La dureté du marché mondial a bien montré qu’il était difficile pour un pays a fortiori ayant des retards importants à surmonter, de pouvoir se départir d’une telle ligne de conduite. La stratégie industrielle doit servir à satisfaire les ambitions qui sont les nôtres et la principale d’entre elle place l’appareil productif sur les rails de la compétitivité, de l’innovation et de la croissance. Le ministère de l’Industrie, qui s’affiche comme pilote de cette stratégie industrielle, a déjà bouleversé son organigramme pour le rendre conforme aux objectifs à atteindre et aux secteurs et branches à promouvoir. L’articulation de la politique de privatisation avec la stratégie industrielle vaut aujourd’hui par des mesures de restructuration et de modernisation. Elle vient de recevoir de la part du ministère de l’Industrie une poussée significative. Treize grandes sociétés d’Etat ouvertes au capital privé ont été constituées par le ministère, selon le premier responsable du secteur. M. Hamid Temmar affirme vouloir en faire des locomotive de la croissance économique. Les secteurs et branches privilégiés vont à la pétrochimie, la pharmacie, la sidérurgie, le transport aérien, les travaux publics, la cimenterie. Il s’agit là d’indicateurs de la volonté du gouvernement de donner tout leur chance à des secteurs et branches où l’Algérie peut présenter des avantages comparatifs. Il nous faut faire face à cette étape, semble suggérer le ministre de l’Industrie, en prenant conscience de l’effort qu’elle exige. Les échéances seront respectées si l’adaptation de l’appareil productif se poursuit en écartant les déséquilibres qui peuvent le menacer, dans le domaine des échanges, des investissements, de l’emploi. C’est à travers le partenariat que le gouvernement pense pouvoir trouver des solutions adaptées. La décision d’ouvrir le capital des 13 grandes sociétés d’Etat, va dans ce sens. Leur mise à niveau à travers l’ouverture du capital leur permettra d’aller vers la compétitivité internationale, soutient le ministre. Le premier responsable du secteur estime que la stratégie ainsi abordée permettra d’aller à la globalisation dans les meilleures conditions. Il y a une vision très précise qui est véhiculée à travers les décisions prises. Cela n’est pas le fait du hasard, est-il dit. L’autre grand levier va aux PME, dont la mise à niveau est placée au rang d’impératif économique. Aujourd’hui, ces entreprises s’avèrent peu innovantes sur le plan technologique et insuffisamment ou pas du tout exploitables. Leur faible taille est-elle la seule explication naturelle de tous les maux ? Très souvent il est apparu que ces entreprises naissent d’un besoin d’activité de leur promoteur, rarement d’un projet industriel. C’est une explication. Il y en a d’autres. Le ministre de l’Industrie souhaite voir une harmonisation entre les différents programmes de financement de mise à niveau. Les pouvoirs publics entendent, au nom de la stratégie globale en matière industrielle, poser ainsi les bases d’une politique de développement industriel à moyen et longs termes et marquer par des décisions concrètes leur volonté d’apporter à l’industrie un soutien actif pendant la période difficile qu’elle traverse présentement. Il y a des faiblesses structurelles qui paraissent en grande partie la cause d’autres faiblesses constatées dans différents domaines. Adapter l’industrie nationale aux réalités du marché n’implique pas seulement que l’on porte remède aux handicaps qui entravent encore son essor, mais aussi que les producteurs se préparent à la concurrence et s’organisent pour la conquête des marchés. La promotion des ressources humaines est un facteur déterminant de la croissance du secteur, qui aiderait à s’adapter aux transformations attendues. M. Hamid Temmar estime, pour l’occasion, que le secteur présente des déficits en matière d’expertise. Il en appelle à un soutien plus important au développement des ressources humaines et une adaptation de l’offre à la demande. Une telle politique ne peut réussir que si elle mobilise les esprits, l’administration économique, les producteurs dans toutes les phases de son application. Traduire les grands objectifs contenus dans le projet de stratégie industrielle en politiques concrètes oblige à insérer celles-ci dans une vue à long terme. L’expérience montre que les grandes tendances sont assez généralement frappées d’inertie et que le désir de les infléchir implique une constance de vues et d’actions que seules peuvent prétendre maintenir des politiques cohérentes et clairement affichées, adossées à une volonté publique de contribuer à les mener à terme.