Interview de Mr Chakib KHELIL, Ministre de l'Energie et des Mines
Le 11.10.07 par CCI/SA, dans Articles -# 172 - RSS Commentaires

10 questions à M. Chakib Khelil, Ministre de l'Energie et des Mines
Question N°1 :
« L’Année écoulée a été dominée en Algérie par le débat sur la loi sur les hydrocarbures. Pouvez-vous pour les lecteurs de notre revue faire le point sur les principales caractéristiques du cadre légal qui régit désormais le secteur ? Peut-on esquisser dans ce domaine une comparaison avec des pays de situation comparable ? ».
Avant d’aborder la première partie de votre question, permettez-moi de rappeler à vos lecteurs que le secteur des hydrocarbures constitue, pour l’Algérie, l’élément vital et moteur du développement économique et social du pays. C’est pourquoi, l’Algérie, à l’instar des autres pays de par le monde, accorde une importance stratégique à ce secteur dans le cadre de la politique énergétique nationale en adaptant, chaque fois que cela est nécessaire, sa législation pétrolière aux impératifs de son développement économique et social en tenant compte du contexte national, régional et international.
Ainsi, en 1986 et en 1991, l’Algérie a entrepris des réformes pour faire évoluer sa législation pétrolière en vue de l’adapter à un environnement mondial en pleine mutation tout en veillant à répondre aux impératifs du développement économique et social de notre pays.
Les dispositions économique de la loi 86-14 « relative aux activités de prospection de recherche d’exploitation, et de transport par canalisation des hydrocarbures » amendée et complétée, cinq ans après, par la loi 91-20 ont permis à notre pays de relancer l’effort de recherche et d’exploitation, à travers le partenariat entre Sonatrach et les compagnie étrangères, ce qui a permis de reconstituer nos réserves d’hydrocarbures en les rehaussant dés 1997 à leur niveau de 1971.
Compte tenu d’une part, du nouvel environnement mondial, caractérisé par une importante transformation des relations et des échanges entre les pays, entraînant des changements qualitatifs des rapport, et d’autre part, de la nécessité de stimuler le développement des activités d’exploitation des hydrocarbures, les pouvoirs publics Algériens ont décidé d’entreprendre et de mettre en place un processus de réformes économiques et structurelles ayant pour place objectifs l’adaptation de notre économie à ce nouvel environnement. C’est pourquoi, la nouvelle loi 05-07 sur les hydrocarbures, qui s’inscrit dans le processus de réformes sus cité, a été en avril 2005.
Les pouvoirs publics ambitionnent, à travers cette réforme de 2005, une dynamique de partenariat plus active, notamment avec les compagnies privées, et une plus grande latitude d’action des entreprises publiques.
Cette loi sur les hydrocarbures, qui rend le cadre juridique plus cohérant et favorable à l’investissement, vise en priorité l’adaptation institutionnelle , législative et réglementaire du contexte général qui régit les investissements dans le secteur des hydrocarbures pour assurer une meilleure valorisation des ressources en hydrocarbures du pays en mettant en place une nouvelle organisation du secteur qui consacre la séparation des rôles de l’Etat, chargé de l’encadrement de l’intérêt général sans distinction entre le secteur privé et public, de celui de l’entreprise publique, agent économique et commercial générant des richesses.
Parmi les objectifs que poursuit ce nouveau cadre juridique, on peut citer notamment :
Ø La préservation de la rente de l’Etat en la maintenant sinon l’augmenter et la rendre moins liée à la fluctuation des paramètres ou d’évènements non maîtrisables.
Ø Le développement des activités pérennes et génératrices de richesses et en plus values tant pour les entreprises que pour l’Etat.
Ø Le développement de la concurrence loyale et transparente.
Ø L’amélioration des performances, en particulier celle des entreprises publiques.
L’Année 2006 a été effectivement marquée notamment par la révision de cette loi sur les hydrocarbures pour tenir compte d’une part, des nouvelles orientations en matière de politiques énergétique nationale et d’autre part, de la nouvelle tendance haussière du marché pétrolier.
