Les inquiétudes persistantes à l'égard de l'économie mondiale et de son impact sur la demande pétrolière pèsent sur les prix de l'or noir, et sont susceptibles d'entraîner de nouveaux mouvements de vente, estime le courtier londonien PVM Oil Associates. Le marché réagit également au niveau élevé des réserves de brut et de produits pétroliers aux Etats-Unis, qui sont à leur plus haut niveau depuis 27 ans. Les cours sont de nouveau en baisse car les opérateurs restent inquiets au sujet du niveau élevé des stocks de pétrole dans le monde et aux Etats-Unis, note Peter Beutel, de Cameron Hanover.
"La croissance économique ne va pas être assez forte pour entamer les excédents [pétroliers] existants", ajoute-t-il.
A 13h35, le contrat d'octobre sur le Brent coté à l'ICE à Londres perdait 54 cents, à 77,20 dollars le baril. Vers 14h00, le contrat d'octobre sur le brut léger doux du Nymex s'adjugeait 8 cents, à 74,17 dollars le baril. En baisse de plus de 2% une grande partie de la séance mardi, les cours du baril avaient effacé une partie de leurs pertes après l'annonce d'une explosion meurtrière dans une raffinerie de la compagnie Pemex au Mexique, mais ils rechutaient mercredi sur un marché dominé par la fébrilité. Le repli des places boursières asiatiques puis européennes n'était pas de nature à soutenir les cours, tandis que les inquiétudes sur l'endettement des banques européennes, avivées mardi après une enquête du Wall Street Journal, continuaient de peser sur l'euro, conduisant à un renforcement du dollar peu favorable à l'or noir. "Quand les marchés d'action et l'euro s'affaiblissent, cela rend le marché du pétrole plus vulnérable aux facteurs de l'offre et de la demande, lesquels sont clairement négatifs depuis le deuxième semestre 2008, et qui ont même empiré lors des dernières semaines", commentaient les analystes du cabinet spécialisé Cameron Hanover. "Les réserves (pétrolières aux Etats-Unis) sont à leur plus haut niveau depuis 27 ans (...). Et il existe un consensus sur le fait que la croissance économique ne sera pas assez solide pour entamer les surplus existants. Il y a eu trop de mauvais indicateurs américains ces derniers temps", ajoutaient-ils. Dans ce contexte, les investisseurs devraient surveiller attentivement la publication mercredi du Livre Beige de la Réserve fédérale américaine sur la conjoncture économique aux Etats-Unis, mais aussi les estimations hebdomadaires de l'association professionnelle American Petroleum Institute (API). Ces dernières constituent une première indication sur les stocks de brut américains avant la publication jeudi des chiffres officiels du département de l'Energie (DoE). Selon les analystes interrogés par Dow Jones Newswires, le rapport du DoE devrait faire état d'une nouvelle augmentation de 300.000 barils des réserves de brut lors de la semaine achevée le 3 septembre. Les stocks d'essence auraient quant à eux diminué de 600.000 barils et les distillats (gazole et fioul de chauffage) auraient progressé de 400.000 barils. "Alors que la saison estivale des grands transports en voiture vient de se terminer (lundi), et que l'on approche d'une période de faible demande avant la reprise de la consommation du fioul de chauffage dans deux mois, les stocks ont peu de chances de reculer nettement sur les prochaines semaines", soulignaient les analystes de Commerzbank.