Le secret helvétique? D’excellentes notes attribuées par plus de 13500 décideurs économiques interviewés de par le monde ainsi que par des batteries de statistiques passées au peigne fin par les experts du WEF. «Les institutions publiques suisses sont perçues comme parmi les plus transparentes au monde, pointant au septième rang. La Suisse est sixième pour les infrastructures et cinquième pour l’environnement macro-économique. Sur les douze critères que nous analysons, elle figure pratiquement chaque fois dans le top 10», commente Thierry Geiger, économiste et co-auteur du rapport sur la compétitivité 2010, contacté par Le Temps» Le seul critère qui semble faire véritablement problème est celui du nombre d’actifs bénéficiant d’une formation universitaire, où la Confédération apparaît à la traîne. «Mais il y a là un biais statistiques, car les hautes écoles helvétiques ne sont pas encore toutes reconnues comme étant de rang universitaire. L’Allemagne souffre aussi de ce phénomène», relativise Thierry Geiger.

Etats-Unis sur la pente

Grands perdants du classement, les Etats-Unis. Comme l’avait déjà révélé en mai dernier le rapport concurrent de l’école lausannoise de management IMD, la capacité concurrentielle de la plus grande économie du monde subit de plein fouet l’impact de la dérive de leur finances publiques. Le gouvernement n’est plus perçu comme capable «de gérer son budget sans gaspiller», souligne aujourd’hui le WEF dans son rapport. Pire encore, le problème ne s’arrête pas à l’Etat et à ses déséquilibres: les décideurs interrogés estiment que le reporting des entreprises américaines s’est dégradé, tout comme la compétitivité de Wall Street. Au final, il semble que les Etats-Unis doivent surtout de conserver une place dans les cinq premiers à leur capacité d’innovation, leur «excellent système universitaire» et leur marché du travail très flexible.

Vainqueurs et perdants émergent

Le Vieux Continent affiche de son côté des résultats contrastés. «La crise a commencé à opérer un certain tri et l’on observe cette année à l’émergence des gagnants et des perdants», note Thierry Geiger. Parmi les premiers figurent au premier rang l’Allemagne, qui pointe au cinquième rang des nations les plus compétitives (+2), mais également les Pays-Bas (10e/+2). S’ils régressent quelque peu, Finlande et Danemark restent parmi les dix premiers. Côté perdants, pas de surprise: la Grèce – qui a frôlé l’insolvabilité ce printemps - plonge de 12 rangs à la 83 place tandis que l’Espagne glisse de neuf places à la 42e. L’Italie reste stable, mais au 48 rang. Quant à la France (15e/+1) et à la Grande-Bretagne (12e/+1), elles évoluent entre ces deux eaux.

Dernière observation: les bonds en avant des grands pays émergents ont désormais cessé. Des quatre pays dits BRIC, seule la Chine a gagné deux rangs (27e/+2). Surtout grâce à une plus grande libéralisation du secteur financier, selon le WEF. L’Inde a cédé deux places (51e) tandis que la Russie (63e) et le Brésil (58e) ont stagné.

Le Temps, 9.09.2010