leurs homologues algériens. De ces contacts ont résulté la signature d’un accord sur la protection des investissements, d’un accord d’entraide judiciaire en matière pénale, d’un accord sur la double imposition (qui n’est toutefois pas encore en vigueur), d’un accord sur la circulation des personnes et enfin d’un mémorandum de coopération culturelle.
Dans le domaine politique, un dialogue est institutionnalisé sur une base annuelle. Pour le futur immédiat, le président du Conseil national suisse, André Bugnon, répondra à l’invitation du président du Parlement algérien, Abdelaziz Ziari, en novembre. Puis, au début décembre, la conseillère fédérale, Mme Leuthard, viendra à Alger, à la tête d’une délégation économique.

A quel stade d’avancement se situent les négociations relatives à un accord de libre-échange entre l’Algérie et l’AELE ? Quels sont les bénéfices attendus de ce projet d’accord ?
D’abord, je voudrais rappeler que cet accord, en cours de négociations, ne concerne pas que mon pays, mais aussi les autres membres de l’AELE, soit la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Nous connaissons tous les effets bénéfiques de l’abaissement des droits de douane pour les échanges commerciaux en général. Mais cet accord est censé améliorer aussi les conditionscadre pour les investissements, les transferts, les règlements des différends ou encore la protection de la propriété intellectuelle. Les produits industriels, mais aussi l’agriculture et la pêche sont concernés. Il s’agit donc d’un accord ambitieux qui, si tout se poursuit comme prévu, pourra être achevé d’ici à la fin de l’année.
La conclusion de cet accord éliminerait la discrimination des exportateurs algériens vis-à-vis des partenaires de libre-échange de l’AELE comme le Maroc ou la Tunisie. De l’autre côté, les exportateurs des pays de l’AELE profiteraient d’une élimination de discrimination sur le marché algérien vis-à-vis de leurs concurrents de l’UE. En éliminant les droits de douane sur les produits industriels et sur une partie des produits agricoles dans le commerce entre l’Algérie et la Suisse, l’accord déploiera des effets positifs pour les entreprises et consommateurs suisses et algériens. De part et d’autre, les débouchés de l’industrie et de l’agriculture s’en trouveront améliorés.

Quelles appréciations portez-vous sur le climat des affaires en Algérie et à quel niveau se situent actuellement les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Suisse ?
Si j’en juge au nombre d’hommes d’affaires suisses que je reçois à l’ambassade et aux contacts que j’ai avec eux dans d’autres lieux, je peux dire que l’intérêt pour le marché algérien est très soutenu et promet de s’ac-croître encore. Dans cette appréciation, il faut toutefois tenir compte de la structure économique suisse faite d’un grand nombre de PME très spécialisées dont les prix, en conséquence, sont parfois encore un peu élevés pour le marché algérien. Mais je suis optimiste, car le cadre légal et institutionnel est maintenant en place, comme je l’ai mentionné cidessus. Cela devrait contribuer à rassurer les entreprises suisses. Celles-ci sont seules compétentes pour la conquête des marchés, mais la sécurité juridique préside dans une grande mesure à leurs décisions.
Le volume des échanges commerciaux bilatéraux sont de l’ordre de 400 millions de francs suisses. Les exportations suisses ont enregistré un taux de croissance de près de 60% entre 2006 et 2007. Les importations en provenance d’Algérie (hors hydrocarbures) sont pour le moment très faibles. La connaissance des potentialités algériennes sur le marché suisse doit donc être améliorée. C’est pourquoi je suis particulièrement heureux que l’Algérie puisse profiter de se faire connaître à Lausanne, au Comptoir suisse, où elle est invitée d’honneur.

Au regard du programme d’investissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars américains attendus pour les cinq prochaines années par l’Algérie, quels sont, Monsieur l’Ambassadeur, les créneaux et secteurs auxquels pourraient prendre part les sociétés suisses ?
Il n’est, certes, pas facile de répondre à cette question. Mais les entreprises suisses sont déjà partie prenante du programme d’investissement que vous mentionnez. Dans le domaine des transports, par exemple, des entreprises suisses spécialisées dans le matériel ferroviaire, les funiculaires, etc. sont déjà présentes en Algérie. Mais je dois reconnaître que le plus souvent ce sont des consultants, experts de tel ou tel domaine, qui obtiennent la confiance de leurs partenaires algériens pour leur compétence technique, d’ingénierie, notamment.

