Forum international de la ressource humaine
[El Moudjahid] Une gestion efficace des ressources humaines sous-tend une nouvelle gouvernance dans l’entreprise en matière de répartition et de valorisation des compétences. Il s’agit de situer, en définitive, l’entreprise dans la logique des normes de développement requises par la conjoncture économique à travers la formation et la mise à niveau constante des ressources humaines selon les exigences du poste mais aussi le marché de l’emploi.
Or, en Algérie, constatent les experts invités au premier forum de la ressource humaine dont les travaux ont été ouverts, hier, à l’hôtel Mercure, sous le haut patronage du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, peu d’intérêt est accordé à ce volet.
Cette défaillance sera relevée par le ministre lui-même, M. Tayeb Louh, qui mettra en évidence le lien étroit entre la gestion des RH et l’impératif de développement. «On ne peut concevoir une vision claire sur le développement à moyen et long termes sans les ressources humaines», a-t-il affirmé. Le ministre évoquera dans le même contexte la problématique de la fuite des cerveaux, faute de considération pour dire la nécessité d’un cadre, voire même d’un observatoire pour les compétences, une suggestion qui reste à débattre proposera le ministre.
«Nous devons agir dans le sens de la valorisation de la matière grise nationale, car il existe des plans ‘’sous d’autres cieux’’ visant à attirer notre élite», indiquera M. Tayeb Louh. Le ministre plaidera, par conséquent, pour la formation de la main-d’œuvre nationale dans les domaines qui enregistrent un déficit dans la qualification, pour citer le cas du BTPH, au risque de perdurer dans la dépendance de l’étranger, notamment pour la réalisation des projets de grande envergure, sachant que 43.000 travailleurs étrangers ont été recrutés pour combler les défaillances en matière de qualification. Ces grands projets ont justement permis aux décideurs de cibler les défaillances en formation qualifiante pour élaborer un plan d’action adapté aux besoins exprimés par le marché. Le plan en question, adopté par le Conseil de gouvernement du 1er avril 2008, notera M. Tayeb Louh, est doté d’une approche économique et véhicule une formation qualifiante pour une meilleure insertion dans le monde du travail par l’encouragement de la formation à distance et sur site. Un système éducatif performant, accompagné d’une politique de formation adaptée aux besoins du marché du travail s’imposent comme condition essentielle à la réussite de ce plan, ajoutera le ministre. Il s’agira également, fera remarquer le ministre, d’adapter continuellement les programmes de formation pour être en adéquation avec la demande du marché. Pour l’expert, Mohammed Sadeg, professeur à l’EFC, la gestion des ressources humaines constitue un enjeu stratégique pour les entreprises dans ce nouveau contexte économique. Les entreprises doivent, par conséquent, rechercher “les conditions de réussite et les normes d’organisation”. Cet expert recommandera la valorisation du rendement individuel, la révision des relations de travail, la réduction des clivages hiérarchiques et la détermination des objectifs de développement outre une autonomie intellectuelle dans le cadre de la gestion des ressources humaines.
Le P-dg du groupe INSIM estime, quant à lui, que peu d’intérêt est accordé à la gestion des ressources humaines, notamment au niveau des PME, dont plus de 25% ont un caractère familial. M. Abdelhak Lamiri a affirmé que le système éducatif représente le fondement de la ressource humaine avant la formation qui doit bénéficier, à son sens, davantage d’investissement. L’intervenant plaidera, dans ce sens, pour un système de rémunération adapté et une répartition précise des tâches selon les compétences.
