De nouvelles mesures en faveur de éleveurs ovins
[El Moudjahid] 21 milliards de dinars ont été affectés à l’achat de 3 millions de quintaux d’orge destinés à l’alimentation du bétail.
Le chef du gouvernement, M. Abdelaziz Belkhadem, a annoncé hier, d'autres mesures visant à la sauvegarde de la richesse nationale des ovins, estimée à 20 millions de têtes et la protection des revenus des éleveurs.
Dans une allocution prononcée lors d'une rencontre commune entre l'Union nationale des paysans algériens (UNPA) et la Chambre nationale de l'agriculture (CNA) consacrée à l'activité de l'élevage, M. Belkhadem a fait savoir que 21 milliards de dinars ont été affectés à l'achat de 3 millions de quintaux d'orge destinés à l'alimentation du bétail.
L'Etat, a-t-il rappelé, subventionne le quintal d'orge à raison de 2.150 DA, puisqu'il est cédé aux éleveurs à 1.550 DA le quintal, alors qu'il revient à l'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) à 3.700 DA le quintal.
Les démarches entreprises par l'OAIC pour l'achat d'orge permettront, estime M. Belkhadem, d'assurer les premières livraisons durant le mois de juin 2008, précisant que sur le stock actuel de l'OAIC évalué à 62.000 quintaux, 29.000 quintaux ont été livrés à différentes wilayas affectées par la sécheresse.
Revenant sur les mesures initiées récemment par le Gouvernement et saluées par les éleveurs, M. Belkhadem cite la suspension totale de l'importation de viandes ovines jusqu'au mois d'août 2008.
Il citera également l'instruction donnée pour que les périmètres steppiques mis en défens soient ouverts au pacage, soit près de 80 % de ces superficies, représentant 2,4 millions d'hectares.
Une instruction a également été donnée à la Direction générale des forêts (DGF) en vue d'étudier les conditions d'ouverture des parcours des forêts pour alléger la tension sur les aliments de bétail, précise le chef du gouvernement.
Rappelant les dispositions engagées pour procéder à l'adaptation du code pastoral qui est en cours de finalisation, M. Belkhadem a indiqué qu'un projet de texte législatif sera proposé prochainement au Gouvernement.
A cet effet, fait-il remarquer, une bonne partie des partenaires et utilisateurs des terres de parcours a été associée pour l'élaboration de ce texte.
Par ailleurs, a-t-il ajouté, un groupe de travail a été mis en place en vue de l'élaboration d'une stratégie cohérente de l'élevage en général, appelant les éleveurs à mieux s'organiser pour permettre de mieux prendre en charge leurs problèmes en les associant à toutes les décisions concernant leur filière.
Ces mesures, souligne M. Belkhadem, sont compatibles avec l'effort de solidarité de la Nation, en précisant que ces mesures ''n'ont pas été des promesses uniquement'' puisque la mise en oeuvre d'un bon nombre d'entre elles a été immédiate", citant la suspension de l'importation des ovins et le renforcement de l'approvisionnement en orge.
Dans ce contexte, M. Belkhadem a rappelé que "la politique pastorale est une politique indissociable de la politique agricole que le gouvernement entend poursuivre avec persévérance au profit de notre population rurale, de notre patrimoine et de notre indépendance alimentaire."
D'autre part, M. Belkhadem a indiqué que ces mesures interviennent au regard des conditions climatiques peu clémentes durant ces 10 dernières années, relevant qu'un déficit pluviométrique moyen de 60 % est enregistré dans les zones steppiques, provoquant une insuffisance en aliment du bétail qui, par les perturbations sur le marché, ont conduit à une spéculation sur les prix.
Devant ce constat, M. Belkhadem a souligné la nécessité de poursuivre les efforts visant à trouver des solutions aux problèmes des éleveurs de cheptels, notamment dans les zones steppiques affectées par la désertification et concentrées essentiellement dans les territoires de 18 wilayas.
Les zones pastorales se caractérisent par une triple dimension sociale, économique et écologique et "mobilisent l'attention des pouvoirs publics pour la prise en charge de ces territoires et notamment leur développement", a-t-il noté.
A ce propos, M. Belkhadem a rappelé les résultats des différents plans de développement, notamment le PNDAR qui a permis la stabilisation de l'activité pastorale sur plus de 5 ans en réhabilitant 3 millions d'hectares, dont 230.000 hectares de plantations pastorales.
Cette action, qui ne représente que 10 % de l'espace des parcours, a permis, selon le chef du gouvernement, l'amélioration de la production de fourrage passant d'une moyenne de 60 kg équivalent d'orge à 300 kg équivalent orge.
Elle a également permis la densification du réseau d'abreuvement du cheptel et l'alimentation des populations pastorales par la réalisation de plus de 7.000 points d'eau dont la densité est passée de 6.400 ha à 2.400 ha.
Cette opération, poursuit M. Belkhadem, a concouru à la réalisation d'accès aux parcours inutilisés et à l'enregistrement d'un impact favorable sur le poids de la carcasse d'ovin qui
est passée en moyenne de 15-16 kg à 22-25 kg. Une meilleure répartition du cheptel, tel sur le territoire des parcours, a également été enregistrée.
Ces programmes ont également porté sur la protection sanitaire du troupeau par la vaccination de 14 millions de têtes les plus exposées car évoluant dans les zones steppiques. A ces résultats s'ajoute l'amélioration des conditions de vie des populations pastorales par l'électrification en énergie solaire de plus de 4.000 foyers isolés et la création de 140.000 emplois, précise M. Belkhadem.
Cette dynamique d'intervention a été confortée, en 2002, par la création du Fonds de lutte contre la désertification et de développement du pastoralisme et de la steppe (FLCDDPS) qui a permis la réalisation d'actions collectives.
C'est ainsi, explique-t-il, que 807 projets ont été initiés en faveur de 147.000 ménages avec une dépense publique de 25 milliards de dinars.
Sur cette enveloppe, un montant de 625 millions de diants représente l'apport des populations, reproduisant ainsi l'approche participative dans la formulation et l'exécution des projets.
