Les investisseurs émiratis gardent confiance en l’Algérie
[Le Financier] Les investisseurs émiratis semblent garder confiance dans l’économie algérienne- en dépit des mesures prises dans le cadre de la Loi de finances complémentaire 2009- en matière de durcissement des conditions d’investissement, selon une récente enquête du cabinet d’intelligence économique londonien Oxford Business group (OBG).
Les investissements des Émirats arabes-unis (EAU), estimés à 27 ,2 milliards d’euros en 2008, ont, certes, reculé au cours de cette année à cause des répercussions de la crise financière et économique internationale, mais les investisseurs émiratis tiennent encore à l’Algérie. Preuve de cet intérêt, les hommes d’affaires émiratis sont en train de réorienter leurs investissements axés généralement dans l’immobilier sur d’autres secteurs économiques pour la création d’une valeur ajoutée. National Holding (NH), la société de participation privée d’Abu-Dhabi à qui appartient EIIC, en est un exemple de cette nouvelle stratégie des investisseurs émiratis. La société qui possède des investissements exclusifs en Algérie, a annoncé, en mai dernier, la restructuration de son portefeuille global en cinq grandes catégories commerciales : EIIC (investissements), Bloom (immobilier), Exeed (industrie), Rise (spéculation) et Petromal (énergie). Les activités de NH dans le secteur immobilier sont dominées par deux projets à grande échelle. Le plus éminent est le Parc Dounya qui devrait être un des plus grands parcs urbains du monde avec ses 800 hectares de superficie. En plus d’environ 630 hectares d’espace vert, le projet comprendra des complexes commerciaux et résidentiels de luxe, un centre commercial, une école internationale et un hôpital. Les travaux devraient débuter avant la fin de l’année, on attend le feu vert des autorités chargées des investissements. Le deuxième projet d’investissement immobilier de la société est l’Oran Waterfront, un très grand complexe touristique dans la deuxième plus grande ville d’Algérie. Il comprendra une marina, un aquarium et un musée de la mer, ainsi que deux hôtels cinq étoiles, des bureaux et des logements de luxe. La société a officiellement présenté le projet ce mois-ci aux autorités régionales et elle voudrait le soumettre au Conseil national de l’investissement d’ici la fin de l’année. Exeed, qui vient d’être restructurée, a récemment entrepris la construction d’une usine de câbles qu’elle a appelée Cablet El Djazaïr, qui vise à fabriquer un total de 45.000 tonnes de câbles de cuivre et 7.000 tonnes de câbles d’aluminium pour le réseau électrique du pays qui croît très rapidement. L’usine devrait être terminée dans les 18 à 24 mois. De plus, la société négocie actuellement l’achat d’un terrain pour la construction d’une ferme de fabrication de lait à grande échelle, Mahassil. Cette ferme, le premier exemple d’un investissement émirien dans le secteur agricole, produira 100 millions de litres de lait par année et 3.000 tonnes de viande. Selon le président de NH Algérie, les investisseurs émiratis considèrent de façon positive l’avenir de l’économie algérienne. «Les occasions abondent, surtout considérant l’excellent travail effectué par le gouvernement algérien en termes de développement de l’infrastructure routière et maritime, des logements sociaux, ainsi que du secteur de l’énergie», estime le patron de la société émiratie. Il ajoute que l’Algérie sera un centre pour les transactions nord-africaines de plus en plus nombreuses de la société. «Les changements récents opérés sur les lois sur l’investissement du pays avaient ébranlé la confiance des investisseurs étrangers en Algérie. Cependant, le précédent étant établi par les préférences de NH, on espère que l’enthousiasme émirien pour l’investissement dans le pays retrouvera le niveau qu’il avait avant la crise. La persistance et l’engagement des investisseurs étrangers seront probablement récompensés par un portefeuille diversifié d’occasions de développement à fort potentiel», commente OBG.