Parmi les amendements apportés à la loi 05-07 par l’ordonnance 06-10 du 29 juillet 2006, il a été introduit une disposition permettant d’augmenter la participation de l’entreprise nationale Sonatrach à 51% au minimum dans tous les contacts de recherche, contracts d’exploitation ainsi que dans les activités de raffinage et de transport par canalisation. Cette disposition vise à rationaliser l’exploitation des ressources en hydrocarbures afin de répondre d’une part, aux besoins induits par le développement économique national et de préserver, d’autre part, les développements naturels de notre pays au profit des générations futures.
D’autre amendement, concerne la disposition qui instaure une taxe sur les profits exceptionnels (TPE), applicable à la part de production revenant aux compagnies étrangères, partenaires de Sonatrach dans le cadre des contrats conclus sous le régime de l’ancienne loi 86-14 lorsque le prix du pétrole est supérieur à 30US$ par baril.
L’instauration de la dite taxe sur les profits exceptionnels est motivée par le fait que des plus values importantes sont réalisées par les associés de l’entreprise nationale Sonatrach suite à la persistance des prix élevés du pétrole sans que ces associés ne soient soumis à un mécanisme d’écrémage non prévu par certains contrats d’association conclus dans le cadre de l’ancienne loi 86-14.
Malgré l’amendement apporté à la loi 05-07, relative aux hydrocarbures, le cadre juridique régissant les activités dans le secteur des hydrocarbures, reste toujours ouvert et favorable à l’investissement dans les activités régies par cette loi avec les mêmes garanties en matière d’attractivités, de compétition et de transparence
S’agissant de la deuxième partie de votre question, relative à une comparaison avec des pays de situation comparable, je voudrais mettre l’accent sur la démarche adoptée par les pouvoirs publics dans le cadre de leur politique énergétique nationale.
L’Algérie, qui est reconnue comme pays pétrolier et gazier avec un potentiel avéré, cherche toujours à valoriser au mieux ses ressources naturelles pour répondre aux impératifs de son développement économique et social, aux impératifs de rationalisation de l’exploitation de ses ressources au profit des générations futures en tenant compte bien sur, de l’évolution du contexte international relatif au marché pétrolier et gazier.
Partant de ce principe, chaque pays développe et adapte sa législation pétrolière régissant les activités pétrolières et gazières, selon les fondements spécifiques de sa politique énergétique qu’il souhaite mettre en œuvre.
Question N°3 :
Les investissements réalisés ou prévus dans le secteur des hydrocarbures sont en progression constante. Quel est leur montant prévu au cours des prochaines années ? Quelles sont leurs principales destinations ?
Le secteur des hydrocarbures a prévu un programme d’investissement de l’ordre de 45,60 milliards de US$ pour la période 2007-2011 dont 26,20 milliards de dollars, alloués au programmes d’exploitation et de développement des hydrocarbures.
Les tableaux ci-après illustrent le volume des investissements par branche d’activité à réaliser durant la période 2007-2011 :
Investissement en milliards US$
|
|
Réalisation 2006
|
Réalisation 2007-2011
|
|
Amont
|
4,20
|
26,20
|
|
Aval
|
0,56
|
8,60
|
|
Transport
|
1,17
|
5,70
|
|
International
|
0,07
|
4,40
|
|
Autres
|
0,38
|
0,70
|
|
TOTAL
|
6,38
|
45,60
|
Evolution des investissements par branche d’activité (millions US$)
|
|
2007
|
2008
|
2009
|
2010
|
2011
|
Total
|
|
Amont
|
6042
|
8083
|
5585
|
3373
|
3085
|
26168
|
|
Aval
|
980
|
2750
|
2085
|
1524
|
1274
|
8613
|
|
Transport
|
1563
|
2713
|
1170
|
224
|
17
|
5687
|
|
International
|
2862
|
498
|
511
|
417
|
104
|
4392
|
|
Autres
|
251
|
170
|
151
|
142
|
29
|
743
|
|
TOTAL
|
45603
|
|||||
Investissement dans l’Amont pétrolier.
