L’écocitoyenneté, creuset du développement durable
Dans le cadre des auditions annuelles qu'il dirige sur les activités des différents départements ministériels, M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, a présidé une réunion restreinte d'évaluation consacrée successivement au domaine de l'Aménagement du Territoire et à celui de l'Environnement.
En application des orientations du président de la République, le gouvernement a mis un œuvre plusieurs actions :
A - En matière d'Aménagement du Territoire
L'évaluation a porté plus particulièrement sur le bilan de la mise en œuvre de la politique territoriale à la faveur du Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) en tant qu'instrument de planification stratégique.
Il est constaté que la mise en œuvre du Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) a couvert simultanément ses quatre (04) lignes directrices :
1- La durabilité de nos ressources naturelles stratégiques,
2- Le freinage de la littoralisation et l'équilibre du littoral, l'option "Hauts Plateaux" l'option "Développement du Sud",
3- L'attractivité et la compétitivité du territoire par la modernisation et le maillage des infrastructures de transports, de logistique et de communication, le positionnement international des quatre grandes métropoles Alger, Oran, Constantine et Annaba,
4- L'équité sociale territoriale à travers le renouvellement urbain et la politique de la ville, le renouveau rural, et la revitalisation des territoires ruraux, le rattrapage et la mise à niveau de l'ensemble du territoire.
A travers la mise en œuvre de cet instrument fédérateur des ambitions du pays, l'évaluation a montré les transformations rapides et profondes que connaît le territoire de l'Algérie, grâce, d'une part, à un intense effort d'investissement et de travail dans les secteurs porteurs d'espoir et d'avenir tels que l'autoroute Est-Ouest, les barrages et grands transferts hydrauliques, le métro, le rail, les grandes infrastructures et réseaux énergétiques, les technologies de l'information, les grands ensembles d'habitations, le développement rural, l'éducation, la formation et la recherche dans tous ses paliers et, d'autre part, à une mobilisation intense des ressources humaines affectées à leur réalisation.
Par son ampleur et son caractère transversal, la mise en œuvre des chantiers des 20 programmes d'Actions Territoriales (PAT) constitutifs du Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) se concrétise au quotidien et sur le terrain à travers la prise en charge de la question de l'eau, du sol, de la protection et de la mise en valeur des différents écosystèmes du littoral, de la steppe, des oasis, des montagnes, et ce à travers la réalisation des infrastructures relatives à l'hydraulique, au transport, aux travaux publics, aux télécommunications, à l'énergie, au développement des zones rurales et au rattrapage des zones à promouvoir, et à l'équité territoriale entre la ville et la campagne.
Ces actions concourent ensemble à la réalisation des objectifs tracés en vue de relever les défis du développement économique et social et de concilier durablement la préservation des équilibres environnementaux et l'efficience économique et la compétitivité. Elles visent plus concrètement à ouvrir de grandes perspectives pour l'avenir de l'Algérie, de l'occupation rationnelle du territoire par la population et les activités, la création de nouvelles richesses en substitution aux hydrocarbures, la répartition équitable des emplois et des revenus et le rattrapage des déficits constatés.
Il est relevé que ces actions ont été engagées avec célérité à mesure de l'amélioration des ressources financières du pays à travers les différents programmes de développement économique, décidés par le Président de la République. Leur concrétisation s'accélérera encore davantage dans le prochain plan 2009-2013 et ce, à la lumière des enseignements tirés de l'évaluation de l'action publique dans les différents domaines, et de l'exploitation des données issues du récent Recensement de la Population et de l'Habitat en 2008.
Elle impliquera certainement des ajustements et correctifs pour une répartition encore plus volontaire, mieux organisée et mieux distribuée des activités économiques en vue d'assurer un développement équilibré qui puisse garantir les conditions de vie les meilleures, pour tous les citoyens et notamment pour la jeunesse, les localisations d'investissement retiendront toute l'attention voulue à l'avenir.
L'examen de la mise en œuvre du Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) à travers ses déclinaisons sectorielles reflétées dans les 20 Schémas Régionaux d'Aménagement du Territoire et quatre (4) Schémas Directeurs des Aires Métropolitaines d'Alger, d'Oran, de Constantine et de Annaba, en cours d'élaboration, a permis de mesurer les efforts intenses déployés par les acteurs institutionnels et économiques du pays.
