Profitant de l’occasion, Mohamed Meziane ajoutera que «la Sonatrach sera à temps en offshore sur le territoire algérien. Le P-DG indiquera, par ailleurs, que les commandes ont été passées, dont une bonne partie est en phase de réception» notamment, précisera-t-il, en matière de pipeline et de machinerie de fabrication de la station. En somme, «globalement le projet avance bien et sera livré à temps». Ce responsable, plus explicite, soulignera que le groupe qu’il dirige réalisera et exploitera seul le gisement Gassi Touil. Il n’y avait d’autre alternative à la décision prise par le groupe, nonobstant la réalisation de Medgaz initiée en commun accord avec l’Espagne, en associant, dans le sillage, d’autres partenaires. Cependant, contre toute attente, les échanges entre ces deux partenaires semblaient être fluides et complémentaires. Les relations entre ce pays datent depuis des lustres, néanmoins, le rebondissement de cette affaire a défrayé la chronique. La crise entre Alger et Madrid a fait couler beaucoup d’encre, et les spécialistes analysent le différend sous toutes ses formes. La raison est que l’Algérie a voulu augmenter le prix du gaz d’un dollar. Ce que le pays ibérique n’a pas admis. Les arguments avancés par le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Ckakib Khelil, consistent à réévaluer le prix du gaz convenu dans les contrats signés par les autorités espagnoles et algériennes, il y a de cela quelques années. Argumentant en cette proposition, Khelil indiquera que la conjoncture de signature desdits contrats est défavorable à l’Algérie, et que le prix du gaz y afférent est injuste. Il est, cependant, plus équitable pour les deux pays de convenir à un nouvel accord pour le réajustement des prix avec ceux appliqués dans d’autres pays.
La proposition algérienne vise à réaliser un meilleur profil mutuel. La justesse des prix a été évoquée par Alger. Mais, pour rappel, la décision d’investir en partenariat avec l’Espagne pour la concrétisation du projet transcontinental, Medgaz, a été signée jeudi 21 décembre à Madrid lors de la réunion du conseil d’administration de la société Medgaz. Elle a permis tout d’abord de déterminer d’une manière définitive le montant de l’investissement nécessaire à la construction du tronçon sous-marin du gazoduc, situé dans les eaux internationales, qui, pour rappel, s’étend sur 200 km. Le montant de cet investissement avoisinerait les 630 millions d’euros, selon les estimations préliminaires.
Le conseil d’administration de Medgaz aura également à fixer la participation de chaque partenaire dans ce projet, en fonction des quantités de gaz achetées, mais aussi à déterminer l’adjudication des contrats pour la réalisation des travaux. Conformément aux statuts de Medgaz, la Société nationale des hydrocarbures, Sonatrach, et le groupe pétrolier espagnol Cepsa, actionnaire majoritaire, disposent de deux représentants chacun au sein du conseil, alors que le reste des partenaires ont un représentant chacun. Le P-DG de Sonatrach, M. Mohamed Meziane, avait indiqué récemment que Sonatrach serait actionnaire majoritaire dans la société Medgaz, avec une participation qui atteindrait environ 36% du capital de la société (au lieu des 20% initiaux). La revue à la hausse des actions détenues par Sonatrach a été effective, en plus du retrait des compagnies britanniques BP et françaises Total de l’actionnariat de Medgaz, dont des actions étaient de 12% chacune. Leurs participations ont été rachetées par le reste des associés, en accord avec lesdits statuts.
Ainsi, les actions de Sonatrach et Cepsa sont passées de 20 à 26% et celles de Endesa, Iberdrola et Gaz de France de 12 à 16%. GDF a signé, le 11 décembre dernier, un contrat d’achat de gaz de près d’un milliard de m3 à travers le futur gazoduc, élevant le volume global déjà vendu par Sonatrach à près de 5,2 milliards de m3. Quelque 2,8 milliards de m3 restant, leur écoulement est programmé sur les marchés espagnol et français. Les actionnaires précités tablent sur la garantie de croissance conséquente en Algérie à partir de l’exploration-production jusqu’aux services, en passant par le négoce, le transport et la distribution.