Pour M. Mourad Medelci, l'année 2006 a été une excellente année pour les finances publiques. On le doit à tout ce que le secteur recèle comme potentialités et compétences, des collaborateurs, PDG de banques ou d'établissements financiers qui veillent à la bonne marche du secteur et à la bonne conduite des affaires.

Les résultats obtenus en termes de gestion pour le dernier exercice ont été excellents, bien que ce ne fût pas une année facile, concède le grand argentier du pays.

A propos d'indices macro-économiques, le taux de croissance se décline en deux segments, rappelle M. Mohamed Medelci : le gros segment qui relève des hvdrocarbures et un segment hors hydrocarbures. En disant s'intéresser plus spécialement à ce dernier, le ministre rappelle que le secteur hors hydrocarbures constitue l'avenir, les hydrocarbures eux constituant notre richesse, plus ils sont préservés, mieux cela vaudra pour nous.

Le taux de croissance hors hydrocarbures représente un taux de 4.7%, le taux global étant évalué à 5.2%. Le taux de chômage est à 15.3% et le taux d'inflation est maintenu à hauteur de 3%, alors que l'excédent commercial représente 16.7% et les réserves de change s'élèvent à 72 milliards de dinars. La balance des paiements représente 34 milliards de dinars en 2006 (27 milliards en 2005). Celle des services représente en pourcentage 2,07% pour 2006 (2,27% en 2005).

10 500 milliards de dinars représentent les engagements de programmes en cours de réalisation. Sur ces 10 500 milliards de dinars, 8.6 milliards sont notifiés sous forme de dépenses en termes de crédits. Les ressources nécessaires à la couverture financière du programme d'équipement public et des dépenses induites par le fonctionnement des administrations publiques sont évaluées pour l'exercice fiscal 2007 à 583 75 milliards de dinars : 2084,81 milliards pour l'équipement et 543,94 milliards pour le fonctionnement.

Une meilleure gouvernance fiscale
A propos de gouvernante fiscale, le ministre note que des progrès constants sont accomplis. Le recouvrement ne cesse de s'améliorer, marquant une progression de 12% en 2005-2006.
Les variations en matière d'inflation sont expliquées par les indemnités déjà décidées au profit des fonctionnaires et le relèvement du seuil des pensions de retraite. Pour M. Mourad Medelci, I'Etat dispose d'un certain nombre d'actifs pour faire en sorte que la situation ne soit pas trop dommageable pour l'appareil économique. La Banque d'Algérie à laquelle le grand argentier du pays a tenu à rendre hommage gère bien, dit ce dernier, les liquidités et les surliquidités.

1 992 milliards de dinars de crédits à l'économie pour 2006
Les crédits à I'économie, qui sont un test de la bonne santé financière de I'Etat, ont été évalués à 1 778 milliards de dinars en 2005, contre 1992 en 2006, soit 10% de plus. En matière d'octroi de crédits, le secteur public vient après le secteur privé qui a donc plus de crédits. C'est une évolution qui ne nous surprend pas, relève le ministre qui constate que cette évolution du secteur privé concerne tous les domaines. Tout indique que contrairement à il y a une dizaine d'années, où existait une économie publique, s'affiche aujourd'hui une économie mixte qui s'affaire de plus en plus sur le privé. C'est là le tableau général, conclut le ministre sur ce chapitre.

Continuer à réformer
Abordant le chapitre des réformes, le grand argentier du pays affirme qu'on doit réformer et continuer à réformer notre économie. Certaines étapes, selon le ministre, sont accomplies et bien cernées, d'autres sont en cours et d'autres encore nécessitent I'ouverture de chantiers. Pour l'orateur, 2006 a été une année dense. Les réformes ont un objectif qui est celui de donner plus d'élasticité à l'économie.

