Des échos du MIPI laissent entendre que cette nouvelle restructuration des entreprises publiques et des zones industrielles répond au souci d'un début de mise en oeuvre de la stratégie industrielle que Temmar a mise au point avec l'aide cruciale d'experts nationaux et pour laquelle il avait organisé des assises en début d'année. Il est vrai que cette stratégie repose essentiellement sur le regroupement des entreprises industrielles par type de production donc par filière d'activité. Pour l'historique, en 1988, le gouvernement avait procédé à des opérations similaires qu'il avait identifiées sous l'appellation de Fonds de participation. Il en avait créé 8 qu'il avait chargés de gérer les portefeuilles industriels au nom de l'Etat. En 1996, il repense sa formule pour en soustraire une autre pas trop différente, à savoir celle des holdings pour en constituer 11 en plus de 5 régionaux. En 2000, avec l'arrivée de Bouteflika aux commandes du pays et avec dans son équipe, pour ses débuts, Hamid Temmar en tant que conseiller économique tout autant que Abdelatif Benachenhou, les présidents des holdings se sont vus signifier leur fin de mission. Ahmed Benbitour, alors chef du gouvernement, marquera son passage à ce poste par sa décision de remplacer les 11 holdings par 5 megaholdings. Ce schéma, faut-il le dire, n'a pas résisté longtemps aux pressions des conseillers du président de la République pour, seulement 9 mois après, le réviser et en sortir d'autres formes d'entités économiques. Une fois Benbitour remercié en tant que chef du gouvernement, les 5 megaholdings sont donc totalement revus pour donner en 2001, 28 Sociétés de gestion de participation (SGP) en plus des entreprises affiliées, c'est-à-dire les entreprises considérées comme étant stratégiques ou alors problématiques. En 2004, ces SGP seront soumises à examen pour être regroupées en 11 et soutenues par 4 autres régionales chargées de la gestion des zones industrielles.
Si les fonds de participation ou les holdings, qu'ils soient «mega» ou pas, étaient gérés par des directoires donc d'une manière collégiale, les SGP, elles, l'ont été par un seul responsable, ce qui était appelé directeur général unique (DGU). Dès son adoption par les institutions de l'Etat, la nouvelle réorganisation des entreprises publiques, sous l'égide de nouvelles sociétés, exigera en évidence de nouveaux organigrammes tout autant d'ailleurs que leur tutelle, le MIPI, le nouveau ministère de Temmar.