En ce 40ème anniversaire de la Foire Internationale d’Alger, j’aimerais adresser mes plus vives félicitations à la Safex pour le succès de sa brillante manifestation ; elle peut se montrer fière de cette quadragénaire qu’elle a engendrée et qui entre en force….dans la force de l’âge, si j’ose ainsi dire.

Et en cette digne occasion, nous avons pour notre part tenu à vous présenter un Pavillon suisse « new look » ; à côté des firmes traditionnellement présentes et qui nous font l’honneur de leur fidélité, vous pourrez noter l’arrivée de sang frais avec des sociétés opérant des investissements imminents dans le domaine très profilé des centres commerciaux, qui vont faire leur apparition, notamment à Alger. Sang frais également avec des entreprises de Swissrail qui suivent avec bonheur le train d’enfer imprimé par les besoins de l’Algérie dans ce secteur et qui comme il se doit vont, j’en suis bien persuadé, jouer leur rôle de locomotive auprès des autres entreprises suisses n’ayant pas encore tenté leurs chances ici.

Toute cela reflète bien la nouvelle attractivité de l’économie algérienne qui entend s’ouvrir au monde des échanges économiques bien partagés et devant s’opérer au bénéfice de chacun.

Pour cela, la Suisse appuie les efforts de l’Algérie à s’insérer dans le commerce mondial en négociant son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce. A l’instar d’autres organisations internationales, celle-ci peut avoir des défauts ; elle ne constitue pas un remède miracle, mais reconnaissons que l’on n’a jusqu’ici pas trouvé mieux et qu’en fin de compte, pratiquement toute la communauté internationale s’y retrouve déjà ou cherche à y entrer. Certes, les négociations d’adhésion sont souvent très ardues et l’Algérie en fait présentement l’expérience. Je pense qu’elle trouve en la Suisse un Etat membre, heureux de l’y accueillir et veillant à ce que les conditionnalités qui y sont attachées demeurent de l’ordre du supportable et à l’aune de tous les efforts consentis ; personne n’a en fait intérêt à voir entrer dans la maison commune un nouveau locataire mis à genoux, ou placé dans une situation intenable et sans espoir, par ses propres coreligionnaires.

La Suisse estime aussi que les accords de libre-échange viennent s’ajouter utilement en complément d’une adhésion à l’OMC. Certes, ils ne doivent pas venir à se substituer aux règles du système commercial multilatéral, en l’absence desquels la loi du plus fort s’imposerait alors de manière systématique ; mais ils visent à atteindre, entre partenaires choisis, des objectifs par ailleurs trop difficiles à réaliser d’un coup au niveau mondial. C’est dans ce contexte que la Suisse appelle l’Algérie à conclure avec l’Association Européenne de Libre-Echange (soit l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse) un accord de libre-échange. Pour cela, il est important de finaliser les travaux préparatifs déjà entamés et d’ouvrir désormais le chantier des négociations.

Vu l’importance et le potentiel au niveau du commerce et des investissements, la négociation et la conclusion d’un accord de libre-échange - flanqué de divers accords économiques déjà sous toit - représentent très concrètement le meilleur moyen de promouvoir les relations économiques entre les pays concernés. Le futur accord de libre-échange AELE-Algérie permettrait de franchir une étape cruciale en vue de la création d’une grande zone de libre-échange euro-méditerranéenne visant notamment à étendre le cumul paneuropéen des origines à tous les Etats méditerranéens ; l’AELE a dans ce sens déjà conclu des accords avec quasi tous les pays du pourtour sud de la Méditerranée, comme la Turquie, le Maroc, la Tunisie, le Liban, la Palestine, l’Egypte, la Jordanie. Il serait, je pense préjudiciable pour le futur de l’Algérie de s’auto-exclure d’un telle zone. Une nouvelle fois, l’on ne saurait prétendre de manière fallacieuse que tout cela s’acquiert sans efforts, mais je crois pouvoir dire que l’AELE et la Suisse s’engagent à assurer un accord de qualité (et je souligne, de qualité) qui permette en retour à l’Algérie de se préparer à cette insertion, de bénéficier d’opérations régionales de coopération économique au développement, tout particulièrement dans les domaines de la promotion des investissements et du financement des PME, ainsi que dans le transfert de savoir-faire en matière de promotion des exportations ; et même la formation professionnelle, sur laquelle les autorités algériennes placent de grands espoirs, peut trouver une place de choix dans un tel développement.

Rassurez-vous, je ne vais pas maintenant me lancer dans tous les détails techniques de l’opération. Voilà simplement, et succinctement, la teneur de base du message qu’il me tenait à cœur de délivrer ici ; c’est celui de la main tendue et de la certitude bien confortée dans nos esprits qu’ensemble nous allons y arriver et surmonter les obstacles qui peuvent encore se présenter çà et là.

Je vous remercie de votre bienveillante attention et vous donne d’ores et déjà rendez-vous sur le sujet, avant même la 41ème édition de la FIA, pour mesurer les progrès accomplis.