Après une chute de 5,87 dollars sur les deux séances précédentes, soit plus de 8%, les cours ont connu une séance volatile. En effet, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre a terminé à 66,02 dollars, en hausse de 13 cents par rapport à la clôture de jeudi dernier.
A Londres, sur l'Inter Continental Exchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique a gagné 29 cents à 65,11 dollars. "Le marché reprend son souffle", ont conclu les experts, estimant que "les indicateurs économiques ont été décevants, ce qui a tempéré toute tentative de rebond stimulée par les propos du Président Obama sur le programme nucléaire iranien".
Pour leur part, les investisseurs ont mal accueilli le recul surprise des commandes de biens durables en août aux Etats-Unis, qui a rappelé aux investisseurs que si l'activité montre des signes de reprise, elle reste bien faible et la demande d'or noir aussi.
La remontée de l'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par l'université du Michigan, au plus haut depuis janvier 2008, a un peu nuancé le tableau. Le Président américain Barack Obama a, par ailleurs, révélé que les Occidentaux accusaient l'Iran d'avoir développé un site nucléaire secret, ce que Téhéran a démenti. Plusieurs responsables ont réclamé dans la foulée de nouvelles sanctions contre la République islamique. Ces tensions s'opposaient à un renforcement de la monnaie américaine, qui rend l'achat de matières premières, libellées en dollars, moins attractif en tant que protection contre l'inflation et pour les investisseurs munis d'autres devises.
Toutefois, et tout le monde est d’accord sur le sujet, l'Iran qui est le deuxième exportateur de pétrole au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), va continuer à exporter son pétrole et ses produits pétroliers et le monde va continuer à acheter leurs produits « parce qu'il en a besoin dans les raffineries en Asie et en Europe", ont jugé les analystes.
"Les courtiers doivent se méfier si la situation évolue vers un conflit militaire, car l'Iran se situe sur le détroit d'Ormuz, où transite 20% du pétrole consommé dans le monde", a cependant prévenu Phil Flynn, de PFG Best Research. Mais à court terme, "le marché est sous forte pression et il semble qu'il n'y a pas grand chose pour faire monter les prix", a-t-il estimé. Pour M. Flynn, les prix restent tirés vers le bas par l'importance de l'offre en Amérique du Nord.
"Il est surprenant de voir une réaction aussi modérée aux dernières provocations de l'Iran. On peut supposer que les investisseurs estiment que toute action menaçante pour l'offre (de pétrole) est lointaine, d'une part, et d'autre part qu'il y a assez de réserves pour compenser toute pénurie potentielle en provenance d'Iran", a expliqué Mike Fitzpatrick, de MF Global.
Les statistiques hebdomadaires du département américain de l'Energie sur les réserves pétrolières du pays ont montré une progression spectaculaire des stocks la semaine dernière. Ceux de brut ont, notamment monté à la surprise du marché, et de ceux des produits distillés, qui comprennent le fioul de chauffage et sont donc de plus en plus surveillés à l'approche de l'hiver en Amérique du Nord, ont progressé à leur plus haut niveau depuis 26 ans.
Pour sa part, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, à travers ses plus importants membres, a procédé l'an dernier aux réductions de production les plus massives de son histoire, retirant au total 4,2 millions de barils par jour du marché. Les producteurs, publics comme privés, ont fait savoir qu'à moins de 75 dollars le baril, ils ne pouvaient continuer à investir.
"Si la tendance (à la baisse) se poursuit pour les actions et les monnaies (l'euro face au dollar), on peut s'attendre à un départ plus massif des investisseurs des marchés de matières premières", prédisent les analystes.
Selon eux, "si la demande des produits raffinés ne s'améliore pas rapidement, les prix du brut vont se replier jusqu'à un niveau où l'Opep sera forcée de réduire encore son offre". Pour la suite des évènements, seul l’avenir nous le dira.