L’Algérie mène depuis quelques années une politique déterminée de promotion des investissements directs étrangers avec des résultats qui poussent à l’optimisme. Quels sont les principaux investissements directs réalisés par les sociétés suisses et quelles seraient les perspectives dans ce domaine ?
MSC (Mediterranean Shipping Company) dans le transport maritime, Nestlé, dans la production d’eau et Jelmoli, pour un grand centre commercial et de loisirs sont les plus gros investissements suisses en Algérie. Les conditions me semblent progressivement réalisées pour qu’une augmentation des investissements suisses puisse être enregistrée. L’image de l’Algérie à l’extérieur s’améliore régulièrement, le cadre institutionnel et légal sera presque complet quand entrera en vigueur l’accord bilatéral visant à éviter la double imposition. Je pense donc que l’avenir est prometteur, mais bien sûr les efforts de part et d’autre ne doivent jamais se ralentir.

Quels conseils donneriez-vous aux sociétés suisses pour les encourager à être plus présentes sur le marché algérien ?
Je ne suis pas sûr que les entreprises suisses aient tellement besoin de conseils. Elles sont en effet habituées à se battre sur les marchés extérieurs, et ce depuis de très nombreuses années. Elles ont par contre besoin d’informations pour se faire une idée plus précise du pays dans lequel elles voudraient entrer. Ce que je tente de faire, c’est de donner des renseignements sur la situation politique, économique, sociale, sécuritaire en général. Sur le climat des affaires, la rapidité des paiements, les difficultés, voire les lenteurs bureaucratiques. J’essaie donc, en quelque sorte, de rendre l’image de l’Algérie, que peuvent avoir les entreprises suisses, la plus réaliste possible. Il faut éviter les images d’Epinal ou les a priori, mais aussi les illusions. Je suis convaincu que c’est de cette façon que se nouent les relations solides et durables.

Interview de S.E. El Haouès Riache, ambassadeur d’Algérie à Berne

22.09.08


El Haouès Riache est le nouvel ambassadeur d’Algérie à Berne.
Rencontre avec son excellence dans le cadre du Comptoir Suisse.

Comment peut-on qualifier les relations entre nos deux pays?
Les relations entre l’Algérie et la Suisse peuvent être qualifiées d’excellentes. Nos deux pays entretiennent depuis quatre ans des consultations politiques régulières. La densification des visites officielles à haut niveau dans les deux sens, dont celle du Président Bouteflika en 2004, en est une autre illustration. Ces relations remontent à la période de la lutte d’indépendance et au rôle positif joué par la Suisse dans les négociations menées à Evian entre le gouvernement provisoire de la république algérienne et les autorités de la France coloniale. Les Accords d’Evian sont un capital et un acquis historique qui rapprochent en permanence nos deux pays. Aujourd’hui, l’Algérie est animée d’une ferme volonté d’approfondir et de consolider ces relations.

L’Algérie va bénéficier de plus grandes ressources financières ces prochaines années. Où se situent les principaux axes de développement pour le pays?
L’Algérie bénéficie depuis quelques années d’une conjoncture particulièrement favorable. Au plan politique, le pays jouit de la stabilité institutionnelle et sociale. La consolidation de la réconciliation nationale et de ses importants acquis en termes de stabilité et de sécurité, l’affirmation de sa jeune démocratie et l’ancrage des fondements de l’Etat de Droit constituent aujourd’hui les principaux chantiers politiques du pays. Au niveau économique, les efforts déployés durant la dernière décennie se sont traduits par la mise en œuvre de profondes réformes économiques et institutionnelles, réformes mues par une claire volonté de moderniser les différents instruments de gestion, de régulation et de promotion de l’économie et son intégration progressive à l’économie mondiale. Ces réformes ont permis, entre autres résultats déjà enregistrés, le rétablissement des équilibres macroéconomiques, l’assainissement et la libéralisation de l’économie nationale, la stabilisation du taux d’inflation à une moyenne de 3%, d’abaisser le taux du chômage de 29% en 1999 à moins de 11,8% au début de cette année, de réaliser un taux de croissance moyen de 5% sur les six dernières années et de réduire, y compris par le recours au paiement anticipé, le fardeau de la dette extérieure de 33 milliards en 1999 à moins de 5 milliards actuellement.
Sur le plan financier, les importantes ressources drainées par le dernier renchérissement du prix du pétrole ont permis de lancer d’importants projets de développement dans tous les secteurs. Ces projets sont portés par différents plans de relance. Dans ces plans, la priorité est accordée au développement des infrastructures, à l’amélioration des conditions de vie de la population, au développement de l’agriculture et du monde rural, à la relance de l’industrie et du tourisme ainsi qu’à la généralisation des technologies de l’information et de la communication et à la modernisation de l’administration dans tous ses démembrements. Pour la réalisation de ces différents programmes, l’Etat algérien a dégagé une enveloppe budgétaire de 200 milliards de dollars.

