L'Etat a décidé de geler le découvert de la société estimé à près de 14 milliards de DA et a approuvé dernièrement, en Conseil interministériel, la mise en oeuvre du plan de redressement présentée par la direction de la SNTF. L'Etat pourrait même effacer ce découvert si la société parvenait à réaliser les objectifs qui lui sont assignés, a dit M. Tou. Le DG de la SNTF, M. Mourad Benamer, a affirmé que sa société «est gravement déstructurée financièrement», précisant que les résultats financiers de 2008 font ressortir un déficit de 6,5 milliards de DA. II a indiqué, en outre, qu'en 2008, les créances de l'entreprise étaient estimées à 1,4 milliard de dinars, les charges à 50 milliards de DA, la dette d'exploitation à 20 milliards de DA et les dettes d'aide à l'investissement à 34 milliards de DA, contre un chiffre d'affaires de 4,4 milliards de DA.
Autres mesures prises par le Conseil interministériel au profit de la SNTF concernent le prolongement des délais de remboursement des crédits pour l'acquisition d'équipement de chemin de fer, et cela, sur 40 ans. Le directeur de l'Entreprise a fait part également des subventions qui seront accordées par l'Etat pour les lignes déficitaires et des subventions pour les dettes d'exploitation qui sont de l'ordre de 20,160 milliards de dinars. «Ces subventions sont en étude au niveau du ministère des Finances et seront présentées prochainement au Conseil des ministres», a indiqué le DG de la SNTF. Pour ce qui est des coûts d'investissement et de projet global de l'entreprise, Amar Tou a confirmé que les pouvoirs publics ont alloué 80 milliards de dollars pour le secteur de 1999 jusqu'à 2014. Pour ce qui est des tarifs, le ministre a tenu à préciser que les tarifs de l'autorail seront les mêmes que ceux pratiqués dans les trains classiques, avec une toute petite différence. Pour ce qui est des tarifs du transport collectif en général, le ministre des Transports a précisé que les pouvoirs publics ont mis en place un fonds national pour la promotion du transport collectif. «L'Etat fixera les prix du transport collectif et soutiendra les prix, en prenant en charge le différentiel, s'il juge qu'il y a un grand écart entre les prix qui seront imposés et les prix de revient», a-t-il mentionné en faisant entendre que cette question est en cours de négociation.
Le ministre des Transports a jouté que les pouvoirs publics ont décidé en fait d'aider une entreprise au bord de la faillite, et que cette entreprise doit, en effet, respecter ses engagements pour atteindre les objectifs de performance. Le directeur de la SNTF a pour l'occasion dressé un tableau noir, sur tous les plans, concernant l'entreprise qu'il gère. Le 1er responsable de l'entreprise a reconnu que la SNTF est en perte de vitesse.