Et là, les conditions sont d’ores et déjà émises dans le cahier de charges, selon M. Bouterfa, qui précisera dans ce contexte que le prix maximum fixé par Sonelgaz pour la réalisation de ces deux centrales de type cycle combiné s’élève à 2,34 milliards d’euros (environ 3,4 milliards de dollars), enveloppe très importante qui inclut donc, le fait que, en cas de non respect de ce prix plafond, l’entreprise algérienne se réserve le droit de donner suite ou non à l’offre financière ou bien de recourir à d’autres "stratégies" commerciales pour octroyer le marché. Allant plus loin, le PDG du groupe signalera que les soumissionnaires ayant déjà finalisé les projets de contrats correspondant à ces centrales sont dispensés de la remise de nouvelles offres, une simple confirmation de leurs engagements étant requise.
L’Allemand Siemens doit, quant à lui, s’engager à "finaliser les pièces contractuelles sur la base des documents existants des affaires similaires où il a été soumissionnaire", a-t-il affirmé, signalant le fait que “Siemens avait été disqualifié après avoir demandé à plusieurs reprises le report du délai de dépôt des offres techniques. Pour les soumissionnaires, obligation est faite d’accepter tels quels, les projets de contrats finalisés avec les trois précédents concurrents". En effet, en plus du consortium Alstom- Orascom, un groupement composé de la compagnie américaine General Electric et de la société espagnole Cobra était pré qualifié après l’évaluation de ses offres techniques mais ce groupement n’a pas présenté les offres commerciales correspondantes, Sonelgaz lui ayant refusé tout délai supplémentaire. En outre, les délais de réalisation annoncés par GE sont supérieurs de 9,5 mois comparés à ceux d’Alstom, et différer encore l’offre serait "aggraver la situation" dans un contexte international où la construction de centrales électriques coûte de plus en plus cher et les délais d’acquisition sont de plus en plus longs. Il faut dire, qu’en déclarant infructueuse l’offre de l’unique groupement en lice (Alstom- Orascom), la compagnie algérienne semble avoir considéré, en toute logique, qu’avec de nouvelles offres, elle pourrait gagner en coûts et en délais, les deux centrales devant être mises en service vers la fin 2011. Pour rappel, la flambée des prix des matériaux servant à la construction de centrales (nickel, cuivre, acier, béton...) observée depuis une année à peine avec des prix parfois multipliés par huit, ajoutée à une pénurie de main- d’œuvre dans un contexte de forte demande d’installations de génération électrique de par le monde, ont en effet généré un véritable emballement des coûts et un allongement considérable des délais de réalisation, en même temps qu’elles ont rendu problématique toute projection sur le long terme dans ce domaine, explique-t-on à Sonelgaz.
Interrogé sur les chances d’accorder le marché des deux centrales pour qu’elles soient au rendez-vous de 2011, M. Bouterfa s’est dit simplement "confiant et optimiste" à ce sujet.
Enfin reste à signaler, que le programme imparti à ce groupe, par le département de l’énergie, prévoit d’arriver entre autres, à avoir 70 centrales électriques d’ici à la fin de l’année 2007, et de réaliser quelque 1575 Km de lignes électriques supplémentaires en plus des 16.000 km existant actuellement. Par ailleurs, pas moins de 138 projets sont en cours de réalisation, contre 165 qui sont en cours d’appel d’offres. L’investissement de production dans ce contexte, est de l’ordre de 477 milliards de dinars.