"Les prix n'augmentent pas à cause d'un manque de production mais plutôt de l'impact de la spéculation", a indiqué à la presse M. Khelil en marge d'une rencontre organisée au siège de Sonatrach. M. Khelil, qui est également président en exercice de l'Opep, a expliqué que cette flambée des cours de pétrole ''n'est pas liée au manque de production mais à la dévaluation du dollar qui a donné l'opportunité aux spéculateurs d'investir dans le pétrole". Les investisseurs se sont orientés vers le pétrole et l'or car "il n'y avait plus de possibilité d'une bonne rentabilité dans le secteur des bourses qui ont beaucoup perdu de leur valeur", a-t-il souligné. Le ministre algérien a, ainsi, rejeté l'analyse selon laquelle l'Opep aurait contribué par sa décision de maintien de sa production en précisant que cette décision, prise en début mars en cours par l'organisation, a été avalisée ''en tenant compte de la situation du marché qui est bien approvisionné avec des stocks de brut qui sont plus que suffisants par rapport à la moyenne des cinq dernières années ". Faisant allusion à l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui avait rejeté dans son dernier rapport les hypothèses des analyses qui attribuent le niveau actuel des prix à la seule spéculation, M. Khelil a souligné : "Comment certains affirment que l'Opep contribue à une envolée des cours alors qu'ils avancent en même temps que la demande mondiale en pétrole va baisser au 2e trimestre à cause de la crise économique ?''. L'AIE, rappelle-t-on, avait revu à la baisse la demande mondiale en pétrole pour l'année 2008 de 87,6 millions de barils/jour à 87,5 mbj. Logiquement, une révision à la baisse de la demande pétrolière ne devrait pas conduire à une augmentation de la production, et ce, afin de maintenir des prix équilibrés, explique-t-on.

Selon les prévisions du président de l'Opep, la demande en brut reculerait de 1,4 mbj au 2ème trimestre en raison de la crise économique aux Etats-Unis. M. Khelil, a par ailleurs, soutenu que les prix élevés du pétrole n'ont pas d'impact sur la croissance économique mondiale. Dans ce sens, il a fait remarquer qu'entre 2000 et 2005, le baril de pétrole avait également enregistré de fortes hausses passant de 20 jusqu'à 60 dollars. Cependant, malgré la flambée des cours durant cette période précise, il avait été constaté ''une progression constante de la croissance mondiale et une absence d'inflation'', a-t-il observé. Sur ce dernier point, le ministre a indiqué que le problème d'inflation se pose actuellement car ''la valeur du dollar a baissé et les pays dont les monnaies y sont indexées directement connaissent une inflation importée".