L’Algérie bien placée pour faire face à une rechute des prix du pétrole
[El Moudjahid] Le directeur adjoint au département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI (Fonds Monétaire International), M. Amor Fabari, a présenté hier lors d’une conférence de presse à El-Aurassi le rapport intitulé «Perspectives économiques régionales du FMI pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale», en présence de M. Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie.
C’est la première fois que le FMI présente ce rapport en Algérie, a indiqué M. Fabari qui a précisé qu’une mission du FMI travaille depuis deux jours en Algérie et son séjour durera deux semaines. A l’issue de son séjour la mission fera connaître ses conclusions. «L’année dernière il y a eu un rapport sur l’Algérie dont les conclusions sont très positives.»
«L’Algérie est en train de faire des réformes dans tous les domaines. Elle a des ressources, des potentialités très importantes. La performance de l’Algérie est l’une des meilleures dans la région. Mais l’Algérie a des défis. La qualité des dépenses est extrêmement importante pour réaliser les objectifs s’agissant d’améliorer le niveau de vie et l’emploi», a fait savoir M. Fabari en réponse à une question des journalistes. Il a noté également que depuis quelques années les réformes vont dans le bon sens, mais il faudrait continuer à faire avancer ces réformes et même les accélérer. L’Algérie a des programmes d’investissement très importants. Il faut gérer cela de manière efficace. Il y a un accord complet s’agissant de la réforme du système bancaire et financier. L’Algérie est dans le bon chemin dans ces réformes, dira le responsable du FMI. Evoquant le contexte économique mondial, il relève que globalement l’activité économique mondiale est restée vigoureuse, mais les crises se sont aggravées. L’inflation mondiale est restée faible, mais a progressé dans de nombreux pays en développement.
S’agissant des perspectives de la région Moyen-Orient-Asie centrale, qui regroupe 31 pays (14 pays exportateurs de pétrole, 6 pays émergents et 11 pays à faible revenus) malgré la diversité des 31 pays, globalement la région a continué à réaliser des taux de croissance importants. Mais cette performance reste inférieure à celle des pays émergents (Chine, Inde), dont le taux de croissance se situe à 8%. Dans le Maghreb le taux de croissance est appréciable puisqu’il s’est approché de 5%. La meilleure performance en matière de taux de croissance est celle des pays à faibles revenus (les pays d’Asie centrale).
Concernant l’inflation la performance est mitigée. Le taux d’inflation moyen est à la hausse. Il faut y prêter attention. Le Maghreb a le taux d’inflation le plus faible. Concernant l’Algérie il est d’environ 3,5%. Il y a des poussées, mais l’inflation est maîtrisée grâce à la politique budgétaire et monétaire saine. On note également l’augmentation rapide des ressources de change au Maghreb, les taux de change effectifs réels qui continuent à s’apprécier, alors que les excédants budgétaires pourront diminuer en 2007. Enfin le ratio de la dette continue à diminuer. Du point de vue de la politique économique le conseil du FMI est que ces pays doivent poursuivre les réformes pour arriver à des taux de croissance importants de façon à répondre au défi de l’emploi.
Il y a lieu de tenir compte des risques qui se profilent à savoir : ralentissement de la croissance mondiale, volatilité des prix de pétrole, et d’autres produits, nouvelles turbulences dans les marchés financiers, conflits et détérioration de la sécurité.
Il s’avère dès lors nécessaire de continuer à suivre une politique macro-économique saine, à assurer une croissance durable à créer des emplois, à maîtriser l’inflation. Il est également nécessaire de mettre en place un système financier solide et compétitif.
Pour le Maghreb, l’objectif est de relever le taux de croissance à 6 et 7% pour relever le défi en matière de création d’emplois, de relèvement du niveau de vie et se rapprocher de l’Europe. Il faut poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles et institutionnelles, développer les marchés financiers, améliorer le climat des investissements, et promouvoir le secteur privé, améliorer la productivité et la compétitivité, promouvoir la diversification économique, promouvoir l’intégration régionale économique et financière. Si l’Algérie est en très bonne position pour faire face à la volatilité des prix du pétrole, comme l’a noté M. Fabari, elle se trouve concernée par le défi suivant : comment réaliser un taux de croissances soutenu en dehors des hydrocarbures.
Il faut promouvoir le secteur privé, la PME-PMI, l’agriculture. C’est là que se réalise la création d’emplois, a fait remarquer le responsable du FMI.
