La station d’El Hamma opérationnelle en février 2008
[El Moudjahid] Avec un retard de quelques semaines, la station de dessalement d’eau de mer à El Hamma devrait être réceptionnée en février prochain, ont assuré à El Moudjahid des responsables du secteur.
Cette station, qui est la plus importante prévue pour la capitale avec pas moins de 200.000 m3 par jour, va assurer plus de 30% de la consommation de la population algéroise, selon les estimations des experts. Elle est financée en partie par l’Algerian Energy Company (AEC), qui est une société mixte (Sonatrach/ Sonelgaz/ ADE), en partenariat avec l’entreprise américaine Ge/Ionics (70%) et réalisée par l’entreprise égyptienne Orascom Construction Industries (OCI), pour un montant total de 250 millions de dollars US.
Les travaux de gros œuvre étant déjà en passe d’être achevés, les équipements acquis à 90% et l’engineering achevé à 100%, les tests techniques sur les équipements et structures ont été concluants, selon les responsables rencontrés sur site qui ont indiqué que sa mise en production est «en phase finale». Des responsables qui ont également précisé que toutes les études d’impact sur l’environnement ont été achevées et que l’eau dessalée sera transférée à l’ADE, qui, elle, se chargera de son acheminement et de sa commercialisation.
Pour rappel, ce projet inédit entre dans le cadre d’un programme de réalisation de 13 unités de dessalement qui vont porter la capacité globale de l’Algérie en la matière à 2. 260 millions de m3 par jour d’ici à 2009. En effet, selon M. Sari, Pdg d’AEC, a récemment évoqué le programme ambitieux tracé par les pouvoirs publics de plusieurs chantiers d’unités de dessalement d’eau de mer qui seront lancés incessamment. Il s’agit entre autres de l’unité de Fouka d’une capacité de 120.000 m3 par jour et qui viendra en appoint à celle d’El Hamma pour approvisionner l’Algérois. Une unité qui sera réalisée en partenariat avec le canadien SNC/ Lavallin pour un montant de 169 millions de dollars.
Le responsable a cité également les unités de Skikda, Beni Saf et Honaine, d’une capacité globale de 500.000 m3/ jour, pour assurer l’approvisionnement de l’Est du pays et qui seront réalisées en partenariat avec le groupe espagnol Geida, pour un montant global estimé à 540 millions de dollars, tandis que les travaux de construction de l’unité de Skikda sont en cours et 40% d’état d’avancement.
En ce qui concerne la partie ouest du pays, les unités d’Arzew (déjà opérationnelle), celles de Cap Djinet et Mostaganem, d’une capacité totale de 300.000 m3/jour, verront leurs travaux lancés au mois de juin prochain pour un coût de 365 millions de dollars.
Idem pour les autres unités, soit celles de Souk T’lata qui, avec une capacité de 200.000 m3/ jour, a été attribuée au groupe émirati El Abbar et celles d’El Tarf (50.000 m3/ jour) et Ténès (200.000 m3/ jour) qui seront lancées en 2008, après le choix des partenaires.
Toutefois, le plus grand projet enregistré dans ce domaine, un projet d’envergure, la station de Maktaâ à Mers El Hadjadj, avec ses 500.000 m3 d’eau/ jour, sera la plus grande au monde en cycle combiné. Et à ce jour, ils sont neuf soumissionnaires à avoir retiré le cahier des charges, selon M. Sari, qui a spécifié que le partenaire retenu pour sa réalisation sera connu sous peu. En prévision de cette échéance, les Algérois attendent la mise en service de la station qui mettra fin au rationnement d’eau potable, même si les tarifs qui seront appliqués seront légèrement supérieurs à ceux pratiqués actuellement, soit de 45 à 55 DA le m3. Aussi, ce projet, qui aura pris quelques semaines de retard, est très attendu et constituera une première dans le secteur, ce qui permettra certainement d’en lancer d’autres, pour la capitale dans les prochaines années, étant donné que la durée de vie d’une unité de dessalement est de 25 années seulement.