En ce qui concerne les activités Amont, les investissements prévus pour l’échéance susciter, sont destinés à soutenir l’effort de l’Algérie pour atteindre les objectifs de production à moyen terme, à savoir une augmentation de la production de 3 à 5% par an pour le pétrole brut et un objectifs de 85 milliards de m3/an de gaz pour l’exploitation.
Investissement dans l’Aval pétrolier
S’agissant des investissements dans les avtivités Aval pour laquelle nous consacrons une enveloppe de plus de 8,6 milliards de dollars pour la période suscitée, nous nous efforçons de concrétiser notre ambitieux programme de développement de la branche pétrochimique, soit sur nos fonds propres soit en partenariat avec des compagnies internationales qui disposent des compétences avérées en la matière et qui ont des circuits de commercialisation international.
Ces investissements concernant également la réhabilitation et l’augmentation des capacités de l’outil de raffinage.
Investissement dans le Transport des Hydrocarbures
Les investissements de l’ordre de 5,7 milliards de dollars seront consacrés pour l’adaptation du réseau de transport aux normes et standards internationaux ainsi que l’extension de sa capacité de 323 MTEP à 415 MTEP, soit une capacité additionnelle de 92 MTEP.
La longueur du réseau passera, une fois le programme achevé, de 16 000 à 22 000 Km.
Question N°4 :
La production et l’exploitation de gaz occupe une place croissante dans le bilan énergétique de l’Algérie. Quelle est la position de l’Algérie ou la contribution de ce qui a été appelé une « OPEP du Gaz »?
L’Algérie dispose d’importantes ressources gazières et d’une grande expérience dans cette industrie de plus de quatre décennies. La croissance de la production algérienne du gaz est tirée aussi bien par les exportations que par la consommation intérieure.
Il existe aujourd’hui un « Forum des pays exportateurs de gaz » ou « GECF » dont un des objets est l’échange d’information et d’expérience, en matière de développement, de valorisation et de commercialisation du gaz naturel.
Il est à souligner que le marché international du gaz est structuré et fonctionne très différemment de celui du pétrole, avec des marchés régionaux distincts et des relations rigides, et à long terme, entre vendeurs et acheteurs.
Il nous semble légitime et opportun que les pays exportateurs de gaz créent un cadre d’information et d’étude, afin de contribuer à assurer un développement soutenu et harmonieux de leurs industries gazières. L’Algérie est favorable à la promotion d’un tel cadre, qui existe aujourd’hui en ce « GECF ».
Cependant, la mise en place d’une organisation, qui serait la même que l’OPEP, soit ce qui est appelé par la presse une « OPEP du Gaz » ne semble pas, aujourd’hui, une formule appropriée.
Question N°5 :
L’internationalisation des activités de Sonatrach est également une tendance récente de la stratégie de la compagnie nationale.
Quels sont les objectifs de cette démarche ? Quels sont les principaux axes de cette stratégie d’internationalisation ?
Tout d’abord, il importe de souligner que le développement de Sonatrach à l’international ne date pas d’aujourd’hui. Il est marqué notamment durant les années 1970 par l’entrée de Sonatrach dans la scène internationale, grace à un partenariat stratégique pour la construction et l’exploitation du gazoduc transméditerranéen desservant l’Italie et l’Europe en gaz naturel algérien.
L’activité internationale s’est ensuite caractérisée par le lancement du développement des activités de trading des hydrocarbures pour aller avec nos différents produits vers le consommateur final (End User) dans le but essentiel de récupérer une partie non négligeable de la valeur ajoutée qui existe au-delà de nos frontières, tout au long de la chaîne.
Dés la fin des années 1990, Sonatrach a défini un schéma de redéploiement et de développement de ses activités extérieures qui s’est caractérisé par :
- L’assignation d’objectifs stratégiques et d’axes de développement international ;
- Le regroupement des filiales et participations hors d’Algérie de Sonatrach autour d’une société holding internationale avec la restructuration des activités extérieures et leur spécialisation par secteur d’activités.
Les objectifs stratégiques assignés au développement international de Sonatrach étaient de :
- Rechercher et acquérir, hors du territoire national de nouvelles réserves d’hydrocarbures, pour renforcer l’indépendance énergétique du pays.
