La crise nucléaire nipponne prend de l’ampleur : le baril de brut chute
17.03.11
[La Tribune] Ajoutée aux troubles en Libye, la crise nucléaire au Japon a fortement influé sur les cours de l’or noir. Ceux-ci chutaient hier à New York à l’ouverture du marché. A la mi-journée, le baril de «light sweet crude» pour livraison en avril s’échangeait à 97,93 dollars sur le
New York Mercantile Exchange (Nymex). On est donc loin du seuil des 120 dollars qu’il avait atteint au début de la crise en Libye.
L’évolution des prix risquerait de s’enliser davantage, au vu de la situation au Japon. Alarmistes peut-être, certains analystes avancent que l’économie nipponne n’est pas tout à fait à l’arrêt mais qu’elle risquerait de l’être. Et, du coup, la demande mondiale en énergie en prendrait un coup. Que s’est-il passé, au juste, ces dernières vingt-quatre heures, dans ce pays ? Il y a eu une nouvelle explosion et un incendie à la centrale de Fukushima, où les accidents se succèdent depuis le violent séisme de vendredi dernier. Aussi, le marché pétrolier, à l’image de l’ensemble des marchés financiers mondiaux, s’inquiète de voir la crise nucléaire s’aggraver au Japon. De toute évidence, cela attise les craintes et les inquiétudes sur la rapidité avec laquelle le Japon peut se remettre de cette catastrophe naturelle, a souligné Tom Bentz, cité par l’AFP. Il se passe que, sur les marchés, les investisseurs ont tendance à diminuer leur exposition aux risques, à cause du séisme au Japon, mais également des troubles qui s’installent en Libye ou à Bahreïn. «Ces derniers temps, on a vu une envolée [des prix du pétrole] parce que les gens s’inquiétaient pour l’offre, en termes de pertes, à cause des mouvements de contestation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient», a rappelé Tom Bentz. Maintenant, vous avez le revers de la médaille, une situation où la variable demande de l’équation est grandement affectée et les investisseurs retirent la prime de risque qui s’était instaurée ces dernières semaines, a ajouté l’analyste. Toutefois, la situation au Moyen-Orient était loin d’être réglée. A Bahreïn, pays attenant à l’Arabie saoudite, l’un des principaux producteurs de pétrole dans le monde, le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa a proclamé l’état d’urgence pour trois mois, au lendemain de l’arrivée de troupes du Golfe venues l’aider à contenir la contestation chiite. En Libye, où les forces pro-Kadhafi reprenaient l’avantage, la production était presque à l’arrêt ces derniers jours en raison des troubles. L’Arabie saoudite ainsi que le Koweït se disent disposés à soutenir le marché, si c’est nécessaire. Pour l’instant, en tout cas, la question de l’approvisionnement ne se pose pas.
