L’économie suisse, médaille d’argent de la compétitivité
Le 14.10.08 par CCI/SA, dans Articles -# 1329 - RSS Commentaires
La Suisse se classe au deuxième rang, derrière les Etats-Unis et devant le Danemark, en matière de compétitivité économique. Tel est le classement établi par le rapport 2008/2009 du Forum économique mondial (WEF), publié hier, qui recueille l’opinion de 12 000 chefs d’entreprises dans 134 pays étudiés.
«L’économie suisse montre sa capacité à gérer la croissance », explique Thierry Geiger, économiste du WEF. Des louanges lui sont attribuées pour les dépenses élevées en matière de recherche et développement: ses instituts de recherche scientifique figurent parmi les meilleurs au monde et la collaboration étroite avec l’industrie favorise la commercialisation des produits et des procédés issus de la recherche fondamentale.Le cadre institutionnel, caractérisé par le respect de l’ Etat de droit, est également l’un des atouts majeurs du pays. Le haut niveau d’éducation est largement reconnu de même que la qualité des écoles de management et de l’enseignement dans les écoles d’ingénieurs.
Les Etats-Unis résilients
A l’inverse, si le savoir-faire suisse en matière financière est reconnu, la qualité du système bancaire est mise à mal. L’étude, qui a été réalisée avant la crise des banques de Wall Street et l’adoption du plan de sauvetage américain doté de 700 milliards de dollars, dégrade de la 1re à la 16e place en un an seulement, sur fond de crise pour UBS. «On peut s’attendre à une chute plus brutale l’année prochaine», a commenté Thierry Geiger.
«L’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, l’importance de la crise financière mondiale et le fléchissement qui en résulte pour les grandes économies obligent les décideurs politiques à relever de nouveaux défis en termes de politique économique», soulève aussi Xavier Salai-i-Martin, professeur d’économie à l’ Université de Columbia et coauteur du rapport. Malgré cela, le classement conserve toute sa valeur car il évalue la capacité d’une économie à absorber les chocs et à se rétablir rapidement, estime Margareta Drzeniek Hanouz, également auteur du rapport. Il faudra attendre l’édition 2009/2010 pour mesurer les effets du marasme financier sur l’économie mondiale. Tous les scénarios peuvent encore, d’ici là, s’enchaîner.
«Bien que la crise financière affecte déjà l’économie réelle, il n’est pas sûr que certains facteurs cruciaux de la compétitivité tels que l’éducation, la qualité des infrastructures et la capacité à innover seront touchés par le ralentissement, ajoute Thierry Geiger. Au contraire, nous pensons qu’ils pourraient favoriser la résilience des pays face à la crise.» Pour les économistes du WEF, la crise financière aux Etats-Unis n’enlève en effet rien aux facteurs qui sous-tendent la compétitivité de l’économie américaine et à sa forte capacité à surmonter les chocs économiques. Ils se disent toutefois soucieux des déséquilibres macroéconomiques, des déficits répétés et d’un endettement public croissant qui vont limiter leur marge de manoeuvre à l’avenir.
Tribune de Genève 9.10.2008

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