- Valoriser directement, et par ses propres moyens, ses produits à l’exploitation en captant tout ou partie des profits actuellement générés par les activités de trading, de transport maritime, et de distribution.
- Générer et accumuler des ressources additionnelles pour promouvoir et financer le développement d’activités internationales sans solliciter les ressources financières nationales, à l’exception des investissements dans l’Amont, en raison de leur importance financière et du risque qui les caractérise.
- Acquérir et capitaliser par le biais d’associations, de partenariats et de toutes autres formes d’alliances stratégiques, le know-how nécessaire à la pérennité de Sonatrach.
- Fidéliser et valoriser les carrières de hauts potentiels (experts et spécialistes) par l’élargissement de nouvelles perspectives d’évolution.
Ainsi, le développement international de Sonatrach, s’est appuyé sur trois axes principaux :
v Les investissements industriels dans l’amont, le transport et l’aval
v Les activités de trading et de transport maritime des hydrocarbures
v Les activités de diversifications et de services
Ces investissements et activités sont contrôlés par le groupe, à travers un holding international.
L’augmentation du volume des échanges, l’émergence de nouveaux marchés et la globalisation de l’économie mondiale en 2004, à la relance de la réflexion stratégique sur la poursuite et l’accélération du développement à l’international à l’horizon 2015.
Cette réflexion a engagé entre autre, un processus de benchmark par rapport à des sociétés pétrolières internationales et permis d’organiser un séminaire sur le thème de la « vision internationale à l’horizon 2015 ».
Parmi les conclusions de ce séminaire, on peut recenser les actions clés suivantes :
· L’obtention rapide d’un soutien affirmé de la stratégie internationale du groupe Sonatrach de la part des pouvoirs publics.
· L’adaptation de l’organisation du Groupe, afin de promouvoir la réactivité, l’efficacité, la responsabilité et l’engagement.
· La valorisation des forces vives du Groupe Sonatrach, en améliorant la gestion des ressources humaines
· L’amélioration de la gestion par le déploiement d’outils modernes de management.
· La notoriété et l’image du Groupe Sonatrach.
Ainsi, la vision globale à l’horizon 2015 a assigné les objectifs stratégiques suivantes en matière de développement international :
Pour l’Upstream et le Midstream :
- Acquérir une qualité significative de réserves prouvées en huile et en gaz à proximité des marchés naturels de Sonatrach, au Moyen-Orient, voire en Asie, pour assurer le renouvellement des réserves du Groupe et renforcer la présence de Sonatrach sur ces marchés.
- Les objectifs quantifiés à l’horizon 2015 sont :
- Réserves internationales 600 millions de barils équivalents pétrole
- Reproduction internationale 120 000 barils équivalents pétrole/jour
- Le développement des activités »Midstream » sera lié principalement au développement des activités « Upstream », et sera conditionné aux résultats d’études de faisabilité et rentabilité, au cas par cas.
Pour le Downstream et le Marketing :
- Maintenir la position de Sonatrach sur le marché du Gaz et du GPL euro-méditérrannéen, développer les parts du marché aux USA et l’accès aux marchés asiatiques (notamment Chine et Inde).
- Développer le « Trading » sur les principales places d’échanges de « commodité », en particulier sur le GPL et les liquides.
- Développer les ventes CIF et les ventes au client final
- Accroître les capacité de transport maritime d’hydrocarbures (GPL, GNL, Brut.).
- Valoriser le gaz de charge (hélium) et devenir le premier producteur mondial.
- Valoriser le savoir-faire et accroître le chiffre d’affaires de la distribution de produits pétroliers.
Pour les services :
Proposer d’ici 2015 une gamme complète de services pétroliers et parapétroliers :
- Services pétroliers, services de projets & services d’exploitation
- Consulting & formation
- Service financier.
- Réaliser un chiffre d’affaires très appréciable et l’ensemble des services à l’international, à l’Horizon 2015, principalement en Afrique et au Moyen-Orient.
- Etre capable de réaliser la moitié de ce chiffre d’affaires avec des entreprises ne dépendant pas du Groupe Sonatrach.
- Développer des partenariats ciblés au cours du développement international avec des entreprises reconnues du secteur.
