La privatisation a touché 500 entreprises sur 1 200
[La Tribune] Le processus de privatisation des entreprises publiques est passé, depuis seulement quelque temps, à sa vitesse de croisière. Ce n’est qu’entre 2001 et 2005 que l’Etat a finalisé 270 opérations de privatisation.
Notons que 94% d’entre elles ont été concrétisées au cours du second semestre 2005. Durant cette année (2005), les privatisations réalisées ont été de l’ordre 102, 30% de ces dernières ont été finalisées avec des opérateurs économiques étrangers. Particulièrement en 2004, neuf privatisations complètes ont eu lieu, quatre partielles, 23 cessions d’actifs et 10 opérations de partenariat. Entre 1995 et 2006, environ 396 entreprises ont été privatisées, soit une moyenne de 35 par an. A ce rythme, les spécialistes estiment qu’«il faudrait environ 23 ans pour mener complètement à terme le programme de privatisation» des 1 200 entreprises concernées par cette opération. Cependant, aujourd’hui, et avec l’accélération de la cadence des privatisations ces deux dernières années, le Conseil de participation de l’Etat se réunit deux fois par mois pour traiter des dossiers qui lui sont soumis par le ministère et par les Sociétés de participation de l’État qui initient les offres et les négociations. A ce jour, et douze années après (1995 fut la date du lancement dudit programme de privatisation), l’Etat a privatisé 500 entreprises publiques, sur les 1 200 proposées à la privatisation, ce qui représente 40% du tissu industriel proposé aux opérateurs économiques nationaux et étrangers, a annoncé, mardi dernier à la presse, le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, M. Hamid Temmar. Toutefois, les portefeuilles des Sociétés de gestion des participations (SGP) resteront lourds concernant les 700 entreprises pour lesquelles il faudrait trouver des repreneurs. Les acquéreurs nationaux ont bénéficié de plusieurs formes de facilité de paiement. Les repreneurs ne versent cash que 30% du montant de la cession alors que les 70% restants seront réglés sur une échéance de cinq ans. Le dossier de privatisation n’a pas connu le succès escompté puisqu’il s’agit d’une question complexe engagée par un pays comme l’Algérie qui a traversé une période de turbulences le secouant à tous les niveaux, partant de la sécurité de la population jusqu’à l’économie nationale qui a été réduite à néant durant la dernière décennie noire. Les spécialistes jugent que cette opération, bien qu’elle se déroule d’une façon positive, traîne des lacunes. Aujourd’hui, avec l’ouverture du marché algérien, la privatisation s’impose puisqu’elle est préférable au statu quo : «Pour la simple raison que, si on ne fait rien, l’économie va déraper et les déficits des entreprises augmenteront davantage. La privatisation est donc inévitable. Aujourd’hui, il y a une meilleure volonté des pouvoirs publics et un consensus de l’ensemble des partenaires sociaux pour mener à bon port cette opération. Il y a, également, certains aspects négatifs qu’il faudrait corriger pour faire une bonne privatisation», a expliqué M. Abdelhak Lamiri, P-DG de l’INSIM, et professeur en économie, lors de ses interventions devant la presse. Le processus de privatisation, selon les observateurs, a été «prématurément» lancé. L’Etat devrait, selon ces derniers, lancer un programme de filialisation des entreprises par secteur puis par branche d’activité afin de pouvoir accroître leurs chances dans le processus, chose qui n’a pas été faite. Par contre, aujourd’hui, on parle d’une nouvelle stratégie industrielle ! Celle-ci devrait avoir lieu avant le lancement des privatisations, notre pays, d’après des connaisseurs du secteur, manquant de stratégie d’intégration de l’économie mondiale, un travail qui doit être conçu par des experts maîtrisant toutes les données de l’économie nationale. Ce qui facilitera la tâche aux différents ministères, c’est l’application de la stratégie de privatisation, mais cela ne peut être mené à bon port avant la création d’un marché financier. C’est d’ailleurs l’un des maillons de la réussite des opérations de privatisation. Il est utile de rappeler que la valeur du marché de l’ensemble des entités économiques constituant le secteur public a été estimée, en 2004, à pas moins de 800 milliards de dinars.