Qu’attend l’Algérie de sa présence à Lausanne au Comptoir Suisse?
Cette édition du Comptoir Suisse constitue une heureuse opportunité de présenter aux entreprises suisses les efforts consentis pour le développement et la modernisation, d’abord du secteur du transport – routier, maritime, ferroviaire et aérien – et naturellement celui du tourisme. Nombreuses sont les entreprises suisses qui disposent d’un savoir-faire, ou produisent des équipements, dont certains des projets retenus dans les programmes de développement ont grandement besoin. L’économie algérienne est une économie ouverte qui repose sur une législation des plus libérales et des plus transparentes. La journée économique algérienne qui aura lieu le 24 septembre et qui sera présidée par El-Hachemi Djaaboub, Ministre du commerce, offrira aux entreprises suisses l’opportunité de mieux se familiariser avec cette législation et avec les différents programmes de développement en cours de réalisation ou en projet. Je tiens à relever le rôle important et méritoire que joue la Chambre de commerce et d’industrie Suisse-Algérie dans la création de synergies nouvelles entre opérateurs économiques algériens et suisses.

L’Algérie possède de très grosses réserves de gaz naturel dont les prix ne cessent d’augmenter. La Suisse pourrait-elle être un consommateur de plus en plus important?
L’Algérie dispose d’importantes réserves de gaz naturel, mais aussi d’un riche potentiel minier. Pour ce qui est du gaz, c’est une ressource stratégique que l’Etat s’emploie à valoriser à long terme. Dans les cinq ans à venir, le pays investira, via le groupe Sonatrach, 45 milliards de dollars pour le développement du secteur des hydrocarbures. L’objectif est de généraliser l’utilisation de cette ressource au niveau interne et de porter les exportations à 85 milliards de m3 à l’horizon 2011. Selon le PDG de Sonatrach, le gaz naturel, aussi bien liquéfié que par gazoduc, couvre déjà le quart des besoins en énergie du monde et sa croissance dans le futur placera ce secteur dans un «carrefour» entre la régionalisation et la globalisation. Le patrimoine minier fait lui aussi l’objet d’une politique de valorisation dans le cadre d’une loi adoptée en 2001. Grâce à cette loi, qui comporte de nombreuses exonérations fiscales et autres mesures incitatives, ce secteur connaît un renouveau spectaculaire, avec une moyenne de 102 titres miniers accordés annuellement et près de 4 milliards de dinars versés au Trésor public en 2007. C’est ainsi qu’il a été enregistré le lancement de 31 opérations de partenariat avec des entreprises de diverses nationalités, dont l’Australie, le Canada, la Chine, l’Inde et l’Egypte, opérations portant sur des gisements de fer, zinc, plomb, cuivre, bentonite, manganèse, kaolin, sables siliceux, phosphates…etc. C’est là aussi un espace auquel les entreprises suisses pourraient s’intéresser.