B - En matière d'environnement
L'évaluation a porté successivement sur chacune des douze catégories d'actions qui constituent la stratégie environnementale du pays.
1- Le programme national intégré de gestion des déchets ménagers (PROGDEM)
Ce programme ambitieux, en cours de réalisation, est au cœur de la politique environnementale urbaine, il vise à éradiquer la pratique des décharges sauvages, à organiser et à gérer de manière plus efficace la collecte, le transport et l'élimination des déchets solides urbains et à aménager et équiper les 48 wilayas de centres d'enfouissement techniques (CET) et l'éradication des décharges sauvages.
Parallèlement au renforcement du rôle de la police de l'urbanisme et de l'environnement, les collectivités locales ont été dotées de moyens de collecte et de transport adaptés et de programmes de formation et de perfectionnement de leur personnel technique.
2- La qualité de l'air.
Dans le cadre de la mise en œuvre du plan national d'actions environnementales, quatre réseaux de surveillance de la qualité de l'air, ainsi qu'un laboratoire mobile pour sillonner les wilayas non dotées de réseau, ont été mis en place.
Concernant la pollution de l'air proprement dite, l'encouragement de l'utilisation du Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL) comme carburant moins polluant, a connu une forte progression durant ces dernières années.
3- La préservation de la biodiversité et des zones naturelles
Les actions prioritaires menées en ce domaine portent sur le renforcement des aires protégées, la création d'aires protégées pour la multiplication d'espèces animales menacées de disparition et l'aménagement de sites naturels.
4 - La préservation et ta valorisation du littoral
Pour réduire les activités non conformes à la vocation du littoral, et protéger la biodiversité marine, le cadastre du littoral et des plans d'aménagement côtier ont été élaborés conformément à la loi relative à la protection et la valorisation du littoral.
Dans le cadre de la protection des écosystèmes marins et la réhabilitation des espaces marins, il a été procédé au développement et à l'aménagement de quatre aires protégées (Chenoua, Anses de Kouali, Iles Habibas, Iles Rachgoun) ainsi qu'au lancement de la réalisation et de l'équipement des trois musées marins (Annaba, Tipaza , Oran).
Le Commissariat National du Littoral créé récemment, constitue l'instrument privilégié d'exécution de la politique de préservation du littoral.
5- L'éradication des déchets spéciaux
Des opérations de déstockage, d'élimination des déchets spéciaux, et de décontamination des sites pollués ont été engagées.
6- La dépollution industrielle.
Il est relevé que la dépollution industrielle connaît des avancées satisfaisantes et ce, en concertation avec les industriels.
La lutte contre les pollutions dans les points chauds, a enregistré des résultats exemplaires. Il en est ainsi du Grand Annaba, du complexe d'électrolyse de Ghazaouet où les émissions d'oxyde de soufre ont été réduites, de manière significative. Plus d'une douzaine de cimenteries ont procédé à la réhabilitation de leurs installations, permettant de réduire de 50% les émissions de poussières et de dioxydes de carbone. La cimenterie de Aïn Kebira, avec des performances environnementales conformes aux standards internationaux, est un cas d'école.
Dans ce cadre et pour mieux confiner et réduire la pollution industrielle, la dimension environnementale a été introduite dans les entreprises, c'est ainsi qu'il y a eu :
• la souscription de 120 contrats de performance par les entreprises,
• la mise en place de 1400 délégués à l'environnement pour mettre en œuvre des plans de dépollution de leurs entreprises respectives,
• la généralisation de la procédure d'étude d'impact sur l'environnement (EIE), 1580 ont été réalisées.
En matière de risques industriels: 800 études de danger ont été réalisées et 300 plans internes d'intervention ont été mis en place afin de prévenir et limiter les risques majeurs dans et autour des entreprises.
7- Les changements climatiques
Pour faire face au défi climatique global, l'Algérie, à l'instar de tous les pays, parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, a entrepris des initiatives et des actions à même de lutter contre cette menace qui constitue une inquiétude sans cesse grandissante pour la communauté internationale.
