En effet, c’est à travers un lourd investissement estimé à pas moins de 150 milliards de dollars que les membres du cartel prévoient de réaliser d’ici à 2012 afin d’accroître leur production, a indiqué le président de l’OPEP et ministre émirati du pétrole Mohamed Al Hamli. L’investissement en question concerne quelque 120 projets, vise à augmenter la production de l’OPEP d’un peu plus de 5 millions de barils par jour et «anticiper ainsi une hausse de la demande», a ajouté le président du cartel. Ainsi, la demande croissante de l’or noir sera satisfaite «dans des conditions sécurisées, et une augmentation des capacités de stockage», a également expliqué le ministre émirati. Pressés de voir les prix du pétrole baisser, les responsables du cartel ont déjà engagé certains projets sous forme de «grandes raffineries [qui] sont en phase de construction, dans les pays de l’OPEP ou à l’étranger […] Il s’agit d’autres infrastructures telles que des pipelines et des terminaux», précise le même responsable. En fait, l’OPEP a quand même décidé d’investir davantage afin de «stabiliser les prix du brut», avancent ses responsables, même si des spécialistes du marché pétrolier affirment que l’augmentation des prix du pétrole obéit à plusieurs autres paramètres. Ils avancent à ce sujet la situation tendue au Moyen-Orient, les spéculations des médiateurs, les conflits qui ne cessent d’être provoqués au Nigeria et la détérioration du dollar face à la monnaie européenne, l’euro. Depuis une année, le billet vert a perdu 40% face à l’euro. Il est utile de rappeler que l’OPEP qui assure environ 40% de la production mondiale s’est fixé en septembre dernier, lors de la dernière réunion des ministres à Vienne, un plafond de 27,25 millions de barils par jour. Ce plafond concerne 10 pays membres sur 12, l’Angola et l’Irak n’étant pas soumis à des quotas de production.
En outre, le ministre saoudien du Pétrole Ali Al Naimi a indiqué hier lors d’un forum sur l’énergie qu’«il n’y a pas de relation entre les fondamentaux actuels et les prix du pétrole, il y a un décalage». A une question relative à l’augmentation de la production lors de la prochaine réunion de l’OPEP prévue le 5 décembre prochain, le ministre a estimé que la réponse serait «prématurée», avant d’ajouter : «Nous devons d’abord nous réunir, nous devons regarder les chiffres et nous prendrons une décision en fonction de ces données.» Le même responsable a souligné à cette occasion que «l’OPEP n’a pas le contrôle des prix, fixés par le marché, et que la volatilité des prix est due à différentes raisons».