Aujourd’hui, et avec le retour de la stabilité, les pouvoirs publics ont décidé de moderniser ce secteur afin de désenclaver les différentes wilayas du pays de l’isolement qui les ronge depuis quelque temps, à travers la mise à niveau et la modernisation des lignes ferroviaires existantes, ce qui touchera un réseau de l’ordre de 855 kilomètres.

900 milliards de dinars pour moderniser le rail en Algérie
Ce mégaprojet pour lequel l’Etat a alloué une enveloppe financière de 900 milliards de dinars (10 milliards de dollars) entre dans le cadre du programme de la relance économique 2004-2009. A travers cette action, l’Etat vise la rénovation de l’ensemble des voies existantes, procède à leur doublement, à l’électrification de la rocade nord et à l’acquisition d'un nouvel équipement en matériel roulant pour la signalisation et pour la télécommunication. Il s’agira également de procéder à la création d’une seconde rocade dans les Hauts Plateaux avec l’extension des pénétrations jusque dans le sud du pays. En effet, le nouveau plan ferroviaire prévoit une densification dudit réseau dans le centre, l’est, l’ouest et le sud du pays. Pour ce faire, plusieurs chantiers sont actuellement en cours de réalisation. En ce qui concerne les nouvelles lignes ferroviaires à réaliser, on trouvera la ligne reliant deux wilayas du Sud, à savoir Touggourt à Hassi Messaoud, Bordj Bou Arréridj à Khemis Méliana en passant par Alger, en desservant Blida et Bouira avec une ligne à grande vitesse. Celle de Mechria et Béchar sur 360 km, une ligne de jonction entre Mechria et Redjem-Dedouche sur un linéaire 240 km. Toujours sur les lignes reliant le Nord au Sud algérien, on trouve la ligne Boumedfaa-Djelfa qui se poursuit par la construction de la boucle du sud avec Laghouat, Ghardaïa et Ouargla sur pas moins de 240 km. Pour l’ouest du pays, il est prévu la réalisation de nouvelles voies allant de Mohammadia (Mascara) jusqu’aux frontières marocaines, les chantiers regrouperont les lignes suivantes : Mohammadia-Saïda via Mascara, Mechria-El Bayadh, Tissemsilt-Tiaret, Yellel-Oued Sly (Chlef), Tiaret-Relizane et Oued Tlelat avec les frontières marocaines. La réalisation des nouvelles lignes ne peut se faire sans la modernisation du réseau déjà existant. Celle-ci évitera d’importantes dépenses à l’Etat qui se comptent à coût de milliards. C’est dans cette optique qu’il a été décidé la modernisation des lignes existantes, au nombre de sept, à savoir Biskra-Touggourt, Bouchegouf-El Kouif, Thenia-Tizi Ouzou, Béjaïa-Beni Mansour, Tiaret-Saïda-Moulay Slissen (Sidi Bel Abbès), Tlemcen-Redem Dedouche et enfin Annaba-Ouenza. Une autre partie du réseau ferroviaire sera soumise au dédoublement des voies déjà existantes, bien sûr. Pour cette partie, l’objectif de l’Etat est d’améliorer la sécurisation des déplacements en réduisant le temps de parcours. Ce projet touchera trois lignes reliant plusieurs wilayas : Yellel-Mohammadia, Bordj Bou Arréridj-Sétif-Khroub et le dernier concerne Annaba-Azzaba-Ramdane Djamal.
Cette nouvelle politique de modernisation ne pouvait pas écarter le côté électrification du réseau. En somme, ce plan d’électrification dit «ambitieux» concernera l’ensemble de la rocade nord, à savoir la capitale Alger, qui verra l’électrification de sa banlieue notamment avec les lignes Alger-Tizi Ouzou et Alger-El Affroun. Le chantier sera un peu étendu pour regrouper la ligne Boumedfaa-Djelfa.

ANESRIF : Pour gérer la modernisation du réseau ferroviaire
L’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF) est chargée de gérer cette modernisation. Elle est l’un des plus importants projets pris en charge par le gouvernement. Pour ce faire, l’ANESRIF a été créée par décret n°05-256 en juillet 2005, à laquelle une enveloppe financière de l’ordre de 900 milliards de dinars a été consacrée. Afin de bien mener son projet, le gouvernement a décidé l’introduction d’une nouvelle technologie à savoir : le GSM-R dans les télécommunications et de la signalisation ferroviaire.
En effet, il s’agit d’un système cellulaire de radio communication appelé à remplacer progressivement les liaisons radio-sol-train actuellement utilisées par la SNTF.
L’introduction dudit système est actuellement en cours, puisque le directeur général de l’ANESRIF, M. Hassen Saïdi, a déclaré en marge de la tenue d’un séminaire international portant sur l’utilisation de cette nouvelle technologie dont le taux d’utilisation est estimé seulement à 60% dans les pays développés, que «le réseau ferroviaire de l’Algérois sera fonctionnel avec le système GSM-R à partir du deuxième semestre 2008». Ce nouveau système va révolutionner le secteur ferroviaire algérien, qui utilise actuellement pas moins de 35 systèmes. Ainsi, et afin de le généraliser, l’Algérie a, à travers un avis d’appel d’offres international, sélectionné plusieurs entreprises de différentes nationalités ayant de l’expérience dans le domaine, dont l’allemande Siemens, la française Alcatel et d’autres entreprises chinoises. D’après M. Saïdi, «chacune de ces entreprises a pris en charge un tronçon du réseau ferroviaire de la rocade Nord concernée par l’introduction de cette nouvelle technologie», en attendant sa généralisation. A ce sujet, le ministre des Transports, Mohamed Meghlaoui, a annoncé qu’«à partir de 2009 une grande partie du réseau ferroviaire fonctionnera avec cette technologie», précisant par la même occasion que «le taux des travaux relatifs à l’introduction dudit système dans le tronçon reliant Béchar-Sidi Bel Abbès-Oran sur une trajectoire de 800 km est actuellement à 70%».
Il est utile de rappeler que l’ANESRIF est un établissement public à caractère industriel et commercial, sous la tutelle du ministère des Transports. Il constitue un outil de management des chantiers ferroviaires, son rôle est de veiller à la bonne réalisation des projets et de s’assurer de leur livraison dans les délais fixés.