Pétrole : les prix se replient sur fond de prises de bénéfices
[Le Maghreb] Les contrats à terme sur le pétrole brut se repliaient, hier, dans de faibles volumes d'échanges, sur fond de prises de bénéfices après la progression enregistrée vendredi.
Les prix du brut conservent néanmoins la majeure partie du terrain qu'ils avaient gagné après le discours du président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, qui a écarté la possibilité d'une récession en double creux aux Etats-Unis, mais n'a pas exclu le recours, si nécessaire, à de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif pour relancer la croissance. L'euro est en légère baisse face au dollar, hier, mais son taux de change est relativement stable depuis 9h00. Les marchés d'actions européens évoluent en ordre dispersé. A 12h40, le contrat londonien sur le Brent pour livraison en octobre reculait de 36 cents, à 76,29 dollars le baril. Le contrat WTI pour livraison en octobre du New York Mercantile Exchange abandonnait 25 cents, à 74,92 dollars le baril. "Nous assistons à une correction après trois séances de hausse la semaine dernière, mais ce sont les Etats-Unis qui permettront vraiment au marché de trouver sa direction dans l'après-midi", selon Eugen Weinberg, responsable de la recherche pour les matières premières chez Commerzbank. Il estime que les prises de bénéfices pourraient se poursuivre, car les positions nettes longues sur les contrats à terme sur le brut restent plus nombreuses que les positions nettes courtes, même si les gérants de fonds les ont fortement réduites au cours de la semaine achevée le 24 août, d'après les données publiées vendredi par la Commodity Futures Trading Commission. Le marché se repliait après avoir regagné en vigueur sur les trois précédentes séances, ce qui avait permis au baril de remonter au-dessus du seuil de 75 dollars. Le discours du président de la banque centrale américaine Ben Bernanke vendredi à Jackson Hole avait finalement été bien reçu par les investisseurs. "M. Bernanke a annoncé que la Fed était prête pour des mesures de soutien supplémentaires si les perspectives de croissance de l'économique américaine devaient se détériorer significativement. Le marché l'a interprété comme un élément positif pour la demande en pétrole future", ont souligné les analystes de Commerzbank. "Ceci dit, la demande en pétrole aux Etats-Unis n'a pas connu de reprise notable jusqu'à présent, malgré toutes les mesures de relance", ont-ils tout de même tempéré. L'état du marché de l'or noir restait en effet pesant. "Si on se concentre sur l'état fondamental de l'offre et de la demande, les prix devraient être bien plus bas", a également estimé Phil Flynn, de PFG Best Research, alors que les réserves d'or noir aux Etats-Unis se maintiennent autour de plus hauts historiques. "Le prix du pétrole est dans les mains de la Fed", selon l'analyste. Le marché devait maintenant se préparer à une semaine chargée en indicateurs économiques, avec en apogée en fin de semaine les chiffres mensuels de l'emploi. Les investisseurs gardaient, par ailleurs, un oeil sur l'activité météorologique dans l'océan Atlantique. Si le cyclone Earl ne devrait, selon les prévisions, pas toucher les installations pétrolières du golfe du Mexique, une autre formation était en train de se développer derrière lui, a noté Phil Flynn. Aussi, si l'on tient compte du fait que le marché pétrolier a été en baisse pendant 10 des 12 séances qui ont précédé celle de mercredi, et que le baril a perdu plus de 10 dollars en moins d'un mois, nous sommes face à une correction technique qui n'a rien de surprenant. L'orientation de la conjoncture américaine n'est pas favorable. La croissance des Etats-Unis du second trimestre devrait être révisée à la baisse. Et la croissance annuelle est mise en doute compte tenu du taux de chômage actuel dans le pays.