A travers le Plan Climat et les actions d'atténuation dans les secteurs des Ressources en Eau de l'Energie, du Tourisme, de l'Agriculture et des Forêts, du Littoral, du Transport, de la Santé, le gouvernement a pris en considération et intégré cette préoccupation majeure.
8- La protection de la couche d'ozone
L'Algérie respectueuse de la Convention de Vienne et du Protocole de Montréal dont l'objectif est de protéger la couche d'ozone, a engagé des actions pour la réduction des substances appauvrissant la couche d'ozone (SAO). Dans ce cadre, l'Algérie a éliminé 1850 tonnes de CFC, ce qui correspond à 85% de la quantité totale à éradiquer à l'horizon 2010.
• 30 projets sont achevés,
• 03 projets sont en cours.
9- Les énergies renouvelables.
La consommation énergétique nationale est à l'heure actuelle basée sur des ressources fossiles non renouvelables.
Il est relevé la nécessité pour le pays d'anticiper les évolutions pour tirer le meilleur parti de ses avantages comparatifs en augmentant le taux de pénétration des énergies renouvelables.
10-La formation.
La formation des acteurs publics et privés intervenant dans le domaine de l'environnement s'inscrit dans le cadre des missions du Centre National de Formation à l'Environnement (CNFE).
Ainsi, 2000 agents ont été formés dans une gamme de spécialités assez large.
11- La recherche scientifique
Il a été rappelé que le volet recherche constitue un aspect essentiel de la stratégie nationale environnementale, avec l'installation du Conseil scientifique dans le secteur, la recherche dans le domaine de l'environnement a connu une dynamique toute particulière qui a abouti à la mise au point d'un programme de recherche focalisé sur les préoccupations majeures du secteur de l'environnement.
12- La sensibilisation et l'éducation environnementale.
Outre, une politique active de communication et d'information des citoyens et d'un partenariat actif de l'Etat dans la préservation de leur environnement, l'Etat a généralisé l'éducation environnementale pour toucher 25000 établissements scolaires du pays (primaires, moyens et secondaires) véritables creusets de l'éco citoyenneté et permettre ainsi, à nos élèves d'être des acteurs dans la protection de l'environnement au sein notamment, des clubs verts.
Des actions de sensibilisation et de communication environnementale se sont développées dans différentes directions complémentaires ciblant notamment les jeunes et constituant des relais de la diffusion d'une culture éco-citoyenne.
A l'issue de l'examen de cette évaluation, le Chef de l'Etat a souligné la nécessité de prolonger l'intégration stratégique de l'aménagement du territoire au niveau local à travers le Plan d'Aménagement du Territoire de Wilaya (PAW), en tant que nouvel instrument d'orientation, de planification, de coordination intersectorielle et intercommunale des actions de développement conduites par les collectivités locales au titre de leur compétence dévolues par la loi.
Il a également relevé que l'appropriation collective et concertée du Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) par les différents partenaires : l'Etat, les collectivités locales, le partenariat public-privé et les citoyens, a permis l'amorce d'une dynamique sans précédent et d'une grande ampleur du développement, de l'aménagement, de l'attractivité et de la compétitivité du territoire national.
Dans ce contexte, le Président de la République a réaffirmé, encore une fois le rôle de l'Etat, des collectivités locales, du partenariat public-privé et des citoyens, dans la poursuite de la misé en œuvre du Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) dans toutes ses dimensions sectorielles, temporelles, et locales, il a réitéré la nécessité de faire participer encore plus les assemblées élues et les citoyens dans la concrétisation de ce grand dessein national garant de l'intégrité du territoire, et expression de l'unité nationale, de l'égalité des chances de tous les citoyens et de la cohésion sociale et ce au regard des enjeux et aux défis de la mondialisation et des évolutions technologiques.
Le Président de la République a conclu en rappelant que le Schéma National d'Aménagement du Territoire (SNAT) est une œuvre de longue haleine et une force d'orientation par l'action. Le plan national 2009/20013 devra être la première traduction de ce schéma.
Concernant l'environnement, le Chef de l'Etat a rappelé que toutes les actions de réduction des pollutions, des nuisances et de protection des écosystèmes doivent être poursuivies et amplifiées en impliquant l'ensemble des partenaires, en vue de l'amélioration continue du cadre de vie et du bien-être du citoyen.
