L’Algérie est classée à la 125e position, sur un échantillon de 178 économies, par le rapport annuel conjoint de la Banque mondiale et de sa filiale, la Société financière internationale (SFI), sur l’environnement des affaires, plus connu sous le nom “Doing Business” publié hier. Notre pays, qui recule de neuf points par rapport à 2006, l’année au cours de laquelle elle a été classée 116e, devance le Maroc qui se situe au 129e rang et l’Égypte, pourtant considéré premier pays réformateur au monde pour 2006/07 et classée à la 126e place. Mais l’Algérie vient bien après l’Arabie Saoudite 23e place, les Émirats arabes unis (68e), la Jordanie (80e) et la Tunisie (88e place).
L’Égypte, souligne le rapport “Doing Business 2008”, le cinquième d’une série de rapports annuels publiés par la Banque mondiale et IFC, est le premier pays réformateur au monde pour 2006/07. L’Égypte devance d’autres réformateurs à travers le monde et particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en facilitant la pratique des affaires, avec des progrès dans 5 des 10 thèmes étudiés par Doing Business. L’Arabie Saoudite, septième réformateur mondial et deuxième au Moyen-Orient, a rejoint les 25 premiers pays au monde en matière de facilité de faire des affaires. Ils ont réformé dans trois des 10 thèmes étudiés. En fait, notre pays n’a pas véritablement reculé.
Ce sont les autres qui ont avancé dans les réformes en termes de facilité de faire les affaires. Doing Business 2008 classe 178 économies en matière de facilité à faire des affaires. Le classement repose sur 10 indicateurs de la réglementation des affaires qui mesurent les temps et coûts nécessaires pour satisfaire aux exigences officielles en matière de création et de gestion d’entreprise, de commerce transfrontalier, de fiscalité et de fermeture d’entreprise.
Il ne prend pas en considération des domaines comme la politique macroéconomique, la qualité des infrastructures, la volatilité des devises, la perception des investisseurs ou le taux de criminalité. Par thème, l’Algérie occupe la 131e, position pour la création d’entreprises (120 en 2006), la 117e pour l’octroi de licence (108e en 2006), la 118e pour l’embauche des travailleurs, la 156e pour le transfert de propriété, la 115e pour l’obtention des prêts, la 64e pour la protection des investisseurs, la 157e pour le paiement des impôts, la 114e contre, la 36e pour le commerce transfrontalier, la 117e pour l’exécution des contrats, et enfin la 29e position en ce qui concerne la fermeture d’entreprises. 14 procédures et 24 jours sont nécessaires pour qu’une société à responsabilité limitée (Sarl) commence légalement son activité, un véritable parcours de combattant.
Au Maroc, le nombre de procédures n’est que 6 et la Tunisie 10. Pour la construction d’un entrepôt, incluant l’obtention des licences et permis nécessaires, l’accomplissement des notifications et inspections requises et l’obtention des raccordements (eau, téléphone, électricité), il faut 22 procédures et cela peut durer 240 jours. En Tunisie, le nombre de procédures est de 20 pour 93 jours.
Au Maroc, 19 procédures sont demandées avec une durée de 163 jours. Concernant l’embauche des travailleurs, l’Algérie est mieux classée que le Maroc, mais moins que la Tunisie.
En Algérie, l’indice de difficulté d’embauche est estimé à 44, (28 pour la Tunisie et 100 pour la Maroc), celui de rigidité des horaires est de 60 (40 pour la Tunisie et 40 pour le Maroc). Pour les difficultés de licenciement, l’indice est de 48 (80 en Tunisie et 50 au Maroc). L’indice de rigidité de l’emploi, affiche 48 en Algérie, 49 au Tunisie et 63 au Maroc. Les avantages extra-salariaux sont estimés à 27% du salaire en Algérie, 22 seulement en Tunisie et 19 au Maroc. Au sujet de la facilité qu’ont les entreprises à enregistrer leur titre de propriété, le rapport estime que c’est plus compliqué en Algérie que chez les pays voisins. En Algérie 14 procédures, 51 jours sont nécessaires en Tunisie, le nombre de procédure n’est que de 5. Concernant l’indicateur “obtention de prêt”, l’indice des droits légaux est évalué à seulement 3 en Algérie, au même titre que le Maroc. Il n’est que de 2 en Tunisie.
L’indice des droits légaux s’étend de 0-10, avec 10 indiquant les lois les mieux conçues pour améliorer l’accès au crédit indiquant. L’indice sur la divulgation de l’information sur le crédit mesure, quant à lui, la portée, l’accès et la qualité de ces indicateurs au niveau des registres publics ou des bureaux privés. Il s’étend de 0-6, avec 6 indiquant l’accès intégral à l’information sur le crédit. L’indice en Algérie est de 2, en Tunisie il est de 4 et 1 seulement au Maroc.
Concernant la protection des investisseurs l’Algérie est mieux classée que la Tunisie et le Maroc. Concernant les coûts et procédures nécessaires pour l’import et l’export, notre pays est moins loti que les voisins. Alors qu’il ne faut que 5 documents et 17 jours pour exporter en Tunisie, avec un coût estimé à 810 dollars US par conteneur, en Algérie 8 documents et 14 jours sont nécessaires.
Le coût à l’exportation est évalué à 1 378 dollars US. Pour l’importation, le nombre de documents demandés est de 9 (7 en Tunisie) le coût est estimé 1 198 dollars US alors qu’il n’est que 540 dollars en Tunisie. Singapour est en tête du classement pour la deuxième année consécutive.
Les 25 autres premiers pays du classement sont, dans l’ordre, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, Hong Kong (Chine), le Danemark, le Royaume-Uni, le Canada, l’Irlande, l’Australie, l’Islande, la Norvège, le Japon, la Finlande, la Suède, la Thaïlande, la Suisse, l’Estonie, la Géorgie, la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Lettonie, l’Arabie Saoudite, la Malaisie et l’Autriche. Les pays qui occupent le haut du tableau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont l’Arabie Saoudite (23), l’Israël (29), le Koweït (40) et Oman (49).