L’Algérie recèle aussi de grosses richesses touristiques, est-ce que le pays va s’ouvrir davantage au tourisme? Y a-t-il encore un problème de sécurité?
Le développement du tourisme est une priorité gouvernementale. En février dernier, nous avons tenus les premières assises internationales sur le tourisme avec l’adoption d’un schéma directeur d’Aménagement Touristique, dont la particularité est d’intégrer harmonieusement le développement de ce secteur dans le cadre plus global de l’aménagement du territoire. L’ambition est d’insérer le développement du tourisme dans une logique de promotion de développement durable et d’en faire une source d’emplois et de revenus valorisant l’environnement économique, humain et écologique. Dans ce domaine, il est certain que le savoir faire et l’ingénierie accumulés par les entreprises suisses véhiculent un fort potentiel de coopération et de partenariat entre nos deux pays.
S’agissant de la sécurité, il est notoire qu’après avoir traversé, durant les années 90, une période difficile marquée par l’agression terroriste, l’Algérie a renoué durablement avec la stabilité et la sécurité, et ce grâce à la politique de réconciliation nationale prônée par le Président Bouteflika, et plébiscitée par référendum par le peuple algérien. La persistance d’actions terroristes menées dans certaines parties du territoire ne représente, en aucune manière, une menace pour le bon fonctionnement des institutions et de l’économie nationale. L’Etat, le peuple et la classe politique dans son ensemble sont mobilisés dans la lutte menée contre les commanditaires de cette violence qui continue, malheureusement, a emporté des vies humaines et à ternir l’image du pays.

Quelles sont les principales exportations suisses en Algérie? Pourrait-on faire encore mieux?
Les échanges commerciaux entre les deux sont en augmentation, se situant autour de 260 millions de francs pour le premier semestre de cette année, contre 405 millions pour 2007, avec une balance commerciale actuellement favorable à la Suisse, mais ils restent nettement modestes par rapport aux potentialités des deux économies. Les exportations algériennes? Elles sont constituées essentiellement de lubrifiants et de métaux, alors que du côté suisse elles englobent les services et les biens d’équipements industriels ainsi que les produits pharmaceutiques. L’Algérie, qui a déjà signé un accord d’association avec l’Union Européenne et prépare son adhésion à l’OMC, négocie activement un accord de libre échange avec l’AELE.

N’y a-t-il pas des problèmes de paiement à résoudre avec un contrôle des changes très restrictif?
Le contrôle des changes est plutôt souple et son évolution a pleinement accompagné les efforts consentis en matière de libéralisation de l’économie nationale. S’agissant des retards enregistrés parfois dans le paiement de certains services fournis par des entreprises publiques et privées dans le cadre de contrats publics, le gouvernement procède actuellement à la réorganisation de la commission nationale des marchés avec l’objectif de répondre à cette préoccupation.


89ème édition du Comptoir Suisse - Lausanne - du 19 au 28 septembre 2008 - Forum économique le 24 septembre avec la participation de la CCI/SA



L'Extension / septembre 2008 / Olivier Grivat

El Watan - Supplément Economie - du 23 au 29 juin 2008

24.06.08


El Watan - Supplément Economie - du 9 au 15 juin 2008

11.06.08


Avec le patronage de la CCI/SA Genilem Algérie voit le jour

17.03.08


Projet d'accompagnement des créateurs d'entreprises de la région d'Alger


Ce projet, inauguré en mars 2007 sous l'impulsion d'Armand Lombard, président de Genilem du Monde et d'Andrea Zaninetti, responsable de projets-Afrique chez Genilem du Monde, a pour objectif de fournir un accompagnement gratuit à une vingtaine de créateurs d'entreprises algérois par année dans la phase de démarrage de leur entreprise et ceci dès avril 2008.

A cette fin, une association du nom de Genilem-Algérie a été créée à Alger en vue de gérer les activités de la structure d'accompagnement, composée de deux gestionnaires et d'un directeur d'antenne. Genilem Algérie est présidée par M. Réda Hamiani, ancien ministre des PME/PMI et Président du Forum des Chefs d'Entreprises (FCE).

Les partenaires du projet sont :

Le Forum des Chefs d'Entreprises (FCE)
La Chambre de Commerce Suisse-Algérie (CCI/SA)
L'Agence Nationale de Soutien à l'emploi des Jeunes (ANSEJ)
Le Service de la Solidarité Internationale de l'Etat de Genève (SSI)

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