Plusieurs syndicats et non seulement autonomes ont effectivement averti qu'ils vont faire recours à des grèves lors de la première semaine d'octobre pour manifester tout le mal qu'ils pensent des dispositions de la grille des salaires adoptée récemment par le Conseil des ministres ainsi que des statuts particuliers. Cette fois-ci, ce ne sont pas seulement les syndicats autonomes qui sont mobilisés puisque même un syndicat affilié à l'UGTA a indiqué qu'il participera à ce mouvement. Ainsi, les syndicats pensent que la grille des salaires de la fonction publique telle qu'adopté est une supercherie.
Pourtant, le ministre des Finances avait annoncé auparavant que certains fonctionnaires allaient bénéficier d'une hausse de leurs salaires supérieure à 50 %. Au vu des décrets adoptés par le Conseil des ministres, il est clair que l'Etat commence d'abord par ménager ses hauts cadres. Les cadres supérieurs sont effectivement les premiers à bénéficier de ces hausses et ce sont ceux qui en ont bénéficieront le plus. Les travailleurs situés au bas de l'échelle ne verront leurs bulletins de paie enrichis que de quelques centaines de dinars. Les syndicats ne sont pas du tout satisfaits du fait que les primes et les indemnités soient calculées lors de la décision sur la révision de la grille des salaires. Au lieu de 50 % d'augmentation, celle-ci ne sera finalement que 20 %, selon les syndicats. En outre, il y a peu de chances que les contre arguments du gouvernement soient entendus par le gouvernement. Les syndicats ont relayé des propos du directeur de la fonction publique selon lesquelles toutes ces actions prévues ne sont que de l'agitation. En tout cas, le gouvernement considère que tout ce qui est lié au traitement des fonctionnaires est de son ressort exclusif. Les consultations avec l'UGTA ne sont là que pour récolter un acquis d'avance. Ce qui a d'ailleurs été aussi l'occasion de la diffusion d'un communiqué par l'UGTA à la gloire du président de la République…
Les syndicats autonomes implantés dans les secteurs de l'éducation et de l'enseignement supérieur sont les plus actifs pour dénoncer les travers de l'ordonnance. Et dans ces deux secteurs, la situation des fonctionnaires n'est pas très satisfaisante. On n’en veut pour exemple celle des enseignants qui se retrouvent sans affectation et sans poste précis du fait que le cycle de l'enseignement est amputé d'une année pour passer de 6 à 5 ans. Personne ne veut prendre en charge ces déboires. C'est le signe que le sort des fonctionnaires n'est pas du tout une préoccupation des gouvernants. Même si le ministre de l'Education nationale a voulu tendre la perche récemment afin d'éviter le mouvement de grève. Les autres secteurs n'ont pas réagi à ces changements dans le statut de leurs fonctionnaires considérant à coup sûr que c'est une question de souveraineté à laquelle il ne faut surtout pas se mêler.