Prévisions de récolte mondiale de blé : la FAO prévoit une forte baisse en 2010
[El Watan] Comme prévu, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) revoit à la baisse ses prévisions de récolte mondiale de blé pour 2010. A l’origine de cette révision à la baisse des prévisions de la FAO, une canicule persistante en Russie, un des plus grands exportateurs de blé.
«L'impact sur les cultures des conditions météorologiques défavorables de ces dernières semaines a conduit la FAO à revoir à la baisse ses prévisions de production mondiale de blé pour 2010 : 651 millions de tonnes, contre 676 annoncées en juin», lit-on sur le site de cette organisation onusienne. C’est-à-dire que la production mondiale de blé sera inférieure de 25 millions de tonnes par rapport à la précédente estimation datant du mois de juin dernier. Une nouvelle estimation est attendue pour fin août ou début septembre. De vives appréhensions ont été affichées quant à la disponibilité de l’offre mondiale de blé pour la campagne de commercialisation 2010/2011. A l’origine de ces craintes, figure une sécheresse «persistante et dévastatrice» qui touche la Fédération de Russie, «conjuguée à des prévisions de production inférieures au Kazakhstan et en Ukraine».
Les marchés internationaux ont été soumis illico presto à rudes épreuves et les places financières commençaient à agiter au rythme des mauvaises nouvelles provenant de la région de la mer Noire qui est devenue un important fournisseur de blé sur les marchés mondiaux. Selon les experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), cette agitation, qui s’est emparée des marchés mondiaux du blé, «démontre la dépendance croissante vis-à-vis de la région de la mer Noire». En outre, une diminution de la production prévue au Canada, un autre grand producteur et exportateur de blé, a renforcé les inquiétudes du marché. Cependant, la FAO a estimé que malgré ces problèmes de production constatés dans certains grands pays exportateurs, le marché mondial du blé «reste nettement plus équilibré que lors de la crise alimentaire mondiale en 2007/2008, et les craintes d'une nouvelle crise alimentaire mondiale ne sont pas justifiées à ce stade».
Les dernières prévisions de récolte de blé pour 2010 diffusées par la FAO «montrent un resserrement de l'offre et un risque d'augmentation du prix du blé par rapport à la saison précédente». Effectivement, les prix du blé ont connu une nouvelle semaine agitée sur le marché à terme de Chicago, alors que la sécheresse se poursuit en Russie, poussant le gouvernement américain à réduire sa prévision de récolte mondiale. Le département américain de l'Agriculture (USDA) a revu nettement en baisse son estimation de production au niveau mondial pour le blé. Il l'évalue à 645,73 millions de tonnes de blé pour la campagne actuelle, contre une précédente estimation de 661,07 millions de tonnes et après deux années de production record, à plus de 680 millions de tonnes. Sur les marchés internationaux, les prix du blé ont bondi de plus de 50% depuis juin dernier.
Pour le cas de l’Algérie, le pays risque de subir sérieusement les contrecoups des marchés mondiaux, d’autant plus que les récoltes de cette année sont en baisse en comparaison avec celle de l’année écoulée. Seulement 21% des 3,3 millions d’hectares de céréales avaient été récoltés le 4 juillet dernier. Le recours à l’importation s’annonce inévitable pour l’un des plus grands importateurs de blé de la planète. L’Algérie a déjà importé quelque 1,94 million de tonnes de blé au cours des premiers quatre mois de l’année en cours et, à la fin juin, le pays a acheté 400 000 tonnes de blé de mouture au prix de 194, 50 dollars la tonne, soit une facture totale de 77,8 millions de dollars.