Question N° 6 :
Quels sont les résultats obtenus par l’Algérie en matière d’augmentation de la production d’électricité au cours des dernières années ?les perspectives ouvertes dans ce domaine par la libéralisation du secteur permettent-elles d’envisager la satisfaction des besoins nationaux voire le développement des exportations ?
La production nationale de l’électricité (hors auto-production) a atteint 34 922 G Wh en 2006, en augmentation de 4,2 % par rapport à 2005.
L’entrée en service de la totalité des installations de Kahrama Arzew et de Kahraba Skikda (S.K.S) a permis de porter la contribution de ces deux nouveaux producteurs indépendants à hauteur de 6 042 G Wh, soit 17,3% de la production nationale d’électricité commercialisée.
A fin 2006, la capacité installé nationale s’est élevée à 7 939 M W répartie comme suit : Sonatrach SPE : 6 744 MW (85%), Kahrama : 345 MW (4,3 %), S.K.S : 850 MW (10,7%).
les perspectives ouvertes dans ce domaine par la libération du secteur permettant, sans doute, d’envisager la satisfaction des besoins nationaux, d’une part et le développement des exportations d’autre part.
A cet égard, nous citons les deux grands projets d’interconnexion électrique Algérie-Espagne et Algérie-Italie en technique 400 KV associés à une production de 2000 MW par projet.
Question N°7 :
Dans le domaine de la matière des énergies renouvelables l’Algérie est nettement en retard par rapport à ses voisins.
Nous savons qu’un protocole d’accord doit être signé prochainement avec les USA dans le domaine du nucléaire civil. Quels sont les projets de l’Algérie ainsi que les perspectives envisagées en matière de maîtrise ces énergies (nucléaire, solaire, éolienne…) ?
L’Algérie s’est résolument engagée sur la voie de l’efficacité énergétique avec la promulgation de la loi relative à la maîtrise de l’énergie en 1999. Cette loi vise à améliorer l’efficacité du système de consommation énergétique et à réduire son impact sur l’environnement.
Dans ce cadre nous avons lancé, le premier programme national de maîtrise de l’énergie 2006-2010 qui est l’un des instruments de mise en œuvre de la politique de maîtrise de l’énergie. Ce programme a été établi à partir des orientations socio-économiques et des études de perspective énergétique à moyen et long terme. Il définit les orientations. les objectifs et les moyens de mise en œuvre de cette politique, notamment à travers la mise en œuvre de projets et d’actions dans le cadre d’un plan d’action qui s’adresse aux opérateurs économiques.
Pour la période 2006-2010, le programme national de maîtrise de l’énergie a donné la priorité au secteur de l’industrie, du transport, du bâtiment et de l’agriculture. S’agissant des types d’énergie, la priorité a été donnée à l’économie de fioul et de l’électricité. Quand aux usages de l’énergie, la priorité à été donnée à l’éclairage, la production d’eau chaude sanitaire, la production de froid, le pompage et l’irrigation .
Les énergies renouvelables tiennent une place privilégiée dans le cadre de ce programme quinquennal. En effet, il est prévu un projet de développement du chauffe-eau au niveau de l’habitat ainsi que le tertiaire. ainsi qu’un projet de développement de l’utilisation de ces énergies dans le pompage et l’irrigation dans le secteur de l’agriculture. Concernant le chauffe-eau solaire, ce programme est prévu pour 2008 et vise l’installation de 400 chauffes eau solaire individuelles entre 2008 et 2010 et la réalisation de 2 000m² dans la même période.
Les objectifs visés étant :
Ø D’amorcer la création d’un marché du chauffe eau solaire.
Ø De favoriser l’implantation d’une industrie locale du chauffe eau solaire.
Ø De renforcer les capacités de la main d’œuvre locale notamment de l’installation et la maintenance.
Ø De réduire les gaz à l’effet de serre.
Ce programme de maîtrise de l’énergie permettra de réaliser de l’économie de l’énergie de l’ordre de 257 199 TEP qui peuvent être valorisées à l’exportation et générer pour la collectivité prés de 6 890 millions de dinars, ce qui n’est pas négligeable quand on sait que le développement de notre pays dépend à 95% des recettes d’exportation des hydrocarbures.
