En effet, la réunion du Luxembourg prévue pour demain est censée permettre aux deux parties signataire du document, de faire le point sur les résultats de cet accord qui fait l’objet de réserves de la part de l’Algérie notamment au titre du démantèlement tarifaire. La partie algérienne qui aspire à un rééquilibrage des rapports économiques avec le partenaire européen considère, en fait que, l’accord a beaucoup plus privilégié le volet commercial au détriment de l’investissement, revendication primordiale de notre pays. L’ambition de créer une zone de libre échange entre les deux rives dans un délai relativement cour soit en 2017 au moment où le pays entame une mise à niveau de son économie va sans nul doute pénaliser l’entreprise nationale et particulièrement la PME déjà fragilisée par l’ouverture du marché. Une appréhension qui justifie la démarche, somme toute légitime et logique de l’Algérie quant à la demande de révision du calendrier des listes des produits concernés par le démantèlement tarifaire, arrêtée en 2002 dans le cadre de l’accord d’association entre les deux parties. En fait, est-il utile de rappeler qu’à la faveur de cet accord, le volet économique et financier prévoit que la Communauté européenne s’engage, en contrepartie du démantèlement tarifaire à mettre en place, en faveur de l’Algérie, une coopération économique dans différents secteurs d’activités. Par ailleurs, la partie européenne a exprimé son engagement à apporter son assistance financière à notre pays pour atténuer, un tant soit peu, les répercussions induites par le démantèlement tarifaire et financer les actions retenues dans le cadre de la coopération économique. Le volet en question devait inclure des mesures censées concourir, d’autre part, à faciliter les échanges commerciaux bilatéraux. Sur un autre registre, le volet commercial prévoit la concrétisation, sur douze ans à partir de la mise en œuvre de l’accord, d’une zone de libre échange ce qui sous-tend, un démantèlement progressif, par l’Algérie, de tous les droits de douanes et autres taxes à l’importation sur les produis industriels originaires de la Communauté européenne selon un calendrier préétabli selon lequel une première liste doit inclure les produits à démantèlement immédiat autrement dit dès la mise en œuvre de l’accord (annexe II). La seconde liste doit comprendre des produits dont le démantèlement s’étend sur une durée de cinq années après deux années de la mise en œuvre de l’accord soit à partir du 1er septembre 2007 (annexe III) alors que la troisième liste inclut tous les produits autres que ceux répertoriés dans les annexes précédents. Dans ce cas précis, le démantèlement se fera sur une période de dix ans à compter de la date d’entrée en vigueur de l’accord. Des impositions qui constituent une réelle menace sur l’entreprise et le produit algérien face à la concurrence européenne et au déferlement attendu des marchandises de l’UE à l’issue du démantèlement tarifaire total qui interviendra dans les quelques années à venir. Ce sont là les principales appréhensions qui font que l’Algérie veut un rééquilibrage de ses rapports économiques avec l’UE dans le sens de la promotion des investissements directs qui demeurent en deçà de ses espérances mais aussi des exportations hors hydrocarbures vers le vieux continent.