Bonnes performances macroéconomiques pour l’Algérie en 2007
[El Moudjahid] La Banque mondiale a relevé de bonnes performances macroéconomique enregistrées par l’Algérie en 2007 tout en soulignant que le programme quinquennal des investissements publics lancé par l’Algérie en 2005 va permettre notamment aux secteurs de l’habitat, des transports et de l’agriculture de créer et de promouvoir l’emploi dans ces activités et dans les secteurs connexes.
Dans une récente étude intitulée ’’Perspectives pour l’économie mondiale 2008 : Moyen-Orient et Afrique du Nord’’, la BM cite le cas de l’Algérie, pays à revenu intermédiaire, où elle souligne que les revenus tirés des hydrocarbures se sont légèrement accrus. ’’Ce qui a entraîné une légère hausse de l’excèdent du compte courant algérien’’, précise-t-elle. L’institution de Bretton Woods souligne également que le taux de croissance hors-hydrocarbures de l’Algérie a atteint de bonnes performances en s’établissant à un niveau de l’ordre de 6 % en 2007. Abordant les investissements directs étrangers (IDE), la BM constate que ’’l’accélération des flux (des IDE) observée en Algérie et dans d’autres pays exportateurs de pétrole s’accompagne d’une rapide croissance de la demande intérieure’’. Elargissant son étude aux pays du MENA dont l’Algérie fait partie, la BM note que le taux moyen de croissance du PIB des pays de cette région a atteint son niveau le plus élevé depuis dix ans en 2006 et en 2007 en se situant à 4,9 %. Selon les prévisions de la BM, le taux de croissance de la région MENA devrait grimper à 5,4 % en 2008 à la faveur de la hausse des prix du pétrole. ’’La poursuite de l’augmentation des revenus tirés des hydrocarbures par les pays (à revenu élevé) de la région (MENA) exportateurs de pétrole a contribué de manière déterminante à soutenir la croissance à la suite de la flambée des cours mondiaux du pétrole qui ont atteint presque 100 dollars le baril vers la fin de l’année’’, soulignent les mêmes sources. Les entrées sans précédant des IDE, l’ampleur des liquidités et la robuste demande intérieure ont été autant de facteurs de croissance dans toute la gamme très diverse des pays de la région MENA, ajoute l’étude. Les revenus pétroliers des pays à revenu élevé de cette région ont augmenté de 13 % pour atteindre 382 milliards de dollars, ce qui leur a permis de poursuivre le financement de leurs programmes infrastructurels et sociaux tout en accroissant leurs considérables réserves de change, selon la BM. Soulignant la rapide dévalorisation du dollar et ses effets pervers dans la région, les auteurs de l’étude soulignent que les exportateurs de pétrole ont constaté que leurs entrées de fonds en dollars perdaient rapidement de leur valeur par rapport aux factures en euro, monnaie en laquelle sont libellées une grande partie de leurs importations, de sorte qu’ils ont subi une forme de détérioration de leurs termes d’échange.
S’agissant des IDE, l’étude indique que ces derniers commencent à stimuler fortement la croissance dans les pays MENA qui, au fur et à mesure que leurs reformes progressent, présenteront de plus en plus d’attrait en matière d’investissements. Ces entrées, qui avaient déjà doublé en 2005 pour s’établir à 46 milliards de dollars, se sont accrues de 38 % pour atteindre 64 milliards de dollars en 2006. Dans le groupe des exportateurs de produits diversifiés, la contribution des IDE au PIB a doublé pour passer de 3 % en moyenne sur la période 2000-2004 à 5,6 % en 2006. Les flux des IDE visent principalement le secteur des services, notamment la finance, les télécommunications, l’immobilier, ainsi que les industries des hydrocarbures et activités connexes. Abordant les perspectives qui s’offrent a moyen terme aux pays MENA, les analystes de la BM estiment que ’’la progression du PIB des pays exportateurs de pétrole devrait, selon les projections, être de 4,7% en 2008 puis revenir à 4,6% en 2009’’, dans le cas d’une baisse des cours de pétrole. Tablant sur un cours moyen du pétrole de 84 dollars le baril durant l’année 2008, la BM avance que cela aidera les pays exportateurs de pétrole de la région à maintenir leurs revenus à niveau leur permettant la poursuite du financement des importantes dépenses requises par leurs programmes d’investissements.