700 milliards de dinars en transferts sociaux
L'intégration de la donne sociale est un impératif aux veux du ministre qui, en évoquant les transferts sociaux réalisés, parle de 700 milliards de dinars et constate que ce chiffre est en augmentation d'année en année.
Pour M. Mourad Medelci, les réformes sont un moyen d'atteindre des objectifs et des résultats meilleurs pour pousser la croissance. C'est vrai que des contraintes demeurent qui font que l'opérateur économique a des difficultés pour investir. La bureaucratie est un handicap, c'est vrai, mais nous sommes en train de la casser, relève le ministre. On doit faire en sorte aussi que le marché soit plus concurrentiel, il nous faut donc lutter plus efficacement contre l'informel, faire en sorte que celui-ci rejoigne l'économie légale. Pour cela, il nous faut régler les problèmes des locaux, assouplir la fiscalité, la rendre moins indigeste. II faut faire en sorte que le sysème financier et bancaire réponde à la demande notamment en matière d'emploi des jeunes. II s'agit d'une question qui est prise en charge de façon volontariste par le gouvernement et les banques.

Des banques privées de très grande valeur frappent à la porte de l'Algérie
Abordant précisément le dossier des banques, le ministre note que l'appareil bancaire relève pour 90% du secteur public. L'Etat devrait à I'avenir avoir une part moindre, c'est la raison pour laquelle la possibilité d'intégrer d'autres banques existe. Ce sont des banques de très grande valeur qui frappent aujourd'hui à nos portes. Le dossier des privatisations qui concerne le CPA et la BDL suit son cours. S'agissant du secteur public bancaire, nous sommes déterminés et prudents à la fois. Le secteur bancaire public a porté et porte encore les entre- prises d'hier et d'avant-hier. c'est-à-dire l'histoire des entreprises dans ce pays. C'est cela le poids du passé, ce n'est pas un poids facile à porter, concède M. Mourad Medelci. Nous sommes en train d'améliorer le système, de faire en sorte que l'entreprise publique s'améliore. tout en accordant une attention particulière au poids du secteur public par rapport au secteur privé.

Scandales financiers : la justice a toujours le dernier mot
Le ministre évoque aussi l'année 2006 pour rappeler que le pays a eu à traiter des scandales financiers en allant vers la justice. Le grand argentier du pays a tenu à rendre hommage à l'appareil judiciaire et à souligner que ces scandales financiers devraient nous permettre à l'avenir d'associer la vigilance au professionnalisme. Pour l'orateur, le secteur public bancaire est une caractéristique de notre paysage économique. II est là, relève M. Mourad Medelci qui souhaite le voir améliorer sa situation. La monétique doit s'améliorer, un effort à faire au niveau des banques et des réseaux commerciaux. Le tout doit allier rapidité et sécurité, relève le ministre. L'année 2007 devrait enregistrer des avancées considérables en la matière. A propos du foncier, considéré comme une préoccupation. souligne le ministre, on a fait évoluer les choses, dit-il. Une loi est venue clarifier le foncier économique pour dire qui fait quoi, qui affecte et qui fixe les prix. Tous les textes d'application concernant cette loi seront signés la semaine prochaine, d'après le ministre des Finances. On entrera alors dans une phase opérationnelle. L'Etat sera de moins en moins I'offreur. On assistera à une véritable animation, la constitution d'un cadastre plus fiable. C'est une loi qui va nous permettre de régler la question du foncier.

Les banques ont leur bureaucratie
Pour M. Mourad Medelci, plus le taux de bancarisation de l'économie est élevé, plus la fiscalité sera consolidée. Nous cherchons, affirme I'orateur, à évoluer vers plus d'efficacité. Le ministre reconnaît que les banques ont leur bureaucratie et que cette situation ne caractérise donc pas seulement l'administration publique. Ce n'est pas le simple fait de I'administration, note M. Mourad Medelci. L'exemple a déià été cité de la banqué qui est ;hargée par le gouvernement de soutenir l'emploi des jeunes à travers la création de micro-entreprises et des difficultés auxquelles ces jeunes ont été long- temps confrontés pour l'octroi de crédits. Le ministre a souligne que le qouvernement cherchait à améliorer le système. M. Mourad Medelci a révélé qu'il a chargé un ancien haut cadre du secteur, M. Hakiki, expert financier bien connu, d'un rapport sur la question. Après un tour de table, M. Hakiki a déposé des conclusions qui peuvent, selon le ministre, apporter des solutions pour débureaucratiser l'octroi des crédits. II faut arriver à améliorer l'aptitude du banquier à travailler avec sa clientèle.

