OPEP : divergences autour de la fourchette des prix du pétrole
[La Tribune] En ces temps de crise, une fourchette de prix du pétrole plus large variant entre 50 et 75 dollars est-elle raisonnable ? Des déclarations diffuses ont été faites, ces derniers jours, à ce sujet. Depuis plus d’une quinzaine de jours, les cours du brut se sont repris, dépassant de peu la barre des cinquante dollars, un niveau inespéré, il y a quelques mois.
L’appréciation des prix semble créer de «petites» divergences, pour l’instant du moins, dans le carré de l’OPEP. L’Arabie saoudite estimait, il y a quelques mois, qu’un prix de baril entre «60 et 75 dollars» était acceptable. Le royaume a cependant revu à la baisse ses ambitions puisqu’il soulignait, juste après la conférence ordinaire de l’OPEP du 15 mars dernier, qu’il faut un baril à 70 dollars. L’Algérie, par la voie du ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, veut des prix autour de 75 dollars. Les Iraniens, eux, souhaitent que les marchés se stabilisent autour d’un baril de brut à 100 dollars. Et les Qataris ? Le Qatar se satisfait d’un baril à 50 dollars. Son ministre du Pétrole Abdallah al-Attiyah déclare en effet que 50 dollars est un prix «raisonnable» pour 2009 compte tenu de la crise de l’économie mondiale. Et de détailler que l’économie mondiale traverse une récession et qu’il s’attend à ce que la «situation empire». L’avis du ministre qatari dont le pays est membre de l’OPEP n’a pas été partagé par le secrétaire général du Forum international sur l’énergie, Noe Van Hulst, pour qui les prix actuels «menacent les investissements» de l’industrie pétrolière. «Les prix actuels ne peuvent pas répondre aux besoins énormes d’investissement dans cette industrie dans l’optique de satisfaire la demande», a-t-il dit à l’ouverture de ce forum de deux jours dans la capitale koweïtienne. L’industrie du pétrole et du gaz a besoin de près de «12 trillions de dollars d’investissements d’ici à 2030, soit 500 milliards de dollars par an» pour maintenir l’équilibre du marché, a dit Hulst. Selon lui, les retards dans les projets et les investissements dans le secteur pétrolier risquent de mettre en péril l’approvisionnement du marché. Les prix du pétrole se sont brutalement effondrés en l’espace de quelques mois. Alors qu’ils frôlaient les 150 dollars en juin, ils sont tombés jusqu’à 32,40 dollars en décembre. Depuis le début de l’année, les cours évoluent entre 40 et 50 dollars. Hier, les prix du pétrole reculaient nettement dans les échanges électroniques cotés en Asie, suivant le reflux des marchés boursiers, selon des courtiers, cités par l’AFP. Dans les échanges matinaux, le baril de «light sweet crude» pour livraison en mai cédait 1,13 dollar à 51,25 dollars. Le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en mai reculait de 92 cents à 51,06 dollars. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui s’est réunie le 15 mars à Vienne, a décidé de maintenir sa production à son niveau actuel de 24,84 millions de barils par jour, et appelé ses membres à respecter à 100% leurs précédents engagements de produire moins. L’organisation pétrolière s’attelle aujourd’hui à retirer du marché huit cent mille barils par jour, un surplus nuisible pour la stabilité des cours. Elle se réunira fin mai pour discuter des marchés et décider, si le marché le nécessite, d’une nouvelle coupe dans ses quotas.
