Ce taux est d'ailleurs légèrement supérieur à celui prévu par la loi de finances pour 2010 (3,5%), et c'est le résultat de la nette décélération du rythme de hausse observée, notamment pour les produits agricoles frais. Ce qui explique en partie pourquoi l'indice des prix à la consommation a connu une hausse insignifiante de 0,1% en janvier 2011 par rapport à décembre dernier. Car, en plus, il faudrait bien reconnaître que cette légère hausse est également due à la baisse des prix du sucre et de l'huile. C'est ainsi que le même organisme des statistiques indique, d'autre part, qu'en janvier dernier les produits industriels ont affiché une baisse de 1,4%, résultat de la diminution des prix des sucres (-12,1%) et des huiles et graisses (-4,6%). Cette baisse des prix réalisée en début de l'année est le fruit de la décision du gouvernement de juguler les prix du sucre et de l'huile de table et ce, consécutivement aux fortes hausses enregistrées sur le marché national au début du mois de janvier dernier.
C'est ainsi qu'il a été décidé de plafonner ces prix à 90 DA pour le kg de sucre et à 600 DA pour les cinq litres d'huile à travers plusieurs mesures fiscales et douanières. Ce qui explique, en partie, la légère baisse (0,3%) des prix des biens alimentaires. Par contre, on relève, en même temps, une hausse de (0,5%) des produits manufacturés.
Selon l'ONS, les produits agricoles frais ont connu une évolution de +1,2%, due au relèvement des prix d'un certain nombre de produits, notamment la viande de poulet (+13,6%), et les fruits (+4,4%). En janvier 2011 et par rapport à la même période 2010, l 'évolution des prix à la consommation se situe à 3,6%. Toutes les catégories de produits ont enregistré des hausses, soit 2,9% pour les biens alimentaires, dont 0,44% pour les produits agricoles frais, et 4,9 % pour les produits alimentaires industriels. Il est à rappeler, d'ailleurs, que le taux d'inflation en Algérie a atteint 3,9% en 2010, contre 5,7% en 2009 et 4,8% en 2008.
On attend toujours que les opérateurs économiques ayant participé aux quatre conseils interministériels (CIM) consacrés à l'élaboration du décret fixant le plafonnement des prix et les marges bénéficiaires du sucre et des huiles alimentaires et qui ont manifesté un "consensus" autour de ces marges, les rendent publiques incessamment. M. Aïssa Zelmati, secrétaire général du ministère, a bien précisé, d'autre part, que le décret est actuellement au niveau du gouvernement pour permettre l'application des lois sur la concurrence et sur les pratiques commerciales, adoptées l'année dernières.
Lors d'une récente rencontre entre le ministère du Commerce et les opérateurs économiques, Issad Rebrab, patron de Cevital, principal groupe importateur et producteur de sucre et d'huile en Algérie, avait estimé que "seule l'offre et la demande devraient définir les prix", en proposant de maintenir leur plafonnement mais de laisser libres les marges bénéficiaires. Est-il encore besoin de rappeler que le président Abdelaziz Bouteflika avait récemment instruit le gouvernement d'approfondir la concertation avec toutes les parties concernées, autour des dossiers socio-économiques.