Pétrole : Les prix vers une remontée durable ?
[El Moudjahid] Depuis le mois de février, où il était coté à 35 dollars, le cours du baril brut a bondi de 50% pour être coté autour de 54 dollars hier. Les explications de cette hausse sont apparemment multiples : «succès du G20, effets des baisses de production de l'OPEP et anticipation par le marché d'un retournement de tendance pour les résultats publiés par les entreprises aux Etats-Unis».
Depuis le mois de février, où il était coté à 35 dollars, le cours du baril brut a bondi de 50% pour être coté autour de 54 dollars hier. Les explications de cette hausse sont apparemment multiples : «succès du G20, effets des baisses de production de l'OPEP et anticipation par le marché d'un retournement de tendance pour les résultats publiés par les entreprises aux Etats-Unis». Après le sommet du G20, l'optimisme est de retour sur les marchés et se traduit par une plus grande prise de risque de la part des investisseurs qui se portent vers les matières premières et les actions et délaissent les devises, en particulier le dollar. Certains stratégistes estiment que le baril de brut pourrait atteindre 60 à 70 dollars avant de rencontrer une résistance. «La demande physique pour le pétrole est en train de revenir et profite des décisions de l'OPEP», affirment les responsables des dérivés et matières premières chez Sumitomo Corp.
Selon notre ministre de l'Energie, Chakib Khelil, cité par l'agence Bloomberg, les baisses de production décidées en décembre par les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs et producteurs de pétrole (OPEP) ont contribué à stabiliser les prix du brut.
L'anticipation d'un retournement de tendance des résultats publiés par les entreprises constitue également un facteur de soutien pour le baril de brut et pour les actions. Certains observateurs pensent en effet qu'après avoir chuté de 37% au cours du premier trimestre 2009, la glissade des résultats des entreprises devrait être plus modérée au cours des 2e et 3e trimestres de cette année et qu'elle pourrait retrouver un chemin de croissance au cours du quatrième trimestre.
Les investisseurs notent toutefois que le principal soutien des actions à court terme restera les perspectives communiquées par les entreprises. Au cours du mois de mars, l'indice S&P 500 a connu sa plus forte hausse en 7 ans.
Selon le National Bureau of Economic Research et les données Bloomberg, l'indice américain a commencé à progresser en moyenne 5 mois avant la fin des périodes de récession en 1975, 1982 et 1991.
«L'optimisme tient bon, mais je pense qu'il s'agit d'un Bear-Market Rally», observe un responsable du courtage chez Saxo Capital Markets à Singapour, cité par Associated Press. «Tant que le marché du crédit ne se sera pas vraiment détendu, il est difficile d'envisager un rebond de long terme», ajoute-t-il. Mais comme la demande reste faible par rapport à l'offre, de telles envolées vont se révéler éphémères, a-t-il averti. A court terme, les prix du pétrole risquent de baisser, estime-t-il.
Signe que le marché pétrolier souffre encore d'un excédent de production, les stocks américains de brut culminent à des niveaux records depuis 1993 et la demande d'essence, dont le déclin avait pourtant semblé enrayé, est repartie en baisse la semaine dernière.
«Les marchés d'actions et le goût pour le risque des marchés mondiaux ont encore eu (la semaine dernière) une influence, mais cette semaine l'attention devrait se reporter à l'offre et la demande de pétrole, ce qui pourrait bien entraîner des prises de bénéfices après l'envolée récente des prix», a abondé Andrey Kryuchenkov, analyste de VTB Capital, ajoutant que «l'économie mondiale a encore du chemin à faire avant son rétablissement».
«Il faudra du temps avant que l'équilibre des marchés pétroliers ne redevienne structurellement tendu», estime lui aussi Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix.
Pour rappel, Chakib Khelil, a lui même estimé «difficile» dans «la conjoncture une augmentation du prix du baril de pétrole en raison du recul de la demande mondiale». Mais le maintien du système des quotas de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pourrait amener à un retour vers un prix entre 50 et 55 dollars le baril», avait-il ajouté.
Fin 2008, l'Opep s'est engagée à réduire de 4,2 millions de barils par jour (mbj) sa production pour retirer du marché l'excédent de production qui avait provoqué un effondrement des prix. Lors de sa dernière production, le 15 mars, elle a promis de respecter à 100% son quota de production de 24,84 mbj.
Le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a lui aussi estimé samedi dernier sur France Info qu'il y avait «de bonnes chances» pour que le prix du pétrole reste «à des niveaux raisonnables» pendant la période de crise économique.
