L’Algérie a un rôle stratégique croissant sur les marchés extérieurs
Le 23.10.07 par CCI/SA, dans Revue de presse -# 204 - RSS Commentaires
[El Moudjahid] Le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, invité du Centre de presse d’El Moudjahid
- Nouveaux appels d’offres pour l’exploitation de 15 blocs dans le Sud.
- "De 2001 à 2007, le dollar a perdu 40% de sa valeur mais, dans le même temps, le prix du baril de pétrole a été multiplié par 3 ou 4 fois, et pour la seule année 2007, il y a eu une augmentation de 30% du prix du baril".
- La récente envolée des prix, au-delà des 90 dollars par baril, est surtout due à la tension apparue à la frontière entre la Turquie et l’Irak, avec les risques d’une perturbation de la production pétrolière importante de l’Irak.
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Le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, a été l’invité du Centre de presse d’El Moudjahid dans le cadre d’une conférence-débat portant sur le contexte économique mondial et la place de l’Algérie, les paris sur l’avenir. S’agissant du contexte international, il demeure très favorable avec des prix qui restent élevés. Forte croissance des investissements
Le contexte algérien est marqué par la forte croissance des investissements dans le secteur des hydrocarbures, l’importance aussi des programmes d’investissement, d’électrification, dans le dessalement de l’eau de mer. Le contexte national, c’est aussi l’existence d’une législation sur les hydrocarbures réajustée, l’instauration dans ce cadre d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels, instaurée en direction des firmes pétrolières dans notre pays. Pour mémoire, ces taxes ont rapporté plus de 3,5 milliards de dollars en 2005.
Le contexte algérien c’est aussi le différend qui existe entre Sonatrach et certaines firmes espagnoles à propos de projets, dont le ministre en fera part, explications à l’appui au cours du débat. L’Algérie à la tête de l’OPEP
Le ministre a été concis dans son intervention, pertinent dans ses réponses et remarques. M. Chakib Khelil, qui vient d’être désigné à la présidence tournante de l’OPEP, a défendu l’idée d’un secteur des hydrocarbures qui, tout en se maintenant en pole position dans le cadre de l’économie algérienne, continue à tirer vers l’excellence, se positionnant sur les marchés extérieurs.
Le ministre a plaidé pour une diversification de nos ventes à l’extérieur et pour le partage des risques entre Sonatrach et ses partenaires. M. Chakib Khelil a rappelé le montant global du financement des investissements du plan de développement de Sonatrach à moyen terme qui dépasse les 32 milliards de dollars, dont près des 2/3 sont dédiés aux activités de recherche et de production, soit 20 milliards de dollars, dont 8,3 milliards de dollars seront assurés par les associés de Sonatrach. Il a évoqué le rôle de Sonatrach dans le dispositif réglementaire, une entreprises qui réussit à se singulariser par son ancrage dans les grands challenges, son organisation et ses ressources humaines. Le ministre n’a occulté aucune question, répondant avec la clarté et la franchise, qu’on lui connaît, aux questions posées par l’assistance, composée de hautes personnalités du secteur et du monde économique, social aussi, de représentants de Chambres de commerce, de l’industrie, des PME, de représentant de bureaux d’études, d’experts et consultants, de représentants de la presse. Un contexte international favorable
L’orateur a rappelé, dans son introduction au débat, ce contexte énergétique international qui offre de bonnes perspectives, une consolidation du secteur des industries énergétiques dans notre pays qui permet le maintien des grands équilibres et de relever les défis. L’orateur a mis l’accent sur la tendance à la hausse qui marque le marché en termes de prix et les prévisions qui convergent toutes vers la promotion d’énergies alternatives.
M. Chakib Khelil a rappelé aussi combien le secteur des hydrocarbures avait bénéficié dans son évolution de l’apport des nouvelles technologies et l’immense impact de celle-ci sur les différents cycles qui marquent le fonctionnement des entreprises (prospection, exploration, extraction, commercialisation, etc.) La technologie a rendu beaucoup de choses possibles, a affirmé le ministre et ouvert les marchés. Elle a permis la mobilisation de ressources importantes pour les mettre à la disposition des marchés et pas seulement dans le secteur des hydrocarbures, mais également dans l’acier, le cuivre où les revenus ont pu être multipliés par deux, voire par quatre durant les dernières années. L’émergence de compétences dans la gestion des Process, de l’engineering a été constatée au niveau des compagnies et du secteur des services. Gaz, une production qui gagne en importance
Evoquant le dossier du gaz, le ministre relève que la production n’a cessé de gagner en importance. Il s’agit aujourd’hui de l’énergie fossile la plus prisée. Elle représente 25% du bilan énergétique mondial. Elle est considérée en hausse à horizon plus lointain par le ministre qui parle de 80% à l’horizon 2020.
M. Chakib Khelil évoque les problèmes liés de l’approvisionnement et de la sécurité, de conduite de stratégies à cet effet, dont l’examen est de nature planétaire. L’évolution de l’industrie du gaz a conduit à des restructurations auxquelles l’Algérie a tenu à s’adapter. L’orateur a rappelé le développement de l’industrie du gaz algérien, de la position privilégiée qu’occupe notre pays qui est le premier producteur méditerranéen. Les exportations algériennes constituent 90% de celles de la région méditerranéenne
Les exportations algériennes constituent 90% des exportations de la région. Sonatrach a livré 62 milliards de mètres cubes. Le ministre a évoqué le développement de la filière gazoducs, la filière GNL, en affirmant que Sonatrach dispose de quatre complexes de liquéfaction, trois à Arzew et un à Skikda, qui produisent 35 milliards de mètres cubes, réduits aujourd’hui à 25 milliards de mètres cubes, après l’incident qui a touché le complexe de Skikda.
Pour M. Chakib Khelil, l’Algérie continuera à respecter ses engagements. Sonatrach, dit-il, a su réagir en développant un important programme, notamment dans le domaine des infrastructures en direction des exportations, et la maîtrise de l’accès au GNL, l’accès aux réserves nationales, et le développement de l’aval avec la pétrochimie. Les prévisions pour 2010 donnent 85 milliards de mètres cubes. Sonatrach mise sur la réalisation d’infrastructures structurantes. Medgaz et Galsi deux méga projets
M. Chakib Khelil a rappelé l’existence des deux méga projets que sont Medgaz, et Galsi, l’un avec l’Espagne, l’autre avec l’Italie, et TSGP (Nigeria Algérie). Pour Medgaz, il est prévu 8 milliards de mètre cubes avec une mise en service prévue pour 2009, un milliard pour Galsi. En fait compte tenu des difficultés rencontrées avec les firmes espagnoles, la mise en service de projet Medgaz est reculée à 2011.
Il existe deux systèmes de gazoducs liant l’Algérie à l’Europe qui constitue un partenaire exceptionnel. L’Algérie, il faut le rappeler, figure parmi les trois principaux fournisseurs de gaz de l’Europe aux côtés de la Russie et de la Norvège. Actuellement plus de 95% des exportations algériennes sont destinées à l’Europe et plus particulièrement, près de 40% en direction de l’Italie. 30% des importations de l’Europe
Les approvisionnements de l’Europe en gaz naturel algérien ont représenté en 2003 près de 20%. L’Algérie assure actuellement 30% des importations européennes en gaz naturel, volume en voie d’augmentation avec le doublement des gazoducs desservant l’Espagne et l’Italie, à savoir Medgaz et le Galsi et à l’horizon 2015, le TSGP reliant le Nigeria à l’Algérie. Bruxelles souhaite à ce titre conclure un accord stratégique avec Alger pour garantir sa sécurité énergétique. L’UE souhaite s’assurer à travers un partenariat de nature stratégique des participations au cycle exploration-exploitation, transport des hydrocarbures de manière à maîtriser ses approvisionnements, voire dans certains cas une participation au marché intérieur européen. L’Algérie pourrait dès lors devenir dans les prochaines années, le second plus grand fournisseur de gaz de l’Union européenne après la Russie. La nouvelle politique européenne de l’énergie adoptée en mars dernier par le Conseil européen reconnaît à l’Algérie un rôle stratégique croissant notamment en matière de gaz naturel liquéfié (GNL), une des priorités de la politique énergétique européenne pour assurer la sécurité de ses approvisionnements. Le ministre en rappelant l’existence des gazoducs d’exportation a fait un historique de la question en notant qu’il y a deux systèmes de gazoducs reliant Alger à l’Europe.
Il a cité le Transmed (Algérie-Italie via la Tunisie), le GEM (Gazoduc Maghreb Europe) opérationnel depuis 1996 (Algérie-Espagne via le Maroc), où il se connecte aux réseaux d’exploitation et de distribution espagnol et portugais. Dès 2001, a été lancé une étude de faisabilité concernant Medgaz (Algérie-Espagne avec extension vers la France). Le projet est en cours de réalisation, mais devrait connaître des retards comme déjà précisé en raison des différences entre Sonatrach et des firmes espagnoles alors parties prenantes au projet. En 2002, Sonatrach a étudié la faisabilité du Galsi : 1.465 km de longueur, reliant l’Algérie à l’Italie pour une valeur estimée à 2 milliards de dollars. La réalisation est prévue pour 2008. 25 à 30 milliards de mètres cubes avec le TSGP
S’agissant du Trans Saharan Gas Pipeline (TSGP) d’une longueur de 1.037 km, il devrait transporter 20 à 30 milliards de m3 de gaz par an. Le coût global du projet est estimé à plus de 10 milliards de dollars. Sonatrach, pour le côté algérien, et NNPC pour le Nigeria qui sont en charge de la concrétisation de ce projet. On estime que la compagnie Sonatrach engagée déjà dans de nombreux projets d’envergure peut trouver dans le cadre du TSGP, manière à s’exprimer aux côtés de grandes compagnies internationales spécialisées dans l’engineering, la construction et la gestion de ce projet africain de grande envergure qu’est le TSGP.
L’Algérie ne s’arrête pas à un rôle de pourvoyeur
Pour M. Chakib Khelil, l’Algérie ne s’arrête pas à un rôle de pourvoyeur, essayant d’assurer une valeur ajoutée sur les sites finaux, en Grande-Bretagne par exemple, en Espagne, en Italie, avec la création de filiales commerciales spécialisées et dont certaines sont déjà opérationnelles. Avec les Etats-Unis, il y a trois lettres d’intentions. Ces accords prévoient l’approvisionnement du marché américain avec prises de participations de Sonatrach et commercialisation sur le marché américain. Le ministre a rappelé tous les efforts faits par l’Algérie pour développer le GPL et le partenariat initié dans le domaine avec le Japon et autres pays partenaires.
Il a aussi évoqué l’augmentation de la capacité de liquéfaction et le renforcement de la filière transport, notamment dans le maritime avec l’acquisition de gros méthaniers pour desservir les marchés asiatiques et américains. Pour M. Chakib Khelil, le gaz détient une part importante du marché, le pétrole continuera à jouer un rôle important encore à travers le développement de son potentiel de croissance (plus de 50% de croissance). L’Algérie qui avait un quota de 900.000 b/j dispose de 1 million de b/j actuellement. L’orateur a rappelé que Sonatrach avait des options de commercialisation nombreuses, qu’elle s’attachait à l’optimisation de ses exportations, qu’elle avait de nouvelles richesses en Amérique et en Asie, qu’elle s’attachait à favoriser l’augmentation des capacités de moyens de transport, la prise de participation à l’international, la réalisation de capacités de stockage et la gestion du risque. Des besoins considérables en Asie
Seul le marché asiatique a des besoins considérables et offre de grandes opportunités pour Sonatrach. Pour y accéder, Sonatrach a décidé l’acquisition comme déjà précisé de navires de gros tonnages, de louer des capacités de stockage en Corée, la réouverture de ses bureaux à Singapour.
Ainsi, Sonatrach montre une grande disponibilité afin de répondre à la demande du marché. Le débat, qui a accompagné l’exposé du ministre, a permis à celui-ci de préciser un certain nombre de points inscrits dans la politique du secteur. A propos de l’éventualité de préserver nos réserves pétrolières et gazières, personne ne peut dire, affirme le ministre, si on va doubler ou tripler les réserves. Il y a 16 découvertes cette année et le sous-sol algérien est sous-exploité avec une dizaine de puits par 10.000 km2, loin de la norme internationale. Il y a encore un grand potentiel à découvrir
Il y a encore un grand potentiel à découvrir. Nous ne sommes pas, affirme le ministre, comme le Qatar et le Koweït, petits pays qui savent quelles sont leurs réserves. Nous on a encore la possibilité de découvrir. Il y a en plus les besoins du pays, on ne peut réduire les revenus de l’Etat de moitié. On a besoin de revenus et il y a des besoins à satisfaire. Pour la préservation des intérêts des générations futures, il nous faut regarder ailleurs et viser à la diversification de notre économie. Nous sommes un pays mono-exportateur et nous devons diversifier notre potentiel de production, si l’on n’y parvient pas, il y aura réellement problème pour les générations futures.
Un travail de régulation
Le ministre a noté par ailleurs qu’un travail de régulation est entrepris au niveau du secteur avec la mise en service d’institutions spécialisées chargées précisément pour les unes de régulation et pour d’autres d’optimisation des réserves et de conservation. Le ministre a ajouté qu’il n’y a pas eu définitivement de réponses précises aux préoccupations de certaines concernant la préservation des réserves pour les générations futures. Sur une question concernant les récentes déclarations du ministre concernent la parité euro-dollar, M. Chakib Khelil confirme son analyse qui consiste à dire que l’évolution du prix du baril compense les pertes enregistrées au niveau de la parité.
Une augmentation de 30% du prix du baril en 2007
Entre 2001 et 2007, dit-il, le prix du baril a été multiplié par quatre.
En 2007, il y a une augmentation du prix du baril de 30%. Or le dollar explique le ministre, n’a pas perdu 30%. On a, reconnaît l’orateur, une petite perte de pouvoir d’achat mais le prix actuel du baril compense. S’agissant du dollar, il va continuer à se déprécier durant les mois à venir, avec un impact sur l’économie mondiale. Mais la croissance économique mondiale pour 2008 est plus importante avec des perspectives plus intéressantes pour la demande mondiale, cela étant, sur ces problèmes, la Banque d’Algérie gère parfaitement les dossiers. A propos des relations avec l’Union européenne, le ministre relève que l’UE recherche l’énergie au moindre coût. Elle a pour objectif avec l’ouverture de son marché de l’énergie d’avoir un marché ouvert, transparent et compétitif. L’orateur reconnaît que l’UE éprouve des difficultés à mettre en place cela parce que les grands opérateurs ne veulent pas perdre leur marché. L’émergence de producteurs indépendants pourrait bénéficier au consommateur européen puisque se créera forcément une concurrence entre opérateurs. L’objectif reste la réduction des coûts pour l’Européen. Mais il n’y a pas de position unifiée en tout cas pas encore sur ce dossier. L’Espagne, l’Allemagne, la France ont par exemple des avis différents de celui de la Pologne. Les pays déjà cités veulent garder un contrôle sur les gazoducs. Ce qui n’est pas une préoccupation pour la Pologne qui n’a pas à résoudre ce type de problèmes sur son territoire. L’Algérie reste bien positionnée
Concernant l’Algérie, ces péripéties n’affectent pas nos exportations, affirme le ministre qui ajoute que l’Algérie reste bien positionnée. La réciprocité si souvent évoquée voudrait que les opérateurs européens puissent travailler dans les pays producteurs et exportent leur gaz.
Pour l’Algérie, cela ne pose pas de problème, le marché est ouvert. S’il y a réciprocité, c’est à nous à la réclamer et à la demander. A propos d’une question sur l’optimisation des exportations, on a attendu, affirme le ministre, l’amendement de la loi sur les hydrocarbures et les décrets d’application pour étudier les nouveaux appels d’offres qui ne seront pas de la même nature que par le passé. Sonatrach va négocier la gestion des blocs qui passera par une reconnaissance de la qualification des sociétés qui disposent des caractéristiques techniques déjà définies. L’appel sera un véritable levier concernant une question sur le différend Algérie-Espagne. Trois dossiers qui présentent des difficultés avec l’Espagne
M. Chakib Khelil affirme que pour la circonstance, il existe trois dossiers présentant tous des difficultés d’application entre les deux partenaires. S’agissant du premier dossier, il concerne Medgaz. Les deux parties ont décidé en commun de la réalisation de ce projet. Dans le même temps, une nouvelle loi sur les hydrocarbures est parue en Espagne qui pose des conditions tout à fait contraignantes pour Sonatrach qui, en dépit d’un esprit de compromis, n’est pas parvenue à régler les problèmes qui se posaient. S’agissant du deuxième contentieux, celui des prix, le ministre a parlé à ce sujet de clauses d’indexation et de clauses de bouleversement. Sonatrach avait souhaité revoir les prix de livraison de gaz en raison de l’évolution du marché, revendications d’ailleurs respectueuses de clauses des contrats signés.
La rigidité de la position espagnole a amené Sonatrach à aller à l’arbitrage international. La procédure suit son cours. Le ministre affirme que l’on n’a pas avancé sur ce problème. Des propositions ont bien été faites par la firme espagnole, Gas Natural, mais elles restent en deçà de l’offre de Sonatrach. Gassi Touil, c’est le troisième dossier en contentieux, selon le ministre. M. Chakib Khelil rappelle les attendus de l’affaire qui font apparaître que le champ de Gassi Touil a été mis en appel d’offres. Il y a eu une mise en compétition sur le plan international. Repsol et Gas Natural, les deux firmes espagnoles ont fait la meilleure offre. Le site devait entrer en production en 2009. Repsol et Gas Natural ont demandé la révision en raison de coûts très élevés, affirment les représentants des deux firmes. Les négociations et discussions ont traîné en longueur, et devant l’absence de solutions, Sonatrach a résilié le contrat. Sonatrach reprend seule le projet
L’affaire est en justice. Le 4 juillet, la procédure de conciliation qui devait intervenir, n’a pas donné de résultats, 60 jours après son déclenchement, délai réglementaire, les Espagnols ne l’ont pas utilisée. C’est ainsi que Sonatrach a été mise dans l’obligation de finaliser la résiliation du contrat.
Sonatrach reprend en main le dossier et exécutera de ses propres mains sans partenaires, avec trois ans de retard sur les délais initiaux. Le troisième dossier est de nature commercial, relève le ministre, qui s’interroge pourquoi il y a tant de difficultés. En fait, remarque l’orateur, Sonatrach a une quarantaine de contrats qu’elle négocie dans les meilleures conditions. Or, en Espagne, les prix sont régulés et toute variation sur les prix, a des répercussions sur le consommateur espagnol, c’est ainsi que de commercial le conflit prend des apparences politiques. Medgaz : un problème politique
Le problème Medgaz est aux yeux du ministre, un problème politique qui reste suspendu à la réglementation des prix. A propos d’une question sur les taxes concernant les superprofits réalisés par les compagnies étrangères, le ministre parle de 1,5 milliard de dollars de taxes.
S’agissant du prix du gaz, il rappelle qu’il est indexé à celui du pétrole. M. Chakib prévoit les mêmes recettes en taxe pour 2007. Concernant une révision par l’OPEP du niveau de la production, le ministre rappelle qu’il n’est pas prévu de réunion de l’OPEP, avant celle déjà prévue à Abu Dhabi en décembre prochain. Le ministre escompte un apaisement du marché au 2e trimestre de 2008. Concernant la création d’une OPEP du gaz, M. Chakib Khelil rappelle l’existence d’un groupe de réflexion mis en place à Doha et conduit par le ministre russe de l’Energie. Le groupe doit remettre ses conclusions, le ministre a relevé qu’il a rassuré l’Union européenne sur les objectifs poursuivis. Rien n’indique qu’il y a volonté de gêner l’UE dans cette affaire. Indexations : une courbe historique
Concernant l’indexation du gaz sur le pétrole, cette réalité suit une courbe historique. Ainsi le pétrole a suivi le charbon à son époque. Cela se fait pour des raisons techniques. Le pétrole et le gaz peuvent être concurrentiels sauf dans les transports à ce stade de la technologie. En Europe, on se trouve en début de maturité dans le gaz, contrairement aux Etats-Unis une fois mature, le marché du gaz prendra de l’ampleur. Il pourra alors se déconnecter du pétrole, mais cela ne voudra pas dire qu’il sera moins cher.
Le ministre n’exclut pas des tensions sur le gaz à l’avenir en raison de la variation de la demande. Une clause qui existe dans tous les contrats
A propos de clause de bouleversement il s’agit d’une clause qui existe dans tous les contrats. Elle est déclenchée quand il y a bouleversement dans le marché. Il faut alors s’asseoir autour d’une table et discuter. Si la clause n’existe pas dans le contrat, la discussion ne peut être possible. Concernant la taxe sur les superprofits, elle existe aussi en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis. L’Algérie l’applique sans discrimination à toutes les sociétés.
Un continent en plein essor
Concernant le continent africain et ses ressources énergétiques, le ministre relève qu’il s’agit d’une région qui prend de l’ampleur de nouveau intervenants pointent à l’horizon (Mauritanie, Madagascar...) aux côtés de ceux déjà installés. L’Union européenne appuie des projets structurants avec l’Afrique, notamment pour la récupération des gaz torchés. Sonatrach qui reste très active sur les marchés extérieurs s’intéresse bien entendu au marché africain, au Nigeria, en Mauritanie, au Soudan, au Tchad, en Egypte et en Libye où elle est déjà présente sur ces deux marchés notamment.
M. Chakib Khelil affirme que le problème de la déforestation en Afrique reste préoccupant. Le GPL doit répondre au déficit en bois. Le grand problème du GPL distribué, ce sont les prix, le transport et le stockage, autant de problèmes posés au niveau de l’AFEC et de l’Union africaine. Corruption : les pays doivent se prendre en charge
Concernant l’argent du pétrole qui entretiendrait, selon certains milieux, la corruption et les conflits, il y a, note le ministre, des organisations spécialisées qui évaluent ce type de situation et notamment les risques et degrés de corruption, en Allemagne, en Grande-Bretagne qui rassemblent les sociétés intéressées, et veulent un travail dans la transparence. Cela étant, le problème de la corruption est un travail qui doit être traité dans les pays.
Le ministre reconnaît que certaines d’entre-eux n’ont pas les éléments de sauvegarde pour affirmer que les revenus vont bien au Trésor public. Ce sont les pays eux-mêmes qui doivent prendre l’initiative et assurer le contrôle. Le TGPS : un projet rentable
Concernant une question sur le projet de gazoduc Nigeria-Algérie, le ministre affirme que le projet est rentable, on ne pensait pas cela en l’initiant avoue le ministre qui affirme qu’à l’étude le marché s’est avéré intéressant, 20 à 30 milliards de m3 c’est rentable, note l’orateur.
Il y a, dit-il, actuellement une coupure dans le projet, en raison des récentes élections présidentielles au Nigeria, mais le cours des négociations va reprendre avec les nouvelles autorités pour l’exécution du projet. On va chercher des partenaires pour conforter le projet. Même approche que pour Medgaz et Galsi
Notre approche est la même que pour Medgaz, ou Galsi on a déjà l’expérience de ce genre de projets, affirme l’orateur. Concernant l’OMC et la question de l’énergie, celle-ci n’est posée que par certains partenaires pour des raisons de compétitivité, affirme le ministre.
Le marché du gaz n’est pas mature encore, pas plus qu’il n’y a d’homogénéisation sur le plan fiscal, notamment en Europe. Des capacités mais pas d’infrastructures suffisantes
L’Algérie a les capacités qu’elle n’arrive pas à évacuer vers l’Europe faute d’infrastructures suffisantes. Le prix du gaz algérien reflète les coûts, il n’est pas subventionné. Concernant Sonatrach et le développement des PME, Sonatrach s’intéresse à ce marché. Elle compte sur ses filières qui feront appel aux PME. Concernant le dessalement de l’eau de mer, le projet a été confié à Sonatrach par décision présidentielle.
Concernant le président de l’OPEP, il a un rôle de représentation de l’Organisation auprès de ses partenaires et interlocuteurs. Il est désigné pour un an et joue un rôle important dans le cadre de l’Organisation. A côté du président, existe un secrétaire général qui vient d’être nouvellement désigné d’ailleurs. |

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