Devant la cherté de la vie et les dépenses circonstancielles (vacances, rentrée scolaire, Ramadhan, Aïd), dans la majorité inévitables, nombre de ménages ne trouvent d’autre alternative pour satisfaire leurs besoins d’achats que de souscrire un crédit à la consommation auprès de leur banque. Les établissements financiers publics et privés ont compris d’ailleurs que les crédits à la consommation sont très avantageux car mettant les banques à l’abri des dangers et des surprises. Dans le nombre de demandes de crédits qu’enregistrent les établissements ces dernières années, les prêts particuliers ou personnels occupent la première place dans le tableau de leurs activités. Un phénomène de société qui n’a rien d’extravagant tant, de nos jours, le recours par les familles ou des particuliers à un crédit bancaire s’inscrit de plus en plus dans une logique de consommer sans attendre de réunir la ou les sommes voulues puisqu’il est devenu facilement possible de contracter une créance auprès d’une banque pour peu que l’on démontre qu’on a un revenu régulier et en nette proportion avec la somme demandée ou le prix de l’article qu’on veut acheter. Cela dit, il faut reconnaître que les banques ont largement facilité les crédits en direction de la clientèle de particuliers. A souligner par ailleurs que ces établissements ne cessent de diversifier leurs produits liés aux crédits particuliers. Si, pour certaines banques, de nouveaux prêts dits «personnels», c’est-à-dire accordés aux personnes, connaissent une forte demande, d’autres produits du même type commencent à se développer.
N’empêche que, pour drainer un maximum de clients, nombreux sont les établissements financiers, en tête de file les sociétés de crédit, qui offrent des crédits à de multiples catégories de personnes. Ils accordent des prêts particuliers aux détenteurs d’un salaire minimum de 20 000 DA. Sont aussi éligibles les personnes qui disposent d’un poste d’emploi permanent et d’un salaire régulier. Le postulant ne doit pas dépasser la soixantaine. Pour les travailleurs relevant du secteur privé, une déclaration du revenu annuel auprès de la Sécurité sociale est exigée. Pour les commerçants, ils doivent fournir dans le dossier une déclaration fiscale, le registre du commerce, la résidence, certificat de scolarité… Sans cela, ils verront leur dossier rejeté. Le crédit minimum dans beaucoup de banques est de 50 000 DA. Lorsqu’il s’agit d’un crédit dit libre, la Cetelem offre juqu’à trois mois de salaire du demandeur. Le délai de traitement du dossier est arrêté en moyenne à 48 heures si ce dernier est bien ficelé. Au pire des cas, une réponse est donnée sous huitaine. Quant au plafond du prêt, il est généralement fixé à 200 000 DA. Quelques banques vont jusqu’à 300 000 DA pour une durée de remboursement de 36 mois. On notera au passage que les filiales des banques étrangères font preuve d’imagination puisqu’elles ne cessent de lancer de nouvelles offres. En somme, on peut dire que le développement des crédits à la consommation en Algérie semble sur la bonne voie. Mais toujours est-il qu’on peut se demander si cette multiplication de formules des crédits à la consommation ne va pas menacer les ménages de surendettement.
D’autant plus que, sur le terrain, on constate une sorte de frénésie chez les familles algériennes à trop recourir à l’emprunt, celle-ci (frénésie) boostée, certes, par l’abondance de l’offre qui par là même est une puissante incitation à l’achat. Autre constat : jamais les Algériens n’ont autant emprunté pour consommer. Et c’est bien le mois de ramadhan qui culmine dans le tableau des dépenses de chaque famille. Une période de l’année où l’on va jusqu’à s’endetter sans se soucier comment va se faire le remboursement.
Sans aucun doute très dur à supporter quant on sait que le taux d’intérêt bancaire en Algérie demeure élevé. Et pour preuve, ce taux varie de 8,5 jusqu’à 10% en hors taxes, et auquel il faudra ajouter la fameuse TVA, à tel enseigne qu’il reste assez onéreux pour les bourses moyennes notamment par rapport à leur capacité de remboursement du crédit contracté qui est de loin en net recul. Ce qui, de surcroît, nous mène vers un scénario de surendettement des ménages puisque les emprunteurs procèdent généralement à un transfert d’une grande partie de leurs dépenses sur le remboursement du crédit.