Outre les économies d’énergies qui peuvent être réalisées, la mise en œuvre de ce programme permettant de générer des investissements de l’ordre de 3 100 MDA ce qui est appréciable comparés à l’aide apportée par la FNME de 2 241 MDA.
Au plan social, les actions inscrites au titre du PNME 2006-2010, permettant de créer de l’emploi, en particulier dans les nouvelles filières telle que le chauffe-eau solaire. Quant au consommateur, le programme contribuera à lui inculquer les bons gestes et l’aider à réduire sa facture énergétique. Et c’est là qu’intervient justement l’APRUE en tant qu’animateur et coordinateur de la mise en œuvre de la politique de maîtrise de l’énergie. L’une de ses missions consistent justement à sensibiliser, informer, accompagne ces consommateurs. Plusieurs actions ont été menées dans ce sens à travers notamment les compagnes de communication, les journées portes ouvertes envers le public scolaire, l’organisation de séminaires d’information, de sensibilisation et de formation des professionnels et des décideurs.
Enfin et tenant compte de l’engagement de l’Algérie dans la voie de la préservation de l’environnement, la mise en œuvre du programme national de maîtrise de l’énergie permettra d’éviter l’émission de 469 096 tonnes de CO² dans l’atmosphère, ce qui est un argumentaire supplémentaire pour obtenir le soutien des bailleurs de fonds internationaux dans la mise en œuvre de ces actions, voire les valoriser dans le cadre de Mécanisme de développement propre (MDP).
STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DES ENERGIES
RENOUVELABLES
En matière de l’Algérie est un des pays à avoir fixé des objectifs en matières de développement d’énergie renouvelables. C’est le troisième pays après l’Allemagne et l’Espagne a avoir mis en place un système d’invitation (Freed in Law) pour le développement des Energies renouvelables.
C’est le seul pays qui a constitué une société en charge du développement des énergies renouvelables. : NEAL.
En terme d’objectifs, 5% des consommations énergétiques nationale soit 14% de la production installée. Avec le projet Hassi R’mel, l’Algérie envisage de développer une capacité installée.
Le porte feuille de projet en cours : 3 hybrides solaire –gaz soit 3 x 75 MW = 225 MW et 100 MW de fermes éolienne devraient porter d’ici à 2015 la capacité installées à 325 MW.
Les nouveaux objectifs devraient voir cette capacité atteindre prés de 2800 MW d’ici 2020. Pour la même période, l’Algérie envisage de développer une capacité de 6000 MW pour l’exploitation vers l’Europe.
La technopole de Hassi R’mel auquel sont associés plusieurs partenaires dont des européens serait le vecteur de développement de la stratégie industrie solaire à même d’atteindre ces objectifs.
Concernant l’énergie nucléaire et dans le but de maîtriser la technologie nucléaire à dés fins pacifiques, l’Algérie a acquis deux réacteurs de recherche, de formation et de production de radio-isotopes et autres infrastructures nucléaires de base tels que :
- Réacteur de recherche « Nur » (Draria) : puissance 1MW
(Conception INVAP/Argentine), mise en service 1989.
- Rédacteur de recherche « Es-Salem » (Birine) : Puissance 15 MW
(Conception Chinoise), mise en service1992.
- Unité de fabrication des éléments combustibles.
- Cellule de Production de radio-isotopes et radio-pharmaceutiques.
- Autres laboratoires dans les domaines des sciences et technologies nucléaires.
L’Algérie se prépare aussi, à introduire la production de l’électricité au moyen de l’énergie nucléaire en engageant des projets de coopération avec l’AIEA relatifs à l’introduction de l’électronucléaire, à la planification énergétique et au dessalement de l’eau de mer.
Concernant le volet réglementaire, un projet de loi sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire est en cours d’élaboration.
Les Engagements internationaux de l’Algérie :
- Membre de l’AIEA depuis le 24 décembre 1963.
- Signature du TNP (12 janvier 1995) et l’accord des garanties généralisées avec l’AIEA (INFCIRC N°531 ratifié le 1er décembre 1996).
