Les banques seront probablement désengagées du processus de création des micros entreprises. La proposition vient d’être soumise à l’appréciation du gouvernement qui, en donnant son aval, donnera à coup sûr un nouveau souffle au dispositif ANSEJ qui jusque-là accusait d’interminables problèmes liés au financement et payait cher la frilosité des banques. Ces dernières seront de ce fait écartées de ce processus en vertu des aménagements préconisés par le département de Ould Abbès afin d’améliorer le cadre juridique et adapter les textes législatifs aux besoins exprimés. L’Ansej, par la voix de son directeur général, Mme Fatma Sedaoui Charef, plaide pour le renforcement du financement mixte qui implique seulement l’agence et le promoteur « l’Ansej dispose des ressources nécessaires pour s’engager dans une telle décision. L’Etat budgétise pas moins de 5 milliards de dinars chaque année, ce qui est non négligeable» dira Mme Charef.
Les nouvelles dispositions prévoient, en effet, un financement par le fonds de soutien de l’ANSEJ à hauteur de 60% contre 40% exigés du promoteur. Ceci est, cependant, applicable pour les investissements qui ne dépassent pas 2 millions de dinars. Le montant de l’investissement est dispatché en deux parties égales, 50% pour chacun, lorsqu’il dépasse 2 millions de dinars «c’est une option qu’on peut exploiter sans écueils. C’est carrément une solution facile et pratique pour peu que le promoteur soit disposé » dira Mme Charef qui trouve en la proposition une manière «d’alléger les banques» et de ramener le nombre d’emploi crées annuellement à 20.000 postes «afin d’atteindre les objectifs tracés par l’Etat en terme de création d’emplois».
Abordant le bilan jusque-là réalisé par l’agence qu’elle dirige, Mme Charef précisera que 83.867 micro-entreprises ont été créées depuis le lancement du dispositif qui à ouvert pas moins de 237.301 postes d’emploi. Le montant des investissements financés par financement triangulaire (Agence, banque et promoteurs) s’élève à 171 milliards de dinars.
Les difficultés de financement par les banques sont, par ailleurs, expliqués puisque 37% des projets financés par les banques accusent un non recouvrement de la part des promoteurs « de nombreux cas sont actuellement au niveau de la justice » explique Mme Charef qui ne manquera pas, à cette occasion, de plaider pour une redynamisation du Fonds de garantie « il faut préparer une nouvelle convention tripartite pour réactiver le rôle du fonds et subroger les banques » conclut la directrice de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes.