Les entreprises de travaux publics préfèrent le ciment importé
[El Moudjahid] Depuis quelques jours, le prix du ciment importé, essentiellement d’Europe, a grandement chuté atteignant la barre des 340 DA le sac. Très concurrentiel par rapport au ciment local, ce produit attire de plus en plus les entreprises de travaux publics et de construction, apprend-on, et ce en faveur d’une dynamisation des chantiers de développement.
Le ciment local produit par le Groupe des Ciments d’Algérie constitué de 12 entreprises publiques a atteint 380 dinars le sac. Ainsi, les entreprises de bâtiment et de travaux publics peuvent désormais profiter de cette baisse des prix et ont le choix de recourir aux produits d’importation. Cette baisse est due, atteste-t-on, à la « concurrence impitoyable entre les leaders internationaux dont le Suisse Holcim et l’Italien Italcementi » qui veulent approvisionner le marché algérien et contribuer à la satisfaction des besoins du pays qui dépasse les 20 millions de tonnes de ciment pour cette année. Voilà ce qui va, de l’avis des spécialistes, propulser davantage la dynamique de réalisation des chantiers engagés dans le cadre du programme quinquennal 2010-2014 et qui va écarter le souci d’approvisionnement des différents chantiers et projets de développement qui a émaillé les précédents programmes quinquennaux et qui a entravé le bon déroulement des projets. Le déficit en ciment a atteint, l’année dernière, près de 3 millions de tonnes. La spéculation sur le ciment poussait les entrepreneurs à payer un sac de ciment de 50 kg le double de son prix ou presque. De 450 DA à 500 DA le sac de ciment, il a atteint les 750, voire 800 DA dans certaines régions du pays. Pour cette année, le ministère du Commerce compte introduire de nouvelles mesures, éventuellement des marges plafonds de gros et de détail, pour réguler le marché local. L’année dernière, les marges bénéficiaires des grossistes pour le quintal ont été fixées à 80 dinars, les détaillants ont eu droit, quant à eux, à une marge de 120 dinars. La baisse du prix du ciment intervient alors qu’une amélioration du secteur du bâtiment a été enregistrée durant le premier trimestre de l’année en cours grâce aux innombrables chantiers de construction de logements et de travaux publics initiés par l’Etat. Les directeurs d’entreprises prévoient une augmentation de l’activité. L’industrie des matériaux de construction a poursuivi, durant le premier trimestre 2010 son dynamisme entamé dès le 4e trimestre de l’année 2009. Un dynamisme tiré par l’essor sans précédent qu’enregistre le secteur de l’habitat et des travaux publics. C’est la conclusion d’une enquête menée par l’Office national des statistiques (ONS) auprès des chefs d’entreprises, portant sur le type et le rythme de l’activité industrielle. Le secteur des matériaux de construction a connu au 1er trimestre 2010 une hausse de la demande et des prix de vente, une baisse des effectifs et un repli de la trésorerie. Après une stabilisation au cours du 3e trimestre 2009, l’activité industrielle a entamé depuis le dernier trimestre de l’an dernier sa progression qui s’est poursuivie durant les trois premiers mois de 2010. Rappelons que les capacités de production sont exploitées à plus de 92% par plus de 75% du potentiel de production, révèle le sondage de l’ONS. Selon cette enquête, plus de 86% des chefs d’entreprises ont déclaré que le taux de satisfaction des commandes en matières premières « est inférieur aux besoins exprimés », mais sans incidence sur les stocks, puisque seuls 2% ont subi des ruptures de stocks. Près de 15% des entreprises ont connu des arrêts de travail à cause des pannes d’électricité inférieures à 6 jours. En dépit de la hausse des prix de vente, la demande en matériaux de construction a augmenté durant le 1er trimestre 2010, selon les chefs d’entreprises sondés.