- Convention sur la sûreté nucléaire (signée le 20 décembre 1994 et non ratifiée).
- Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire (Retifiée le 23 octobre 2003).
- Convention sur l’assistance en cas d’un accident nucléaire ou d’urgence radiologique (Ratifiée le 23 octobre 2003).
- Convention sur la protection physique des matières et des installations nucléaires (Ratifiée le 16 février 2003).
- Protocole Additionnel (PA), l’Algérie a fait une déclaration d’intention au conseil des gouverneurs de l’AIEA en juin 2004 (processus en cours).
III- Coopération technique avec l’AIEA :
Plusieurs projets sont menés depuis des années avec l’AIEA dans les domaines des applications des techniques nucléaires dans les secteurs suivant :
A- Applications non énergétiques :
Santé : Médecin nucléaire, radiothérapie, imagerie médicale.
Ressources en eau : Technique isotopique pour la datation des nappes aquifères, leur renouvellement, leur pollution, détection des fuites dans les barrages, intrusion des eaux marines dans les nappes souterraines.
Agriculture : lutte contre les insectes ravageurs des plantes, l’amélioration génétique des plantes, conservation des aliments par irradiation.
Environnement : surveillance de l’environnement atmosphérique, contrôle de la pollution marine, traitement des eaux usées.
Industrie : stérilisation des instruments et produits médicaux à usage unique (seringue, etc…) ; contrôle non destructif (soudure de pipe, etc…).
B- Applications énergétiques :
Des projets sont menés avec l’AIEA et porte sur :
- La planification énergétique et préparation à l’introduction de l’Electronucléaire.
- Dessalement de l’eau de mer au moyen de l’Energie Nucléaire.
IV- Accord avec les USA :
Un Accord de coopération, sur les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, a été signé le 09 juin 2007 à Alger.
Il porte notamment sur l’échange d’informations scientifiques et technique, la formation du personnel technique et scientifique à travers des bourses, de visites scientifiques, séminaires et cours spécialisés, l’échange d’expertise dans les domaines suivants :
- Radioprotection et physique médicales.
- Sûreté des installations et gestion des déchets radioactifs
- Mise en œuvre de projets conjoints de recherche et développement.
- Organisation de séminaires et ateliers spécialisés
- Toute autre forme de coopération en liaison avec l’utilisation pacifique de l’Energie Nucléaire.
Question 8 :
Le cadre législatif régissant l’exploitation des ressources minières de l’Algérie a également été renouvelé au cours de ces dernières années ?
Quelles sont ses principales caractéristiques ? Cette mise à jour du cadre légal a- t-elle permis une dynamisation de cette activité ?
L’Algérie possède un domaine minier qui reste sous exploité. Elle recèle des ressources en substances minérales telles que le mimerai de fer, l’or, les phosphates, le zinc, le plomb, l’étain, le tungstène, l’uranium, le marbre, les pierres précieuses et semi-précieuses…
Pour relancer les activités minières en Algérie, une réforme profonde des cadres juridique et institutionnel a été engagée dés l’année 2000 par les pouvoirs publics.
Ainsi, la loi n°01-10 minière a été promulguée le 3 juillet 2001 et consacre les principes de :
- La clarté et la transparence dans l’octroi des titres miniers.
- Le libre accès du domaine minier à tout opérateur, sans discrimination de statut ou de nationalité.
- La sécurité des droits miniers acquis.
- Une organisation institutionnelle moderne et adaptée.
- Le recentrage du rôle de l’Etat sur les missions de régulation et de promotion.
- La mise en place d’un dispositif fiscal et financier spécifique et compétitif.
- La protection de l’environnement.
- La garantie du transfert des gîtes et indices mis en évidence sur fonds publics.
Afin de mettre en confiance les investisseurs miniers, la promulgation de la loi manière a été complétée par l’ensemble de ses textes d’applications.
A la faveur de la nouvelle loi minière, le secteur minier opère une mutation radicale, affiche un nouveau dynamisme et offre un visage inédit : privatisation, partenariat, concurrence, ouverture de nouvelles mines et carrières.