Sans réserves de change, l'appareil économique est bloqué
Sur une question à propos des réserves de change, le ministre rappelle une réalité qui veut que si I'on n'a pas de réserves de change, c'est l'appareil économique qui est bloqué notamment en économie libérale. aioute-t-il. S'il y a des réserves de change, les entreprises peuvent importer. Ainsi, pour les trois dernières années. on est arrivé à 20 milliards de dollars d'importations. A propos des excédents, le ministre relève en matière de gestion, s'agissant des réserves de change, qu'il faut allier l'efficacité à la prudence qui rend le risque nul. La Banque d'Algérie place les avoirs en tenant compte de ces deux règles que sont l'efficacité et la prudence. la justice a eu Sur une question posée par le président de la Fondation Emir Abdelkader, M. Boutaleb, concernant le financement d'un film sur I'Emir, le ministre a souligné que le gouvernement a pris la décision de lancer ce film et d'octroyer des crédits au ministère de la Culture pour l'étude qui est bouclée. La phase de réalisation doit suivre. A propos d'une question sur la privatisation partielle du CPA, celle-ci est en bonne voie. Les choses vont se conclure dans les prochains mois.

Une année à marquer d'une pierre blanche
A propos de corruption, le ministre souligne que l'année 2006 mérite d'être marquée d'une pierre blanche en matière de lutte contre la corruption. M. Mourad Medelci rappelle à ce propos l'existence d'une loi qui met in place les instruments de lutte contre ce phénomène adoptée l'année dernière. Pour M. Mourad Medelci, le pays a ses problèmes, la corruption peut paraître un phénomène normal si I'on tient compte de tout ce que le pays a connu comme dérapages et dérives par le passé. Cela étant, personne n'est à l'abri. La justice se mobilise et l'ambiance tend de plus en plus à la transparence. En matière de lutte contre la corruption, l'orateur rappelle que la presse a un grand rôle à jouer. Il donne lecture d'un certain nombre de rencontres qui sont initiées à I'ISGP au profit des journalistes pour les familiariser avec les questions économiques et leur permettre de comprendre les problèmes auxquels est exposée I'économie du pays.

A propos d'une question sur les contrats de services, le ministre rappelle que la gestion de ces contrats est réglementée par la Banque d'Algérie et que c'est à ce niveau que les discussions se font. En attendant qu'il y ait un dispositif cohérent, on doit faire en sorte que ceux qui cherchent à faire appel à des services qu'ils ne trouvent pas sur place puissent les importer. Le problème, c'est que les services sont moins visibles au niveau du contrôle douanier que le reste des marchandises.

Affaire Khalifa : la justice a eu le dernier mo
S'agissant de l'affaire Khalifa. le ministre relève qu'il n'a pas de commentaires à porter sur cette affaire, rappelant qu'il a été convoqué à titre de témoin par la justice. M. Mourad Medelci dira néanmoins toute son amertume sur le traitement de l'information par certains médias concernant son témoignage et les propos qu'il a tenus devant la présidente du tribunal. Ce qui a été rapporté par certains titres de presse ne correspond pas du tout à la réalité et aux propos que j'ai réellement tenus, dit-il. Le ministre observe que ce dossier dépasse les compétences du ministère dont il a la charge. Il constate que la justice a eu néanmoins le dernier mot.

Des banquiers honnêtes, ça existe
Sur une question concernant la gouvernance. le ministre a rappelé que dans un passé récent, la situation a été exceptionnelle. Beaucoup de cadres de banques ont été privés de liberté ou convoqués par la justice. II y a, affirme M. Mourad Medelci, un éveil prudentiel qui touche tout le monde. Cela étant, il y a dans le monde de la banque des gens honnêtes qu'il faut rassurer. Ce qui est important, c'est de parvenir à une transparence dans la gestion.

Un dialogue responsable
Le ministre plaide, par ailleurs, pour un dialogue responsable suite à une question du président de la CIPA, M. Abdelaziz Mehenni. II estime que le Pacte économique et social signé par l'Etat avec les partenaires sociaux est un acte fondateur. Pour le ministre. le succès dans les années à venir repose plus sur l'initiative privée algérienne que sur l'initiative publique. Nous allons inévitablement dans ce sens là. L'entreprise algérienne devra s'améliorer ou disparaître. Du reste, rappelle le ministre, la disparition d'entreprises entre dans la logique des choses, celle du marché. D'ailleurs, souligne l'orateur, quand dans un pays il n'y a pas d'entreprises qui meurent, c'est qu'il existe un problème.

T.M.A.