Stratégie énergétique de l’Algérie en 2007
[La Tribune] L’Algérie continue à gagner des parts de plus en plus importantes sur le marché mondial de l’énergie.
Elle a réussi à arracher une place prépondérante, en 2007, dans le cadre de sa stratégie énergétique et de ses nouvelles ambitions.
Elle a réussi à arracher une place prépondérante, en 2007, dans le cadre de sa stratégie énergétique et de ses nouvelles ambitions.
Depuis les premières quantités de gaz et de pétrole exportées, au lendemain de la nationalisation des hydrocarbures, les besoins mondiaux en cette énergie fossile ont explosé ces dernières années. En raison du développement industriel de nombreux pays et du rôle des hydrocarbures dans l’amélioration du cadre de vie des populations, le recours à ce type d’énergie s’impose plus que jamais et devient incontournable. La place de l’Algérie dans ce contexte mondial complexe lui impose un rôle majeur compte tenu de son vaste territoire et de sa situation géographique des plus enviables, sans omettre les immenses réserves gazières et pétrolières. Le potentiel de l’Algérie en énergies propres et renouvelables d’origine solaire, éolienne et autres, est estimé à 5 000 fois la consommation actuelle de l’Europe. Ces facteurs très importants propulsent le pays dans une trajectoire qu’il doit maîtriser et non subir. A présent, l’Algérie produit 200 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), soit environ 50 millions de TEP d’origine pétrolière et 150 millions de TEP d’origine gazière. Cependant, la consommation interne est aux alentours de 10 millions de TEP. Une quantité similaire à celle du Maroc. La production globale de 150 millions de TEP permet à l’Algérie d’occuper la 3e place mondiale pour le gaz et la 15e pour le pétrole. Pour cette année, les recettes des hydrocarbures de l’Algérie sont de 59 milliards de dollars, selon la déclaration faite, la semaine dernière, par le ministre de l’Energie et des Mines. Le record enregistré, cette année, a été possible grâce, notamment, au volume global exporté et au prix du baril de pétrole qui a caressé la barre de 100 dollars. Toujours dans le cadre prévisionnel, les bilans établis par les experts soulignent clairement la destinée et l’usage crescendo du pétrole et du gaz par l’ensemble des pays de la planète bleue. Partant de cette hypothèse, une démarche singulière s’impose à l’Algérie, indissociable de cet ensemble, car riche de ses réserves en ressources naturelles et de ses capacités de production et d’exportation. Cette démarche consiste à assurer ses intérêts en prenant en compte ceux de ses partenaires. La politique officielle prônée par l’Algérie parle plutôt, dans ce cadre, de coopération. D’abord, avec les partenaires stratégiques, notamment les pays voisins, ceux du Bassin méditerranéen, d’Europe et des pays d’Amérique, mais aussi dans le cadre du cartel du pétrole, l’OPEP. En parallèle, il est indiqué que la coopération énergétique entre les pays du sud de la Méditerranée constitue un argument essentiel dans le développement économique et social. C’est une thèse majeure dans l’émergence de la stabilité et de la sécurité globales pour la région. Cela s’explique par le fait que la consommation en gaz naturel des pays méditerranéens a connu une croissance considérable, ces dernières années. Selon les indices, elle sera plus importante dans le futur, car elle évolue plus rapidement que la consommation mondiale. Entre 1975 et 2005, cette consommation a plus que décuplé, passant de 27 milliards à environ 290 milliards de m3. Et si la contribution du gaz, dans le bilan énergétique méditerranéen, représentait à peine 6% au début des années 70, elle dépasse actuellement 26%. A la même période, selon les dernières statistiques fournies par l’Observatoire méditerranéen de l’énergie (OME), la production interne de l’Union européenne décroît. Ainsi, il est attendu que ladite production se situera entre 127 et 173 GM3, à l’horizon 2030, contre 239 en 2005. Dans le même temps, la