Les premiers principaux résultat de cette réforme se résument comme suit :
Ø Augmenter les nombres des titres et autorisations minières octroyées.
Ø Assurer une gestion efficace et moderne du domaine minier, notamment par la mise en place d’un cadastre minier
Ø Créer un engouement des investisseurs locaux et attirer les investissements étrangers
Ø Augmentation de la production des principales substances minérales déjà produites et d’en produire d’autre par l’ouverture de nouvelles mines (or).
Ø Conclure de partenariat avec des sociétés étrangères
Ø Créer des emplois notamment dans des zones déshéritées.
Question 10 :
Avec ses 4128 kilomètres de longueur le projet « Trans-Saharan Gas Pipeline » est incontestablement un projet d’envergure mondiale des plus stratégiques que votre secteur développe à l’international avec des partenaires Africains, notamment le Nigeria.
Pouvez-vous Monsieur le Ministre informer nos lecteurs sur les principales caractéristiques de ce méga projet en terme de :
Partenaires et technologie concernés, Etat d’avancement des études, coûts estimatifs de réalisation, planning des travaux, stratégies de financement, rentabilité commerciale, impact économique, social et environnemental ?
Comme vous l’affirmez dans votre question, le TSGP est effectivement un projet intercontinental d’envergure mondiale dont la longueur atteint 4 128 kilomètre.
137 kilomètres traverseront le territoire du Nigeria, 841 kilomètres parcourront le Niger, alors que 2 310 kilomètres traverseront le territoire Algérien jusqu’à la côte méditerranéenne.
Ce projet prévoit également la construction de 18 stations pour l’option du gazoduc au diamètre de 56 pouces et de 16 stations de compression pour l’option du gazoduc au diamètre de 56 pouces et de 16 stations pour l’option 48 pouces.
Ce gazoduc transportera de 20 à 30 Milliards de m3 de gaz par an. Le coût global du projet est estimé à plus de 10 Milliards de Dollars.
L’impact de la réalisation de ce grand projet sera d’ouvrir des perspectives viables à l’activité économique et au progrès social pour toutes les régions qu’il aura à traverser. L’une de ces perspectives et non des moindres sera de permettre l’alimentation en gaz naturel de régions traversées y compris des pays voisins du tracé du gazoduc. Il est en effet prévu d’assurer l’alimentation en gaz de zones dépourvues d’infrastructures gazières dans le centre et le nord du Nigeria.
Le Niger, pays de transit et les pays limitrophes tel que le Mali et le Burkina Faso, pourront également être alimentés en gaz, ainsi que les régions au grand sur Algérien.
L’arrivée du gaz naturel dans ces contrées favorisera la création de zones économiques viables et, de la, la fixation des populations et la diminution des flux migratoires vers l’Europe.
L’impact sera sans conteste positif sur toutes ces régions dont les populations utilisent à ce jour le bois pour leurs besoins d’énergie. Un bois prélevé sur les maigres surfaces boisées. Seuls remparts contre la désertification.
L’utilisation du gaz naturel comme énergie est synonyme de réduction de rejet du gaz carbonique dans l’atmosphère et, par conséquent, un plus grand respect de l’environnement.
Compte tenu des éléments liés aux aspects technico-économiques et de marché, Sonatrach et NNPC, la compagnie pétrolière nationale nigériane, qui supervisent le projet TSGP, estiment que la mise en gaz du pipeline se fera très probablement à partir de 2015. Ce timing permettra un positionnement renforcé du gaz africain sur le marché européen dont les projections de développement prévoient un déficit à partir de 2015.
Tous ces objectifs stratégiques sont confortés aujourd’hui par des études qui soutiennent la viabilité économique du trans Saharan Gaz Pipeline qui, une fois mis en route, sera d’une grande rentabilité commerciale.
Ce projet, qui est destiné à concrétiser la mise en commun des potentialités et des richesses africaines et dont l’objectif stratégique est de permettre aux pays africains, à la fois, de concevoir et d’exécuter de concert des projets structurants, aura un impact des plus positifs sur le développement économique, politique et social d’une partie appréciable de ce continent.




Commentaires
#1 - Le mardi 26 février 2008 à 18:21, par fifi
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