Cette somme colossale va servir notamment à investir dans l’amont pétrolier et le développement de la pétrochimie.
Evoquant la situation internationale actuelle, le ministre a souligné : "La croissance de la consommation qui s’est accentuée depuis le début de cette décennie est appelée à se maintenir longtemps" aidée par la forte demande des pays émergents tels que la Chine, l’Inde et le Brésil.
M. Khelil a expliqué que si de telles perspectives "pourraient induire un optimisme" chez les pays détenteurs de ressources d’énergie, elles soulèvent toutefois des défis pour tous les acteurs (pays producteurs, l’industrie et pays consommateurs).
Parmi les défis soulevés par ces perspectives de consommation de l’énergie figure la question de la disponibilité des ressources à long terme.
Sur ce point, M. Khelil a indiqué que l’évolution de la technologie a "repoussé les limites des ressources accessibles", citant en cela l’exemple de l’Algérie qui a plus que renouvelé ses réserves de pétrole par rapport au début des années 1970.
Aussi, comme il le précisera, les ressources prouvées dans le monde en pétrole et en gaz sont suffisantes pour couvrir les besoins de l’économie mondiale pour des décennies encore. «D’ailleurs les réserves prouvées font état d’une disponibilité de 1.200 milliards de barils et de 180 trillions de m3 de gaz. Donc il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’une raréfaction des énergies fossiles», a-t-il dit.
Le président de l’Opep ira plus loin en estimant que le réchauffement planétaire va ouvrir d’autres étendues et donc de nouvelles perspectives de découvertes d’importantes réserves, précisant que, désormais, les défis de l’offre sont essentiellement des défis d’investissements.
A ce sujet, le ministre algérien a noté que les pays producteurs-exportateurs notamment du Moyen-Orient et d’Afrique, ont "consenti des efforts louables" pour "assurer un approvisionnement satisfaisant" de l’économie mondiale.
Le ministre a soutenu dans ce sens que l’ajustement des prix de pétrole a été "rendu nécessaire" par les besoins d’investissements pour mettre à disposition des consommateurs des ressources additionnelles.
Par ailleurs, M. Khelil a constaté que le nouveau contexte des prix élevés de pétrole "a permis a plusieurs pays producteurs une relance de leur croissance économique". A ce propos, M. Khelil, a expliqué que l’Algérie à l’instar des autres producteurs "adapte ses politiques pétrolières et énergétiques à l’évolution du monde" afin d’assurer un développement soutenu.
Le ministre, qui a exposé avec précision la stratégie de l’Algérie en matière d’hydrocarbures, est revenu sur les réajustements entrepris récemment par Sonatrach dans l’amont pétrolier.
D’après lui, Sonatrach va privilégier désormais dans ces prochains appels d’offres les partenaires pouvant apporter de la technologie et du savoir-faire en matière d’expériences, de technicité, d’équipements, et même de management.
Revenant sur la question récurrente de la facturation du pétrole, le ministre, s’est limité à dire que la Banque d’Algérie "gère assez bien la situation et qu’il n’est pas nécessaire pour l’Algérie de changer de monnaie de facturation de son pétrole "puisque la monnaie de référence du pétrole est le dollar".
Pour ce qui est des défis actuels que le groupe algérien entreprend, celui de la promotion des ressources humaines, formation des compétences, acquisition des dernières connaissances dans le domaine des hydrocarbures, et surtout la préparation d’une relève, est «la priorité des priorités», a enfin indiqué M. Chakib Khelil qui a spécifié que les manques dans ce domaine commencent à se faire sentir, «à nous de nous préparer à cette situation», a-t-il enfin signalé.