consommation de ces pays devrait se situer aux alentours de 666 GM3, en 2030, contre 537 GM3, en 2005, soit une progression de 24%, provoquant implicitement une hausse de prix de 50% des prix de gaz sur la même période. Ces évolutions conduiront, ainsi, à un accroissement de la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations gazières, cette dépendance passe de 57%, en 2005, à 80%, voire à 90% en 2030. Ces chiffres montrent clairement des enjeux. L’Algérie, et c’est le deuxième élément, a non seulement assumé un rôle de pionnier dans le développement, mais elle continue à se situer à l’avant-garde dans ce domaine, et sa réputation de pays fournisseur crédible n’est plus à démontrer. Elle a pu assumer, par le passé et actuellement, ce rôle moteur d’acteur dynamique et fiable. Cette tâche s’appuie sur une base solide par la mise en œuvre avec ses partenaires d’accords d’approvisionnement à long terme, assumant des avantages équilibrés aux partenaires intervenant dans l’ensemble de la chaîne gazière. C’est-à-dire de l’exploration des champs gaziers jusqu’à la mise à disposition de cette énergie au niveau du consommateur. Les incontournables infrastructures gazières reliant deux entités, l’Algérie et l’Europe, en permanence, est l’expression même d’un solide attachement de l’une à l’autre. Deux gazoducs, existant déjà, depuis des décennies, relient l’Algérie à ses partenaires européens, en traversant le Maroc pour le premier par l’Espagne. Quant au second, via la Tunisie, il arrive en Italie. A cela s’ajouteront deux autres gazoducs. Medgaz, reliant l’Espagne, et dont la capacité de transport est de 8 m3 extensibles à 10 milliards de m3 (GM3), est en phase de réalisation ainsi que le projet Galsi, de même capacité, dont le lancement est prévu pour l’année 2008 pour être opérationnel à l’horizon 2012.Il est prévu, trois ans plus tard, la réception d’un autre projet : le gazoduc transsaharien devant acheminer du gaz du Nigeria vers l’Europe, en traversant le Niger et l’Algérie. Il utilisera les infrastructures auparavant réalisées pour le transport et assurant les processus de transformation, en gaz naturel liquéfié (GNL) et en gaz pétrolier liquéfié (GPL). La stratégie de transport de ces deux types de liquide a fait que l’Algérie a recouru à l’achat de deux méthaniers d’une capacité de 20 000 tonnes de gaz liquéfié, pour garantir sa rentabilité et livrer ce gaz aux pays demandeurs les plus éloignés. La diversification des produits mis sur le marché gazier par l’Algérie avec ses partenaires ouvre, naturellement, de nouveaux horizons. De nouveaux clients, même les plus lointains, se pointent, à l’image des pays émergents comme le Brésil et la Chine. N’oublions pas la place des Etats-unis d’Amérique comme le plus grand consommateur du monde. Dans cette toile où les intérêts s’enchevêtrent dans un contexte de la globalisation, la position de l’Algérie est indiquée. Elle consiste à multiplier le nombre d’associés dans la domaine de l’exploration, de la recherche, des installations, des transports et des usines de condensat. Dans le chapitre de l’exploration et de la recherche de nouveaux gisements, Chakib Khelil a fait état de 20 grandes nouvelles découvertes. Ce qui correspond à plus d’une découverte par mois. En réalité, cela augure les prémices d’une suite de découvertes à venir car l’erg occidental n’a presque pas fait l’objet de recherche gazière et demeure quasi inexploité au vu de l’immensité de sa superficie, alors que le gisement de Ghar Djebilat s’y trouve aussi. La convoitise que suscite le pays dans le cercle des leaders mondiaux s’est mise en branle. Des compagnies italiennes se sont déjà installées, les espagnoles aussi, les anglaises récemment, et les françaises après. Des groupes américains et canadiens ne dérogent pas à la règle. Dans les mêmes conditions, les compagnies brésiliennes et chinoises, en dépit de la distance qui les sépare de l’Algérie, ont affiché un appétit de gagner au Sahara similaire aux autres.
