Les investissements dans l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins civiles devraient être financés dans le cadre de partenariats et alliances stratégiques étrangers, ont estimé, hier, les participants à une session dans le cadre de la 6e Conférence stratégique internationale (CSI).
Ainsi, les intervenants à cette session ont reconnu que l'investissement dans l'utilisation civile de cette énergie, particulièrement dans la phase de démarrage, nécessite d'importants investissements à mobiliser dans le cadre de partenariats avec l'étranger. Le directeur de marketing du groupe nucléaire français AREVA, Jacques de Mereuil, a axé son intervention sur cet aspect en mettant en exergue la nécessité de mobiliser d'importants fonds pour les investissements en amont, notamment la recherche et l'exploration d'uranium ou encore la construction de centrales.
Selon lui, ces financements pourraient être rentabilisés après l'entrée en service des centrales construites, grâce à la compétitivité du coût de production d'énergie nucléaire par rapport aux autres sources comme le gaz ou le charbon.
S'agissant de l'annonce faite, dimanche dernier, par le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, quant à la construction, d'ici à 2020, de la première centrale nucléaire algérienne, M. de Mereuil a estimé que l'Algérie pourrait atteindre cet objectif dans un tel délai à la faveur du cadre réglementaire qui devrait être mis en place dans les tout prochains mois.
M. Khelil avait annoncé, dimanche, à l'occasion de l'ouverture de la CSI, que l'Algérie aura sa première centrale nucléaire dédiée à l'électricité en 2020. Selon lui, la construction de cette centrale interviendra après l'adoption, prévue début 2009, par le gouvernement du projet de loi sur l'énergie nucléaire.
Concernant le financement des projets, ce texte prévoit au début que les entreprises privées et publiques prennent en charge le financement des petits projets, alors que l'Etat financera les projets coûteux.
En outre, le consultant au groupe Sonatrach, M. Mahmoud Lomri, a affirmé, quant à lui, que ce projet de loi devrait lever les contraintes financières face au développement de l'énergie nucléaire civile en Algérie grâce, essentiellement, à la «pérennisation de la recherche dans ce domaine» et qui serait garantit par l'Etat.
Par ailleurs, le directeur du Commissariat national à l'énergie atomique (COMENA), M. Brahim Meftah, a précisé que le potentiel existant, quelque 30.000 tonnes d'uranium concentrées essentiellement dans l'extrême Sud de l'Algérie, demeure sous exploré et nécessite un renforcement de l'activité minière amont.
Actuellement, le nucléaire représente 14% de l'énergie électrique produite dans le monde, selon des chiffres avancés lors de cette rencontre-débat qui a précédé la clôture de la 6CSI.
Pour rappel, la quatrième édition de la Semaine de l'énergie en Algérie a été inaugurée, samedi, par le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, en présence du prix Nobel et expert en changement climatique et développement durable, M. Mohan Munasinghe, ainsi que de la commissaire européenne chargée de la concurrence, Mme Neelie Kroes.
Quelque 500 participants nationaux et étrangers ont pris part aux différents travaux de ce carrefour énergétique bi-annuel, placé cette année sous le thème «Le nouveau monde de l'énergie : des défis mais aussi des opportunités».

Sonatrach : une compagnie qui veut se hisser au topten
La société nationale des hydrocarbures, classée actuellement 12e au palmarès mondial, veut se hisser au rang de major dans les prochaines années. «Sonatrach est classée actuellement 12e au monde. Nous voulons qu'elle se place parmi les dix meilleures compagnies pétrolières», a déclaré hier, son PDG, Mohamed Meziane, expliquant par là le fait que loin de dormir sur ses lauriers, cette entreprise se remet tout le temps en question, d'où la tenue de l'édition 2008 de la Semaine de l'énergie.
Et pour cette fois, le challenge pour Sonatrach est très important, puisque cette importante manifestation a lieu à un moment où le secteur de l'énergie et des mines œuvre pour la consolidation institutionnelle d'une bonne gouvernance, notamment pour le nucléaire civil, dont la coopération connaît une nouvelle impulsion.
Cela d'autant que la compagnie algérienne intervient également dans d'autres secteurs, tels que la production électrique, les énergies nouvelles et renouvelables et le dessalement de l’eau de mer. Elle exerce ses métiers en Algérie et partout dans le monde où des opportunités se présentent.
Sonatrach est de ce fait la première entreprise du continent africain. Classée 12e compagnie pétrolière mondiale, elle est aussi 2e exportateur de GNL et de GPL au monde, 3e exportateur de gaz naturel et 1er en condensat.
Et c'est dans cette optique que la réforme institutionnelle du secteur rejoint l'ambition du groupe d'aller au-delà des résultats enregistrés et qui avoisinent les 80 milliards de dollars pour 2008. «Nous voulons aller de l'avant et cette Semaine de l'énergie va nous permettre justement de faire le bilan aussi bien négatif que positif de la compagnie. J'ai été très heureux de constater que des centaines de propositions ont émané de nos jeunes ingénieurs et cadres au cours de cette semaine. C'est la preuve que nous savons nous remettre en question», a résumé M. Meziane, fier de la relève qui commence à faire ses preuves en s'impliquant dans la destinée de son entreprise.
Néanmoins, une chose est sûre, désormais Sonatrach ne conçoit pas de développement économique sans un développement durable.