Légère hausse des cours du pétrole
[La Tribune] Les cours du brut ont rebondi hier dans les échanges cotés en Asie, les marchés craignant des perturbations de la production dans le golfe du Mexique, qui pourrait être touchée par l’ouragan Gustav.
Dans les échanges matinaux, et selon une dépêche de l’AFP, le prix du baril de «light sweet crude» pour livraison en octobre gagnait 67 cents à 116,94 dollars le baril contre 116,27 dollars mardi soir à New York. Le baril de pétrole brent pour livraison en octobre gagnait, lui, 23 cents à 114,86 dollars. L’inquiétude des marchés risque de s’exacerber, des prévisionnistes indiquant que l’ouragan Gustav pourrait balayer le golfe du Mexique. Gustav, à l’origine une tempête tropicale, a été reclassifié en ouragan mardi dernier. Il a touché les côtes d’Haïti et devrait ensuite se diriger vers la République dominicaine, la Jamaïque et Cuba, a prévenu le Centre américain de surveillance des ouragans (NHC), basé à Miami (Floride, sud), rapporte l’AFP. L’ouragan, qui avance à 15 km/h avec des vents violents soufflant jusqu’à 150 km/h, a été classé en catégorie 1 sur l’échelle de Saffir Simpson, qui en compte 5. Les marchés pétroliers redoutent qu’il bifurque vers le golfe du Mexique où est concentré un quart des installations pétrolières des Etats-Unis, premier consommateur mondial d’or noir. Pour l’Institut de météorologie cubain (Insmet), Gustav pourrait gagner en puissance et atteindre la catégorie 2 ou 3 sur l’échelle Saffir-Simpson. L’ouragan a contraint certains groupes pétroliers, à l’exemple de l’anglo-néerlandais Shell, à prendre des dispositions. Shell a déjà annoncé qu’il «prenait ses dispositions pour évacuer du personnel non essentiel» à l’arrivée de l’ouragan. Etant donné qu’il pourrait redevenir un ouragan une fois dans le golfe du Mexique, on peut s’attendre à d’autres fermetures, par précaution, de plates-formes pétrolières, avant le week-end, selon les analystes. Par ailleurs, le marché attend le rapport hebdomadaire du département américain de l’Energie (DoE) sur les stocks pétroliers aux Etats-Unis. Relançant les craintes sur la robustesse de la demande mondiale, «les chiffres mensuels» du département américain de l’Energie ont fourni mardi dernier de nouvelles preuves de l’ampleur de la baisse de la demande, a souligné un analyste en citant une baisse de 4,5% de la consommation d’essence aux Etats-Unis lors des quatre dernières semaines, par rapport à la même période l’an dernier. Depuis quelques semaines, les cours de brut ont fortement baissé.
De 149 dollars, ils sont tombés à 114 dollars, la semaine dernière. Si cette tendance se poursuivait, l’OPEP pourrait réduire ses quotas. Des pays comme le Venezuela y sont favorables. En tout cas, la question devrait être discutée et tranchée, à l’occasion de la prochaine réunion de l’organisation pétrolière attendue pour le 9 septembre. L’OPEP tiendra une conférence extraordinaire en Algérie, programmée à la fin de décembre prochain.
