Le marché algérien face à la calamité du commerce parallèle
[La Tribune] L'informel, une activité en net développement
L'ouverture du marché algérien était-elle une bénédiction ou une malédiction pour les Algériens ? C'est l'une des questions que beaucoup de gens se posent souvent, vu la situation actuelle du marché national qui n'arrive pas depuis la fin de la dernière décennie à se débarrasser de l'informel qui continue à se développer à travers tout le territoire algérien.
L'ouverture du marché algérien était-elle une bénédiction ou une malédiction pour les Algériens ? C'est l'une des questions que beaucoup de gens se posent souvent, vu la situation actuelle du marché national qui n'arrive pas depuis la fin de la dernière décennie à se débarrasser de l'informel qui continue à se développer à travers tout le territoire algérien.
Cette situation persiste au vu et au su des autorités concernées. Face à ce fléau qui ronge l'économie algérienne et qui a subi de sacrés coups durant la décennie de turbulence, les différents secteurs économiques s'en lavent les mains. Aujourd'hui, le secteur informel est l'une des issues les plus prisées par les chômeurs qui se comptent par centaines de milliers, voire par millions, qui n'arrivent pas à trouver un travail décent. Actuellement, et selon le responsable de la communication au niveau de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), M. El Hadj Tahar Boulenouar, «d'après les chiffres que nous avons à notre niveau, je peux vous dire que le marché informel emploie pas moins de 1,5 million de personnes contre 1,25 million de commerçants déclarés […], et ces chiffres sont approximatifs». Ce chiffre semble être faible mais en réalité il doit être plus important puisque le taux de chômage est estimé à plus de 13% de la population active. Pour faire face à cette réalité, l'Etat a mis en place plusieurs organismes chargés de l'aide à la création d'emplois et de la richesse à travers notamment l'Ansej, un des plus anciens et importants dispositifs de création d'entreprises en Algérie.
Cette initiative à été «étouffée» par les lourdeurs administratives, notamment au niveau des banques publiques. En effet, la prolifération regrettable de l'informel en Algérie trouve son origine dans l'organisation elle-même du marché qui fait défaut.
«Aujourd'hui, ces vendeurs dans les marchés informels ne sont pas concernés par les impôts et ils n'ont aucune charge à payer [loyer, électricité, eau …], au contraire ils enregistrent des bénéfices nets, au moment où les commerçants déclarés font face à plusieurs factures à régler, ce qui diminue de leurs recettes.»
Cette situation a poussé, selon notre interlocuteur, à «la fermeture de pas moins de 4 000 boulangeries durant ces dernières années. Leur nombre est passé de 17 000 à 13 000». Cette réalité pourrait gangrener d'autres secteurs si les pouvoirs publics ne décident pas à mettre fin à cette anarchie. C'est d'ailleurs l'une des propositions de l'UGCAA, formulée depuis quelque temps au ministère du Commerce, «une proposition qui n'a pas eu de suites», ajoute M. Boulenouar. De son côté, l'UGCAA afin de voir plus clair a essayé d'organiser ses adhérents par spécialités à travers des commissions chargées de traiter chacune ses préoccupations.
Ainsi, elle a scindé ses adhérents en huit commissions, à savoir fruits et légumes, bijoutier, taxi, boulanger, station-service, coiffeur, pêche et transporteurs.
Le nombre de commissions, sera revu à la hausse puisque l'Union a décidé à partir du mois prochain de la création d'autres commissions, celles des agences de communication et d'alimentation générale. C'est une des initiatives qui permettent au commerce algérien de sortir de l'ornière, un commerce qui se bat depuis des années contre vents et marées.
