Numéro spécial de la Revue de la CCI/SA - Editorial
22.09.08
Vers une phase
d’essor de nos
relations économiquesLa Suisse bénéficie en Algérie d’un évident et historique capital de sympathie. On n’y oublie pas son rôle politique joué sur le chemin de l’indépendance. L’image helvétique est bonne, ses bases institutionnelles et son organisation économique suscitent la confiance.
Aujourd’hui, les Algériens connaissent mieux la Suisse que les Suisses l’Algérie. A la décharge de ces derniers, relevons que les changements en Algérie sont plus profonds et complexes que ceux enregistrés dans la relativement paisible Confédération. Les Suisses voient essentiellement dans l’Algérie ses ressources d’hydrocarbures et les effets économiques de celles-ci qui en font une puissance. Ils ont été touchés par les drames si douloureux qu’elle a vécus et l’insécurité qu’ils ont générée. La méconnaissance, les doutes, voire des craintes compromettent souvent des échanges et des partenariats utiles répondant à des intérêts partagés. L’Algérie détient un exceptionnel potentiel de développement touchant de nombreux secteurs et ses structures économiques se transforment. Ceci étant, elle a su préserver ses entreprises nationales phares et éviter leur démantèlement ou les bradages constatés dans certains pays. La très forte concentration au sein d’entreprises publiques réunies dans de grands holdings, qui caractérisait l’organisation économique du pays, laisse place à un redéploiement et à une redistribution des rôles. Les PME arrivent en force, elles représentent un atout exceptionnel pour l’avenir du pays. L’économie suisse n’est-elle pas formée pour l’essentiel de PME ? Si les grandes entreprises privées ou publiques ont des activités internationales soutenues, de nombreuses PME, animées par des entrepreneurs disposant de formations et de connaissances adaptées aux exigences nouvelles des marchés, s’ouvrent vers l’extérieur et s’intéressent à des partenariats et échanges commerciaux ou techniques.
Avant même que l’expression «Développement durable» ne soit retenue, la Suisse a toujours marqué son attachement à son patrimoine naturel, notamment alpin, et sa volonté de le préserver grâce à un développement qualitatif. Dans ce contexte des échanges de savoir-faire touchant notamment l’énergie (60% d’hydroélectricité), les transports, la gestion de l’eau et des déchets, l’ingénierie et le tourisme ou l’industrie des machines, la chimie, la pharmacie et l’agroalimentaire doivent être activés. A cela s’ajoutent naturellement aussi les services dans les domaines financiers, bancaires, de l’assurance, de la santé, de la distribution et, bien entendu, de la formation.
Les textes légaux donnent des assurances aux investisseurs et entrepreneurs étrangers. L’importance des réformes mises en place demande aussi des changements de mentalité à tous les niveaux qui répondent aux décisions du législateur. Il faut accepter que cela prenne parfois un peu de temps. Le nouveau développement et la réussite des échanges que nous souhaitons dynamiser entre nos deux pays dépendent de la qualité des dialogues engagés, de la clarté des objectifs fixés et du strict respect des règles de fonctionnement et des engagement pris par chacun des partenaires.
En se présentant au Comptoir Suisse de Lausanne avec une forte délégation et en y étant accueillie comme hôte d’honneur, l’Algérie apporte une contribution déterminante pour entrer dans la phase d’essor que nous souhaitons. Aux acteurs économiques suisses de saisir cette opportunité.
Claude Haegi, Président de la Chambre de Commerce et
d'Industrie Suisse Algérie (CCISA)
