Les grands chantiers de 2007 : Cap sur les transports
[La Tribune] Le programme supplémentaire à la relance économique (PSRE) a été relayé par un programme quinquennal intitulé Programme complémentaire de soutien à la croissance économique (PCSCE) pour lequel une enveloppe de l’ordre de 60 milliards de dollars a été initialement allouée. Ainsi, deux programmes complémentaires ont été lancés. Le premier relatif au soutien au développement des wilayas du Sud. Le deuxième, pour le développement des régions des Hauts Plateaux, mobilisant au total une enveloppe budgétaire de 144 milliards de dollars pour la période 2005-2009.
Le pays a été transformé en un immense chantier, dont le bilan est jugé jusqu’à présent positif et encourageant. Parmi les chantiers les plus importants, enregistrés durant l’année 2007, on peut citer :
L’autoroute Est-Ouest : s’étendant sur 1 216 km, elle reliera les 20 plus importantes villes d’Algérie. Composée de 57 sorties, de 60 stations de péage, 35 aires de repos, l’installation de 70 stations-service, 70 magasins et grandes surfaces, 70 restaurants, et une cinquantaine d’hôtels.
Deux groupements chinois et japonais ont remporté le marché du plus grand chantier dans l’histoire du pays. Le délai de réalisation est fixé à quarante mois pour compléter le tapis autoroutier qui va relier Tlemcen à Annaba. Les travaux, dont le coût s’élève à 11 milliards de dollars sont financés sur fonds publics. Ce projet permettra de créer 100 000 emplois directs. Sur les 1 216 km d’autoroute, 102km ont déjà été réalisés et livrés à la circulation, alors que 175 autres sont en cours d’achèvement. L’autoroute suivra le tracé des nationales 4 et 5, qui relient Alger à Oran et à Constantine.
Projet de transfert des eaux souterraines de In Salah à Tamanrasset : ce projet, selon un des ingénieurs suisses, revêt une importance particulière, puisqu’en plus de l’approvisionnement de Tamanrasset en eau, il favorisera la création de centres de vie et de périmètres agricoles le long de l’axe reliant la daïra de In Salah, aux potentialités hydriques avérées, au chef-lieu de wilaya de Tamanrasset. Ce projet vient en remplacement d’un premier projet d’approvisionnement de Tamanrasset en eau à partir deIn Ettey, distante de 350 km. Le projet vise à alimenter Tamanrasset à partir des eaux souterraines de la daïra de In Salah, prévoit un transfert de 50 000 m3/jour à 100 000 m3/jour d’ici à 2030. Devant s’étaler sur une distance de 750 kilomètres, le projet nécessitera la mise en place de 1 259 kilomètres de conduites, 24 forages et 6 stations de pompage, le tout impliquant la mobilisation d’une enveloppe de près de 1,3 milliard de dollars. Il a été soutenu par le Conseil mondial de l’eau qui estime que c’est «un projet rare dans le monde, courageux et audacieux». Estimée à 60 000 milliards de mètres cubes, la nappe constitue l’un des plus grands aquifères fossiles au monde, s’étendant sur 600 000 km2 entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye.
Le programme d’un million de logements : fixée à l’horizon 2009 pour un montant global de 555 milliards de dinars, la réalisation constitue l’un des projets-phares. un véritable défi ! Pour l’année 2007, 669 216 logements, ont été lancés tandis que 393 341 logements ont été livrés durant la période allant du 1er janvier 2005 au 30 juin 2007. En outre, 9 917 constructions non autorisées, ont été enregistrées durant le premier semestre de 2007, soit une augmentation de 1% comparativement à l’année précédente. Afin de garantir un bon avancement des projets, 413 inspecteurs et 622 agents habilités, en plus des 622 agents communaux, ont été formés. Par ailleurs, l’Etat a consacré un budget de 189 milliards de dinars pour un programme d’amélioration urbaine. L’opération qui s’étalera sur 4 ans à compter de cette année concerne 7 210 sites, et permet la réalisation de 2 millions de logements urbains, soit le tiers du parc national. Ce programme comporte, entre autres, 215 000 logements sociaux participatifs, (LSP), 120 000 logements sociaux locatifs, 80 000 location-vente et 275 000 logements ruraux.
Le tramway : une enveloppe avoisinant 32 milliards de dinars a été allouée à ce projet. Il permettra, à terme, le transport de quelque 150 000 passagers par jour. Certes, le chantier créera des désagréments aux citoyens, mais à l’achèvement des travaux, les Algérois auront un moyen de transport moderne et rapide, les désagréments seront importants d’autant que le tracé de la ligne, qui comptera 38 stations, traversera d’importants quartiers comme la rue de Tripoli à Hussein Dey et les villes d’El Harrach et de Dar El Beïda. Le projet, une fois achevé, sera remis clés en main à l’Entreprise du métro d’Alger. Les travaux seront réalisés par la Régie autonome des transports parisiens (RATP), le groupe italien Todini et les entreprises Haddad. Le tramway viendra renforcer le métro, les trains de banlieue, les lignes de bus et les futurs téléphériques qui s’ajouteront aux quatre déjà existants. Selon les perspectives, en 2020 Alger devra faire face à 4,5 millions de déplacements par jour.
